Revue de réflexion politique et religieuse.

Lecture : Les Maoccidents

Article publié le 5 Jan 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos du livre de Jean Birnbaum, Les Maoccidents. Un néoconservatisme à la française, Stock, septembre 2009, 137 p.

Sous ce titre, dont l’euphonie n’est pas la qualité première, le collaborateur du Monde Jean Birnbaum nous offre une contribution à l’histoire des idées depuis un demi-siècle centrée sur le destin des maoïstes de la Gauche prolétarienne. Leur itinéraire a connu d’étranges vicissitudes qui ont conduit les uns aux côtés de Nicolas Sarkozy, les autres dans les yeshivas talmudiques, d’autres encore au voisinage de Maurras ou de l’intégrisme chrétien. Birnbaum a le mérite de reconnaître que le potentiel de cette nébuleuse n’est pas épuisé.
L’actualité de ces néoconservateurs qu’il nomme Maoccidents ne réside pas seulement dans la commémoration récente du quarantième anniversaire de mai 68 car, loin d’être des partisans du statu quo, ils sont en fait « des révolutionnaires d’un genre inédit » (p. 128) qui pourraient bien préparer « la prochaine révolution culturelle » (p. 129).
Birnbaum ne s’occupera pas des « célèbres renégats qui ont troqué l’action militante pour l’activisme mondain », qui « sont allés à la soupe et sont passés du col mao au Rotary ». Ce ne sont pas eux qui l’intéressent mais ceux de « la Génération », comme il dit, qui seraient restés fidèles. Mais à quoi ? A cette question, il donne une réponse paradoxale. Comme jadis, « la foi qui les anime […] se concentre au point brûlant où la politique et l’absolu ne font qu’un » (p. 21) mais leur cause ne s’identifie plus avec l’Orient rouge (Dong Fang Hong), elle s’appelle désormais Occident. Il donne l’exemple d’André Glucksmann qui, à défaut d’adhérer au Rotary, a été décoré de la Légion d’honneur reçue des mains de Sarkozy pour bons et loyaux services lors de sa campagne électorale.

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