Revue de réflexion politique et religieuse.

Savorgnan de Brazza, ou la nuit coloniale démentie

Article publié le 28 Sep 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

Parmi ses maîtres romains se trouvait le jésuite Angelo Secchi, astronome réputé, entre les mains duquel se trouva un moment son destin. C’est en effet le père Secchi qui le mit en contact avec l’amiral français Louis de Montaignac, grâce à l’aide et au conseil duquel il se rendit à Paris et réussit, en 1868, à entrer à l’Académie navale de Brest en tant qu’élève étranger, destiné, par conséquent, à la marine des Etats pontificaux.

P ierre Savorgnan de Brazza a été le protagoniste de l’une des plus importantes aventures d’exploration en Afrique au XIXe siècle. En 2005, à Udine, un colloque lui a été consacré, à l’occasion duquel des chercheurs italiens et français examinèrent son histoire, en utilisant des sources archivistiques encore inédites. Un an plus tard, une exposition s’est tenue à Rome. Accompagnée d’un catalogue, elle a été l’occasion de faire connaître à un plus vaste public son visage et sa personnalité. Pietro appartient à la branche Brazzà d’une des plus grandes et des plus anciennes familles du Frioul : les Savorgnan, une lignée de soldats qui participèrent aux disputes intestines mais aussi, et avec courage, aux guerres de la Sérénissime République de Venise.

Il naquit toutefois à Rome en 1852 parce son père, le comte Ascanio, avait épousé Giacinta Simonetti Maccarani, issue d’une noble famille romaine. Ceci explique le fait que se trouve au coeur de Rome, près de la source de Trevi, une place Brazzà. A Rome, Pietro Savorgnan étudia chez les Jésuites du Collège romain. Plus tard, à Paris, préparant le concours de l’Académie de marine, il fréquentera le Collège de Sainte Geneviève, également tenu par les Jésuites. Il en reçut une robuste formation religieuse et spirituelle, dont nous trouvons des traces dans les lettres qu’il écrivait à sa mère. […]

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