Revue de réflexion politique et religieuse.

Plai­doyer pour le sacré

Article publié le 4 Avr 2009 | imprimer imprimer  | Version PDF | Partager :  Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager sur Google+

Mars 1967 : le bou­le­ver­se­ment du culte com­mence en France. Pierre Antoine, s.j., fait paraître dans Etudes un article en forme de mani­feste : « L’église est-elle un lieu sacré ? ». Tout sauf cela, bien enten­du ! Car « sacra­li­ser des déter­mi­na­tions, néces­sai­re­ment contin­gentes, à la façon d’un abso­lu intou­chable, s’en faire l’esclave au lieu de s’y com­por­ter en homme libre, mettre l’homme au ser­vice du rite et du droit », c’est « retour­ner sous la loi » (p. 447). De nos jours, on ne peut plus pen­ser les églises comme des lieux sacrés. « C’est la tota­li­té de la vie humaine et chré­tienne (et donc la ren­contre humaine, le tra­vail, l’action, l’échange et le dia­logue spi­ri­tuel) qui est assu­mée et trans­for­mée dans le corps du Christ. L’ailleurs de Dieu est ici-même : la trans­cen­dance divine nous atteint au cœur de notre vie, comme une dimen­sion de notre propre exis­tence » (p. 442). D’où l’intérêt des assem­blées chré­tiennes qui se tiennent « à la façon d’un mee­ting » sur un stade, dans un palais des congrès, ou encore dans le bara­que­ment pro­vi­soire d’un chan­tier.
Il s’agit d’une option déli­bé­rée : les gestes, les objets, les paroles, doivent être tirés vers le bas, le com­mun, le banal. « Tout ce qui, dans la litur­gie, veut créer une atmo­sphère de mys­tère tombe à faux et n’a plus de valeur pour sym­bo­li­ser la pré­sence de Dieu. Il paraît arti­fi­ciel de célé­brer la litur­gie dans un édi­fice “sacré”, avec des objets et des vête­ments “sacrés”, de se plier à tout un rituel dépour­vu de sens. Le carac­tère “sacré” de ceux qu’on appe­lait les “ministres du culte” pose lui aus­si un pro­blème. Les vrais sym­boles de la pré­sence de Dieu, de son action, de la ren­contre avec lui, ne peuvent être tirés que de la vie quo­ti­dienne, dite pro­fane : c’est l’homme qui est la meilleure image et le meilleur sacre­ment de Dieu, non pas l’homme affu­blé de vête­ments étranges, mais l’homme dans sa pau­vre­té et sa fai­blesse, ou dans son effort pour venir en aide à celui qui souffre » ((  P. Phi­lippe Rouillard, o.s.b., article « Litur­gie », dic­tion­naire Catho­li­cisme, Letou­zey, 1974, t. 7, 892. )) . Les élé­ments qu’utilise la litur­gie doivent être, écri­vait le P. Antoine, « désa­cra­li­sés, res­ti­tués à leur simple véri­té humaine qui seule importe ici ». Aller du sacré au tech­nique, pour s’extraire de la « men­ta­li­té médié­vale » qui nous « coupe du monde ». En effet « la tech­nique moderne, la tech­nique pro­gres­sive, repose sur la désa­cra­li­sa­tion beau­coup plus qu’elle ne la pro­voque » (loc. cit., p. 436). A l’ouverture au monde doit donc cor­res­pondre une litur­gie apte à se « déga­ger réso­lu­ment de la figure ancienne pour mettre au jour la figure de l’Eglise propre à notre temps ».
