Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Philippe Meyer : L’Or du Rhin. Histoire d’un fleuve

Article publié le 28 Oct 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos de Philippe Meyer, L’Or du Rhin. Histoire d’un fleuve, Perrin, coll. « pour l’histoire », avril 2001, 24 €.

Il est difficile d’écrire l’histoire d’un fleuve. De ce fait, ce livre raconte plutôt l’histoire des peuples qui se sont installés, depuis les Romains, sur les bords du Rhin, ainsi que de leur relation à ce fleuve. En cela l’auteur, Philippe Meyer, professeur de médecine expérimentale dont la formation originelle est plus la médecine que l’histoire, fait preuve d’originalité. Sa démarche est soutenue, à la suite de nombreux écrivains, par une grande admiration pour ce grand fleuve, sa majesté, la beauté des paysages au milieu desquels il coule et la richesse de l’histoire qui s’est déroulée sur ses rives. Les migrations germaniques, le Saint Empire, la Confédération du Rhin, la traversée du fleuve par les alliés en mars 1945 : tout cela est raconté de manière vivante, l’approche restant toutefois forcément générale puisqu’il s’agit d’aborder deux mille ans d’histoire en quelque 400 pages. L’ouvrage présente toutefois plusieurs difficultés de taille. Tout d’abord, Ph. Meyer fait alterner des chapitres proprement historiques et d’autres beaucoup plus « actuels » (par exemple : « Bâle », « Entre Vosges et Forêt-Noire », « Strasbourg »), qui pourraient quasiment avoir leur place dans un guide touristique, accompagnés de photos et, pourquoi pas, de recettes (les carpes frites !). Par ailleurs, l’auteur commet un certain nombre d’approximations qui peuvent se transformer en grossières erreurs historiques : à titre d’exemple, le concile de Constance est présenté comme « destiné à mettre fin à l’hérésie de la nomination des papes » (p. 30), tandis, surtout, que « sola scriptura » et « sola fide » sont considérés comme des principes de l’Eglise contre lesquels Luther (par ailleurs présenté sous un jour particulièrement favorable) aurait lutté (p. 156). […]

-->