Revue de réflexion politique et religieuse.

La face cachée du nationalisme catalan

Article publié le 28 Sep 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

La psychologie spirituelle de l’actuel peuple catalan ne peut s’expliquer que par la subtile transformation d’une partie de son clergé. En effet, les premiers succès de la Lliga sont dus entre autres circonstances à l’appui d’un secteur du clergé devenu progressivement catalaniste. Analyser les raisons pour lesquelles cette partie du clergé de Catalogne a abandonné le carlisme pour faire ce pas est fondamental.

Le nationalisme catalan, et particulièrement ses origines, est un mouvement politique complexe à analyser. Le catalanisme est à l’origine un mouvement littéraire et culturel du XIXe siècle, sans finalité politique et en parfaite harmonie avec le reste de l’Espagne. Ceux qui l’ont fait naître étaient des conservateurs catholiques et ont toujours repoussé les tentatives effectuées par la gauche pour le manipuler politiquement. A la fin du XIXe siècle, ce sont de jeunes conservateurs venant des milieux monarchiques et catholiques qui l’ont transformé en un mouvement politique. La bourgeoisie catalane, désireuse de préserver ses intérêts économiques, a vu dans ce programme nouveau un moyen favorable pour négocier avec les gouvernements de Madrid. Et ce mouvement, qui jusque-là avait puisé sa force dans les milieux religieux conservateurs, a délaissé peu à peu les principes catholiques au profit des principes libéraux et démocratiques. La bourgeoisie catalane a été particulièrement représentative de ce paradoxe : profondément conservatrice, elle se voulait en même temps révolutionnaire et modernisatrice. Cette caractéristique psychologique a perduré même sous le franquisme. On peut dire que c’est grâce à cette bourgeoisie (chrétienne et catalaniste) renforcée durant le franquisme qu’il a pu survivre et se développer jusqu’au degré atteint aujourd’hui. […]

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