Car l’ouverture au monde est un choix cultu­rel. Han­nah Arendt note dans La crise de la culture qu’une socié­té de masse telle que la nôtre ne pour­ra jamais accé­der comme telle à la culture : « Les cathé­drales furent bâties ad majo­rem glo­riam Dei ; si, comme construc­tions, elles ser­vaient cer­tai­ne­ment les besoins de la com­mu­nau­té, leur beau­té éla­bo­rée ne pour­ra jamais être expli­quée par ces besoins ». La socié­té de masse est essen­tiel­le­ment socié­té de consom­ma­tion. Ce qu’elle nomme « culture » est en fait objet de consom­ma­tion, loi­sir de masse. « Croire qu’une telle socié­té devien­dra plus “culti­vée” avec le temps et le tra­vail de l’éducation est, je crois, une erreur fatale. Le point est qu’une socié­té de consom­ma­teurs n’est aucu­ne­ment capable de savoir prendre en sou­ci un monde et des choses qui appar­tiennent exclu­si­ve­ment à l’espace de l’apparition au monde, parce que son atti­tude cen­trale par rap­port à tout objet, l’attitude de la consom­ma­tion, implique la ruine de tout ce à quoi elle touche » ((  Gal­li­mard, col­lec­tion Folio/Essais, 1989, pp. 267, 270.)) .
Reje­ter le « sacré sépa­ré de la vie ordi­naire » pour se libé­rer des « œuvres de la loi », comme le vou­lait le P. Antoine, était en réa­li­té confondre (sciem­ment ?) les œuvres mortes du léga­lisme pha­ri­saïque et celles qui expriment concrè­te­ment la vie théo­lo­gale. Les œuvres prises en ce der­nier sens, spé­cia­le­ment les prin­ci­pales d’entre elles, les actions sacra­men­telles, selon les expli­ca­tions célèbres de saint Tho­mas ((  S.T., III, q. 61, a. 1.)) , sont les voies néces­saires au salut de l’homme, à cause des limites propres de la condi­tion humaine. L’homme est corps et esprit : il va au spi­ri­tuel par le sen­sible et il s’est sou­mis plus encore au sen­sible en rai­son du péché. Par « le recours au cor­po­rel dont il recon­naît ain­si la domi­na­tion », l’homme « s’humilie » salu­tai­re­ment.
Humi­lia­tion qui, certes, tient à sa condi­tion natu­relle et péche­resse, mais qui est tout le contraire d’une alié­na­tion, puisqu’elle lui per­met d’accéder à la libé­ra­tion du salut. Le bap­tême dans la mort du Christ pour res­sus­ci­ter avec lui passe par la sou­mis­sion dans la foi aux signes cor­po­rels que sont les sacre­ments, et plus lar­ge­ment à toutes les pra­tiques signi­fiantes de la vie reli­gieuse. Au som­met de l’édifice se trouve l’accès à la pas­sion du Christ, et grâce à elle à la résur­rec­tion, par le signe de l’eucharistie. Il n’y a de sacré en plé­ni­tude qu’en Jésus-Christ, dans son huma­ni­té unie au Verbe de Dieu. L’Agneau pas­cal n’était que signe annon­cia­teur de la Pas­sion. Ce qui veut dire, non pas que le culte nou­veau soit la fin du sacré, mais au contraire qu’il est la plus haute, la défi­ni­tive expres­sion de la sacra­li­sa­tion. C’est d’ailleurs dans le signe eucha­ris­tique que l’on com­prend le mieux la dyna­mique du sacré : le tout autre — l’action divine — est pro­duit par ce que le signe rend pré­sent — le corps et le sang du Christ. Le signe — pain et vin, paroles de l’Institution — est trans­fi­gu­rant pour l’âme de celui qui par­ti­cipe à l’eucharistie, parce qu’il est lui-même trans­fi­gu­ré par la conver­sio en corps et sang du Rédemp­teur. Le signe qui rend pré­sent l’action divine s’évide de sa sub­stance de pain, de sa sub­stance de vin, s’évide en quelque sorte de sa pré­sence propre, pour faire réel­le­ment place à la pré­sence de celui dont la divi­ni­té a par­ta­gé notre huma­ni­té. Pré­sence-absence du signe, qui reste signe par les appa­rences du pain et du vin mais qui n’est plus pain et vin, sur laquelle tout le déploie­ment du culte divin greffe, d’une part, l’admirabile com­mer­cium de la prière et de la grâce, et d’autre part, la foi ensei­gnée par la parole de Dieu et la foi confes­sée.
