Modernité et nihilisme juridique par Danilo Castellano
L’assimilation moderne du droit à ce qu’est en mesure d’imposer le pouvoir détruit dans ses fondements toute idée de justice et ramène les rapports sociaux à de purs rapports de force.
L’assimilation moderne du droit à ce qu’est en mesure d’imposer le pouvoir détruit dans ses fondements toute idée de justice et ramène les rapports sociaux à de purs rapports de force.
La liberté conçue comme libération conduit, par réductions successives, à la disparition de son propre sujet
Le système démocratique évolue vers une désincarnation toujours plus accentuée.
Entretien autour de l’approche du concept de modernité dans la philosophie d’Augusto Del Noce, et de l’interprétation qu’en donne Massimo Borghesi dans un ouvrage récent. La modernité est un bloc, mais il se fissure.
Augusto Del Noce est à l’athéisme contemporain ce que Kierkegaard fut à l’hégélianisme. Son historiographie spéculative rend donc non seulement problématique l’idée de modernité, mais prouve en dernière analyse l’impossibilité théorique de la soutenir, sur la base même des réquisits de ceux qui s’étaient faits et continuent d’être les défenseurs de sa valeur.
La conception que Freud se fait de la société le conduit, de manière aussi cohérente qu’absurde, à soutenir que le droit n’est que la force de la majorité. Mais la force n’est qu’un fait physique d’où ne peuvent dériver ni obligations morales ni obligations juridiques. Identifier droit et force de la majorité est encore une thèse irrationnelle qui rend vain le droit positif lui-même, appelé à prévenir ou à surmonter des conflits qui, par le seul fait qu’ils surgissent, démontrent le caractère humain de la justice.