Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Thierry Sarmant (dir.) : Le Grand Siècle en mémoires

Article publié le 28 Oct 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos de Thierry Sarmant (dir.), Le Grand Siècle en mémoires, Perrin, avril 2001, 24,50 €.

Cet ouvrage est une anthologie rassemblant des extraits de Mémoires, journaux, lettres, écrits tout au long du règne de Louis XIV par des personnages aussi connus que Saint-Simon, l’abbé de Choisy ou Madame de Sévigné et d’autres moins connus. Présentés et annotés par Thierry Sarmant, conservateur en chef au musée Carnavalet, les textes sont réunis de manière chronologique en quatre grandes phases : « Le lever du soleil » (1643-1661), « Le règne glorieux (1661-1685) », « Tourments et tourmentes (1685-1700) », « Le déclin d’un âge (1701-1715) », correspondant aux « quatre saisons » de la vie du roi. Faisant l’objet à chaque fois d’une courte introduction, ils abordent des sujets très divers : la Fronde, le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche, l’attitude de Mazarin au moment de sa mort, la « prise du pouvoir » par le roi, la manière dont celui-ci concevait son rôle, les événements culturels, la place des ministres, l’emploi du temps du roi, l’évolution « dévote » de Louis XIV, sa mort. Comme le dit Thierry Sarmant en introduction, « aimer les Mémoires, c’est ne pas vouloir choisir entre l’histoire et la littérature, c’est croire que l’une peut concourir à l’autre, et inversement. » La présente anthologie ne remplace donc pas l’ouvrage fouillé d’un historien mais c’est une manière très vivante d’entrer dans l’histoire d’un règne majeur par les écrits des plus grandes plumes de l’époque. L’excellent téléfilm réalisé par Roberto Rossellini en 1966 (La prise du pouvoir par Louis XIV, repris en DVD, éd. MK2) compléterait avec bonheur cette entrée en matière, l’habileté du grand metteur en scène mettant en relief la doctrine d’action d’un roi aussi politique que Louis XIV, mais aussi la logique destructrice de certains de ses choix : centralisation étatique et processus d’isolement dans la prison dorée de Versailles.

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