Encore faut-il que le trai­te­ment du culte divin, l’art litur­gique, soit, si l’on peut dire, d’ordre ascen­dant. Sans doute l’envolée de la cathé­drale de Beau­vais n’est-elle pas néces­saire pour per­ce­voir que l’Eglise de la terre est déjà la Cité céleste, ni le Mise­rere d’Allegri pour expri­mer la grâce de la contri­tion, mais il reste qu’il est dans la nature même de la connais­sance et du lan­gage humains de s’élever à l’inconnaissable et à l’ineffable par le lan­gage poé­tique, au sens le plus large de ce terme.
Faut-il donc s’en tenir au juge­ment extrê­me­ment pes­si­miste d’Hannah Arendt rap­por­té plus haut ? Cer­tai­ne­ment pas. « Nous savons bien que chaque triomphe recèle des germes de ruine et chaque ruine appa­rente, des germes de renais­sance », disait l’historien Gabriel Le Bras à pro­pos des dents de scie du par­cours de l’Eglise. Encore faut-il être lucide, et ne pas bap­ti­ser « triomphe » ce qui mani­fes­te­ment ne l’est pas.
La litur­gie est sub­stan­tiel­le­ment mémo­rial. Et donc his­toire. Les germes de renais­sance ont aujourd’hui plus de chances d’éclore du fait que la démarche his­to­rique s’est déliée — par le pro­grès de ses inves­ti­ga­tions et par l’effondrement des pré­sup­po­sés sys­té­ma­tiques —, et qu’elle rela­ti­vise le rela­ti­visme his­to­ri­ciste qui a répan­du tant d’acide sur les dépôts suc­ces­sifs des époques litur­giques. De sorte que les fai­blesses de l’actuelle décul­tu­ra­tion, ten­ta­tive plus que naïve de recons­ti­tu­tion, appa­raî­tront sous une lumière tou­jours plus crue. Etant bien enten­du que la réso­lu­tion de la crise de la litur­gie sup­pose d’autres condi­tions beau­coup plus fon­da­men­tales que celles d’une plus grande acui­té et d’une plus grande liber­té du regard his­to­rique : des condi­tions ecclé­sio­lo­giques ((  Pour faire com­prendre notre hypo­thèse pros­pec­tive, nous ren­voyons à la res­tau­ra­tion de la litur­gie romaine au XIXe siècle (sous l’influence de Dom Gué­ran­ger, de Dom Benoît Sau­ter, de F.-X. Witte et du Cae­ci­lien­ve­rein, etc.) : uni­fi­ca­tion des mis­sels et rituels en les expur­geant des litur­gies dites « néo-gal­li­canes » qu’avaient adop­tées les dio­cèses fran­çais du deuxième quart du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle, res­tau­ra­tion du plain-chant, puri­fi­ca­tion de la poly­pho­nie. Cette res­tau­ra­tion cor­res­pon­dait d’abord et avant tout, du point de vue ecclé­sio­lo­gique, aux condi­tions favo­rables d’un res­ser­re­ment de l’Eglise autour de la roma­ni­té (comme d’une autre manière, les pro­grès de la morale alphon­sienne, de l’infaillibilité pon­ti­fi­cale), mais elle était en outre sou­te­nue par un renou­veau d’intérêt pour l’histoire de la litur­gie.)) .
L’histoire des men­ta­li­tés reli­gieuses ne pour­rait-elle pas jouer le rôle de fil conduc­teur ? Alphonse Dupront, déjà cité, his­to­rien du « vécu reli­gieux » que l’on rat­tache à la nébu­leuse de L’école des Annales, avait consa­cré une ana­lyse fort inté­res­sante au lan­gage de la litur­gie romaine dans son livre de réfé­rence, Du Sacré ((  Du Sacré — Croi­sades et pèle­ri­nages — Images et lan­gages (Gal­li­mard, 1987) : publi­ca­tion d’études rédi­gées entre 1958 et 1986.))  (lan­gage par­lé, lan­gage musi­cal, ges­tuaire) — d’autant plus aiguë qu’elle était com­po­sée par un obser­va­teur atten­tif de la réforme litur­gique.
