Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Oeuvres de Charles De Koninck, tome II, 2 La primauté du bien commun

Article publié le 10 Fév 2012 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos des Oeuvres de Charles De Koninck, tome II, 2 La primauté du bien commun. Avant-propos de Thomas De Koninck, Introduction, traductions de l’anglais et du latin : Sylvain Luquet, Presses de l’Université Laval, Québec, 4e trim. 2010, 446 p., 48 €

Dans la période présente, encore dominée de manière écrasante par le système de pensée critiqué à coeur par le philosophe belge, la parution de cet ouvrage constitue un acte d’une particulière opportunité à l’aube du cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II. Non seulement il fait revivre les discussions
qui ont entouré la mise au point de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, mettant ainsi en évidence le lien étroit entre enjeux philosophicothéologiques et conséquences politiques d’envergure mondiale, mais il permet aussi de situer l’une des sources les plus directes du tournant anthropocentrique
conciliaire.
La Primauté du bien commun contre les personnalistes n’est pas un manuel rébarbatif. C’est une oeuvre courte, dont la seconde partie (« Le principe de l’ordre nouveau ») et les appendices élargissent le sujet à la politique moderne et à l’athéisme. Le tout est rédigé dans un style agréable et autant que possible, accessible. Dans le même volume est reproduit le pamphlet qui en contredit la thèse principale, ainsi que la réponse substantielle de l’auteur. L’ensemble est précédé d’une introduction de 104 pages, résultat du très long travail de dépouillement et de clarification effectué par Sylvain Luquet. Ce dernier remet en perspective, avec un grand souci de précision, les tenants et aboutissants de la polémique, spécialement en lien avec les positions militantes de Jacques Maritain adoptées au cours des années de guerre au contact de l’Amérique. Enfin, signalons tout l’intérêt de la préface du cardinal Villeneuve (archevêque de Québec en 1943), qui prend nettement position contre le personnalisme, qu’il considère comme une mode, une dangereuse manière de vouloir adopter la « pensée des autres », dont l’effet est au bout du compte d’isoler les individus au lieu de leur permettre de faire grandir leur liberté.

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