Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Dimitri Casali : L’altermanuel d’histoire de France. Ce que nos enfants n’apprennent plus au collège

Article publié le 28 Oct 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos de Dimitri Casali, L’altermanuel d’histoire de France. Ce que nos enfants n’apprennent plus au collège, Perrin, août 2011, 23 €.

Les programmes de l’enseignement public et privé sous contrat se suivent en France à un rythme qui tend progressivement à copier celui des agendas « septembre à septembre ». Néanmoins la ligne est continue, dans le sens d’une réduction progressive des connaissances ordonnées et accessoirement d’une élimination de tout ce qui pourrait heurter le multiculturalisme imposé. La rentrée 2011-2012 connaît ainsi une nouvelle atteinte à l’enseignement de l’histoire – un domaine toujours sensible, longuement dominé par l’école républicaine. L’ouvrage de D. Casali se présente extérieurement comme un manuel bien illustré. Mais il semble plus s’adresser aux parents qu’aux élèves, chaque chapitre, qui correspond à une tranche de connaissances éliminée ou en perdition, faisant l’objet d’une présentation située, est suivi ou entrecoupé de commentaires (rubrique « Ce que les collégiens n’apprennent plus ») qui expliquent l’importance des événements ou des personnages rejetés dans l’inexistence scolaire. Ainsi de Charles Martel au débarquement en Normandie (que dire alors de celui de Provence !). Quelques réserves peuvent être faites : le personnage de Catherine de Médicis, désormais exclue des programmes, « permet […] aux élèves de comprendre l’importance de l’immigration, notamment à la Cour. Les princes et les rois de France se marient avec des étrangères pour renforcer des alliances diplomatiques ou chercher des appuis financiers »… (Disons qu’il s’agissait d’une « immigration choisie », pour reprendre certain jargon !). Le rôle providentiel de sainte Jeanne d’Arc est réduit à un effet moral sur le peuple. La société de consommation et ses mutations culturelles sont traitées avec une certaine ambiguïté (Années folles, Trente glorieuses). Mais au total, cette initiative a une signification exemplaire : ce livre, publié par une importante maison commerciale, témoigne de la demande sociale attendue en faveur d’un véritable enseignement des racines historiques.

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