Du lan­gage litur­gique de la roma­ni­té, il rele­vait l’unité se déga­geant comme élé­ment essen­tiel au sein des acci­dents de l’histoire. « Entre Ve et VIIe siècles, où se consti­tuent à Rome, dans la pra­tique sta­tio­nale, le pre­mier noyau des textes litur­giques fon­da­men­taux encore en usage aujourd’hui, et XVIe-XVIIe siècles où, dans la triom­phante mise en place de la catho­li­ci­té romaine, la papau­té lui impose l’unification litur­gique avec Mis­sel, Bré­viaire, Mar­ty­ro­loge et Rituel romains, l’entier monde catho­lique par­le­ra, dans l’acte litur­gique, d’une même voix, celle d’une litur­gie de chré­tien­té len­te­ment éla­bo­rée à Rome et célé­brée dans la langue même de la tra­di­tion et de l’ordre romains, le latin » (pp. 490–491). L’épaisseur his­to­rique de la consti­tu­tion de la forme litur­gique donne à celle-ci « toutes les appa­rences de l’extratemporalité ». L’unicité de forme et de langue cor­res­pond à un pro­fond besoin de signes externes de com­mu­nion.
La conci­sion dépouillée de la lati­ni­té, « pareille sobrié­té, ce lan­gage direct, imposent un style d’éminente digni­té dans le lien cultuel avec le divin ». Lan­gage mais aus­si silence sacré, qui est « chair » de l’acte litur­gique : « Pré­face et Canon pou­vaient être consi­dé­rés [dans les anciens Sacra­men­taires] comme le saint des saints où péné­trait le célé­brant, tel le grand prêtre de l’Ancienne Alliance (Hébreux, IX, 7). Le Canon fut même jadis, dans les pays du Nord en par­ti­cu­lier, appe­lé “sanc­tuaire”. Don­nées que rap­portent les litur­gistes : elles éclairent remar­qua­ble­ment le sens sacral de la dra­ma­tique en cours. Ce que l’Orient, plus empreint du sens du mys­tère, accom­plis­sait dans le sacra­rium que clô­ture l’iconostase, l’Occident, moins exi­geant du secret du saint des saints, l’enfermait, lui dans le seul silence » (p. 510).
Chant et souffle : « Par le tru­che­ment d’une langue unique — il n’y a pas de gré­go­rien ver­na­cu­laire — une atti­tude anthro­po­lo­gique essen­tielle de la roma­ni­té occi­den­tale se découvre, celle de l’accès à la trans­cen­dance et au divin par la musi­ca­li­té dis­ci­pli­née de la voix orante et la puis­sance du souffle humain, dans le plus total dépouille­ment de toute ten­ta­tion per­son­nelle de vir­tuo­si­té » (p. 500). Ou bien har­mo­nie « vis­cé­ra­le­ment subli­mante » de la construc­tion poly­pho­nique.
Ges­tuaire natu­relle, d’une har­mo­nie sobre et pro­fonde, comme immé­mo­ria­le­ment pré­dé­ter­mi­née, dans laquelle le célé­brant est modèle ensei­gnant par « le voca­bu­laire ges­tuel du sacral » : « le ploie­ment du corps en age­nouille­ments lents et génu­flexions pro­fondes », « le geste des mains jointes, doigts allon­gés, véri­table offrande d’allégeance à plus haut sei­gneur d’un féal tout entier consa­cré », « tous ces gestes sin­gu­liers, savam­ment dis­tri­bués dans l’action litur­gique, font de celle-ci un acte non com­mun, créa­teur de par son étran­ge­té même d’une attente » (pp. 509–510).
