Revue de réflexion politique et religieuse.

Phi­lippe Meyer : L’Or du Rhin. His­toire d’un fleuve

Article publié le 28 Oct 2011 | imprimer imprimer  | Version PDF | Partager :  Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager sur Google+

Il est dif­fi­cile d’écrire l’histoire d’un fleuve. De ce fait, ce livre raconte plu­tôt l’histoire des peuples qui se sont ins­tal­lés, depuis les Romains, sur les bords du Rhin, ain­si que de leur rela­tion à ce fleuve. En cela l’auteur, Phi­lippe Meyer, pro­fes­seur de méde­cine expé­ri­men­tale dont la for­ma­tion ori­gi­nelle est plus la méde­cine que l’histoire, fait preuve d’originalité. Sa démarche est sou­te­nue, à la suite de nom­breux écri­vains, par une grande admi­ra­tion pour ce grand fleuve, sa majes­té, la beau­té des pay­sages au milieu des­quels il coule et la richesse de l’histoire qui s’est dérou­lée sur ses rives. Les migra­tions ger­ma­niques, le Saint Empire, la Confé­dé­ra­tion du Rhin, la tra­ver­sée du fleuve par les alliés en mars 1945 : tout cela est racon­té de manière vivante, l’approche res­tant tou­te­fois for­cé­ment géné­rale puisqu’il s’agit d’aborder deux mille ans d’histoire en quelque 400 pages. L’ouvrage pré­sente tou­te­fois plu­sieurs dif­fi­cul­tés de taille. Tout d’abord, Ph. Meyer fait alter­ner des cha­pitres pro­pre­ment his­to­riques et d’autres beau­coup plus « actuels » (par exemple : « Bâle », « Entre Vosges et Forêt-Noire », « Stras­bourg »), qui pour­raient qua­si­ment avoir leur place dans un guide tou­ris­tique, accom­pa­gnés de pho­tos et, pour­quoi pas, de recettes (les carpes frites !). Par ailleurs, l’auteur com­met un cer­tain nombre d’approximations qui peuvent se trans­for­mer en gros­sières erreurs his­to­riques : à titre d’exemple, le concile de Constance est pré­sen­té comme « des­ti­né à mettre fin à l’hérésie de la nomi­na­tion des papes » (p. 30), tan­dis, sur­tout, que « sola scrip­tu­ra » et « sola fide » sont consi­dé­rés comme des prin­cipes de l’Eglise contre les­quels Luther (par ailleurs pré­sen­té sous un jour par­ti­cu­liè­re­ment favo­rable) aurait lut­té (p. 156). […]

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