Revue de réflexion politique et religieuse.

La crise de la justice politique dans la société post-libérale

Article publié le 5 Jan 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

La justice a cessé d’être la norme d’une vie en société pacifique et amicale. Elle est devenue un simple accord, une règle pragmatique pour tolérer et protéger l’anarchie sociale. Ce n’est plus une vertu permettant l’ordre, c’est un procédé de distribution.

Dans la philosophie classique et chez les penseurs chrétiens, la question de la justice est liée à l’ordre naturel des choses, de l’être, puisque l’univers n’est pas un chaos composé d’éléments multiples sans lien entre eux, que la raison ordonnerait à son gré, mais bien au contraire un tout ordonné dès son origine par son Créateur. La sagesse divine a créé un ordre juste dans les choses, de sorte que leurs différences – suivant les degrés de bonté – et leur hiérarchisation répondent à la fin que Dieu leur a assignée. La multiplicité dans l’ordre existe du fait de ce principe de finalité, suivant lequel les êtres créés réalisent différentes opérations, parce que l’agir suit l’être. La justice a la signification métaphysique suivante : c’est un ordre proportionné à une fin. Cet ordre indique la conformité des choses à leur fin, conformité qui donne à des choses inégales leur place propre. Et le fruit de la justice, comme le dit Saint Augustin, est la paix.
La justice étant en relation étroite avec l’ordre humain, il faut d’abord rappeler que la cité se compose de sociétés multiples qui présentent différents degrés de perfection, c’est-à-dire d’unité. La justice est le moyen d’instaurer l’ordre dans la pluralité de la  communauté politique. Elle constitue ainsi la communauté politique, à laquelle elle donne sa forme et qu’elle ordonne à sa fin, qui est le bien de cette même communauté. […]

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