Revue de réflexion politique et religieuse.

La démo­cra­tie tou­jours recom­men­cée, ou le vrai rocher de Sisyphe

Article publié le 5 Fév 2011 | imprimer imprimer  | Version PDF | Partager :  Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager sur Google+

Gouver­ner dans une démo­cra­tie en Occi­dent semble aujourd’hui de plus en plus une chose bien sin­gu­lière. D’un côté une par­tie ou une autre de la popu­la­tion des­cend à tout ins­tant dans la rue pour mani­fes­ter sa désap­pro­ba­tion à l’égard des chefs qu’en prin­cipe elle s’est elle-même don­nés, tan­dis que ces der­niers, s’abreuvant de son­dages et de ren­sei­gne­ments géné­raux, se montrent de plus en plus enclins à suivre les troupes dont ils sont sup­po­sés être les chefs. De l’autre, la même popu­la­tion s’agenouille, au moins pour un temps, devant des hommes poli­tiques deve­nus sou­dain des mes­sies, alors que, cer­tains de ne pas l’être pour long­temps, ces der­niers jouent les satrapes et songent de moins en moins à cacher qu’ils entendent d’abord pro­fi­ter de leur élec­tion pour être réélus ou pour accroître leur for­tune.
La démo­cra­tie semble bien malade, cepen­dant il est clair qu’aux yeux du plus grand nombre, il est impen­sable de juger la mala­die incu­rable et cri­mi­nel de la juger congé­ni­tale : les citoyens paraissent aus­si mécon­tents du sys­tème qu’acharnés à le défendre. Peut-on expli­quer la contra­dic­tion ?
Son ori­gine est je crois dans le prin­cipe même du régime démo­cra­tique, qui est celui de la sou­ve­rai­ne­té du peuple. […]

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