Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

François Jourdan : Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans

Article publié le 14 Fév 2013 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos du livre de François Jourdan, Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, Flammarion, coll. Champs-essais, novembre 2012, 235 p., 8 €.

Nouvelle édition au format de poche, après une première en 2008. D’emblée, il convient de faire des réserves sur la doctrine pour le moins approximative exposée dans certaines pages : renvoi dos à dos du jihâd et de la guerre juste (« […] toutes les religions doivent faire un gros effort et les Eglises chrétiennes plus que les autres, elles qui ont souvent vécu avec l’Evangile dans une main et leur théorie non évangélique de la guerre juste, dans l’autre » – p. 75) ; la laïcité, « développement de la cohérence chrétienne même si ce développement fut long et difficile » (p. 83) ; les personnes sont toujours « infiniment respectables » (p. 171) ; etc. Malgré ces regrettables lieux communs, l’ouvrage offre dans sa première partie (pp. 29-90) des réponses claires et précises à une série d’autres lieux communs, d’ailleurs puisés pour une part dans le même milieu d’origine catholique, ressassés au nom de l’ouverture, de la tolérance et du dialogue. Ainsi le P. Jourdan réduit-il à néant maintes affirmations, comme celle qui voudrait que chrétiens et musulmans aient le même Dieu, ou qu’il existe un lien étroit entre les trois prétendues « religions du livre », qu’il faille à l’inverse se garder de parler d’un seul islam, alors qu’il y en aurait plusieurs de fort différents, et ainsi de suite. L’auteur répond également aux formules de propagande des agents islamistes (Tarik Ramadan) et leurs amis faussaires (Bruno Etienne). Il est vrai que les choses se compliquent lorsqu’il s’agit d’opposer à l’islam la « liberté critique moderne », puisque dans les cas extrêmes le choix est entre Charybde et Scylla. La remarque la plus positive de ce petit aide-mémoire est située dans l’introduction, quand l’auteur récuse les attitudes émotionnelles et irrationnelles et demande de s’en tenir à l’examen des doctrines, ce qui va tout à l’inverse des pratiques introduites de longue date par les « dialogueux » et des politiques qui leur ont emboîté le pas.

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