Revue de réflexion politique et religieuse.

Dimi­tri Casa­li : L’altermanuel d’histoire de France. Ce que nos enfants n’apprennent plus au col­lège

Article publié le 28 Oct 2011 | imprimer imprimer  | Version PDF | Partager :  Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager sur Google+

Les pro­grammes de l’enseignement public et pri­vé sous contrat se suivent en France à un rythme qui tend pro­gres­si­ve­ment à copier celui des agen­das « sep­tembre à sep­tembre ». Néan­moins la ligne est conti­nue, dans le sens d’une réduc­tion pro­gres­sive des connais­sances ordon­nées et acces­soi­re­ment d’une éli­mi­na­tion de tout ce qui pour­rait heur­ter le mul­ti­cul­tu­ra­lisme impo­sé. La ren­trée 2011–2012 connaît ain­si une nou­velle atteinte à l’enseignement de l’histoire – un domaine tou­jours sen­sible, lon­gue­ment domi­né par l’école répu­bli­caine. L’ouvrage de D. Casa­li se pré­sente exté­rieu­re­ment comme un manuel bien illus­tré. Mais il semble plus s’adresser aux parents qu’aux élèves, chaque cha­pitre, qui cor­res­pond à une tranche de connais­sances éli­mi­née ou en per­di­tion, fai­sant l’objet d’une pré­sen­ta­tion située, est sui­vi ou entre­cou­pé de com­men­taires (rubrique « Ce que les col­lé­giens n’apprennent plus ») qui expliquent l’importance des évé­ne­ments ou des per­son­nages reje­tés dans l’inexistence sco­laire. Ain­si de Charles Mar­tel au débar­que­ment en Nor­man­die (que dire alors de celui de Pro­vence !). Quelques réserves peuvent être faites : le per­son­nage de Cathe­rine de Médi­cis, désor­mais exclue des pro­grammes, « per­met […] aux élèves de com­prendre l’importance de l’immigration, notam­ment à la Cour. Les princes et les rois de France se marient avec des étran­gères pour ren­for­cer des alliances diplo­ma­tiques ou cher­cher des appuis finan­ciers »… (Disons qu’il s’agissait d’une « immi­gra­tion choi­sie », pour reprendre cer­tain jar­gon !). Le rôle pro­vi­den­tiel de sainte Jeanne d’Arc est réduit à un effet moral sur le peuple. La socié­té de consom­ma­tion et ses muta­tions cultu­relles sont trai­tées avec une cer­taine ambi­guï­té (Années folles, Trente glo­rieuses). Mais au total, cette ini­tia­tive a une signi­fi­ca­tion exem­plaire : ce livre, publié par une impor­tante mai­son com­mer­ciale, témoigne de la demande sociale atten­due en faveur d’un véri­table ensei­gne­ment des racines his­to­riques.

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