Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Lecture : Minorités chrétiennes d’Orient

Article publié le 10 Juil 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos du livre de Claire Weibel Yacoub, Le rêve brisé des Assyro-chaldéens. L’introuvable autonomie, Cerf, coll. L’Histoire à vif, mars 2011, 20 €.

Faut-il faire la fine bouche et se plaindre de la parution récente de plusieurs livres sur les chrétiens d’Orient ? Sûrement pas. Les ouvrages de qualité ne sont pas rares, y compris dans le domaine historique où se situe le nouveau livre de Claire Weibel-Yacoub, Le rêve brisé des Assyro-chaldéens. Regrettons toutefois le nom de la collection, « l’histoire à vif », qui risque de tromper le lecteur : on y trouve, entre autres, outre les ouvrages inévitables sur la Shoah, L’histoire des Juifs de Paris de Chilpéric à Jacques Chirac, un écrit de Gracchus Babeuf ou Le livre noir de la Révolution française.
Ce second livre de Claire Weibel Yacoub confirme son intérêt pour l’histoire des Assyro-Chaldéens, et plus généralement les fidèles syriaques de Mésopotamie et des environs, dont une partie a décidé, à partir du XVIe Siècle, de « se rallier » à Rome et de répudier le « schisme nestorien », fondé en grande partie sur les  conséquences de Babel, l’impossibilité de traduire parfaitement en araméen des termes théologiquement essentiels, comme « personne », au sens latin du terme (le Dieu en trois personnes). L’auteur n’est pas historienne de formation, mais elle s’est probablement formée au contact de son époux, Joseph Yacoub, bien connu pour ses ouvrages sur les Assyriens et toutes les minorités.
La période retenue, en gros le premier tiers du XXe Siècle, a déjà été abordée par l’auteur dans son premier livre (Surma. L’Assyro-Chaldéenne, l’Harmattan, 2007) ; elle traite, cette fois-ci, d’une question que, presque seuls, les spécialistes des Traités de l’après-Première Guerre Mondiale continuent d’étudier. La matière est donc, globalement, bien connue, et tout autant la responsabilité des diplomates et autres Wilson et Clémenceau ; ils ont su dépecer un mort, l’Empire ottoman, déchirer la Hongrie et le cœur de l’Europe chrétienne, et tromper les espérances qu’avaient suscitées leurs promesses d’autonomie aux minorités persécutées. Seul, le Foyer pour les Juifs en Palestine a tiré parti de décisions mal conçues, mal définies, mal appliquées. […]

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