Il y a en tout cela « impré­gna­tion sen­sible, voire créa­tion plus ou moins consciente, d’une atmo­sphère “autre” ». Ou plu­tôt, il y avait. Car sont venues des réformes pro­dui­sant « vul­ga­ri­sa­tion du lan­gage » et « bana­li­sa­tion des rites » ((  Ain­si ces col­lectes en fran­çais pour les funé­railles qui empruntent le ton de la conver­sa­tion : « Nous étions dis­per­sés par notre tra­vail et nos occu­pa­tions ; nous les avons lais­sés pour nous unir à la peine des autres » (Mis­sel d’autel Des­clée-Mame, p. 1028) ; « Nous avons du mal à com­prendre, Sei­gneur, que l’on puisse mou­rir si jeune, et qu’une vie soit bri­sée alors qu’elle com­men­çait à s’épanouir » (pour un jeune homme ou une jeune fille, ibid., p. 1056) ; « Il a fal­lu la mort pour que N., notre ami, ne souffre plus » (pour quelqu’un qui est mort après une longue mala­die, ibid., p. 1058).)) , notam­ment à cause de l’abandon d’une langue « ancien­ne­ment ver­na­cu­laire dans le monde romain mais deve­nue, de par l’unité romaine, langue de chré­tien­té, et assu­mant ain­si carac­tère ou réa­li­té de langue sacrée ». D’où la ques­tion : « Jusqu’où cette irrup­tion qua­si totale du vul­gaire est-elle désa­cra­li­sa­tion, et quelles voies de nou­velle sacra­li­sa­tion ? Il demeure en effet impen­sable, voire irréel, que cette trans­for­ma­tion n’ait créé rup­ture, et pour le peuple de Dieu, sinon une vision neuve des choses, du moins un plain-pied qua­si sans inter­mé­diaire avec l’ordre du monde divin. Jusqu’où dès lors com­prendre est-il deve­nu connaître ? » (pp. 495–496). Muta­tions des formes du sacré qui posent des pro­blèmes de fond : « Dans le déve­lop­pe­ment d’une célé­bra­tion eucha­ris­tique qui tend de plus en plus à prendre figure fami­lière d’un repas en com­mun ((  Par exemple dans les prières eucha­ris­tiques en fran­çais pour assem­blées d’enfants : « Un soir, en effet, juste avant sa mort, Jésus man­geait avec ses Apôtres. Il a pris du pain sur la table, etc. » (Prière eucha­ris­tique I) ; « Il était à table avec ses dis­ciples ; il prit un mor­ceau de pain, il dit une prière pour te bénir et te rendre grâce ; il par­ta­gea le pain, etc. » (Prière eucha­ris­tique II) ; « Père, nous te disons mer­ci, nous te ren­dons grâce : C’est toi qui nous as créés ; et tu nous appelles à vivre pour toi, à nous aimer les uns les autres. Nous pou­vons nous ren­con­trer, par­ler ensemble. Grâce à toi, nous pou­vons par­ta­ger nos dif­fi­cul­tés et nos joies » (Prière eucha­ris­tique III). )) , l’introduction tant au début qu’à la fin, de paroles de simple urba­ni­té de la part du célé­brant à l’assemblée des fidèles, altère l’unicité du lan­gage litur­gique, créant un dis­pa­rate plus ou moins sen­sible dans l’ensemble de l’acte même, ou du moins, dans les meilleures inten­tions de mettre plus de liant humain dans la vie com­mune de la célé­bra­tion, elle accuse davan­tage, par ce lan­gage du quo­ti­dien, l’atmosphère sécu­la­ri­sante de la céré­mo­nie, en un cer­tain sens la désa­cra­lise, dans la recherche pos­sible d’une sacra­li­sa­tion neuve, non plus d’Eglise mais de groupe » (pp. 505–506).
La « sacra­li­té » (cha­leu­reuse dans le meilleur des cas) des groupes et assem­blées pour ten­ter de com­bler une béance : pro­fond juge­ment de l’historien livré à la réflexion du théo­lo­gien.

(cet article a été publié dans la revue n. 21)

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