Revue de réflexion politique et religieuse.

L’éthique planétaire et l’islam

Article publié le 5 Fév 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

Le dernier gros ouvrage de Hans Küng propage une vision approximative et édulcorée de l’islam, et s’inscrit dans les tentatives du théologien dissident pour accréditer l’idée d’une « paix des religions » essentiellement relativiste.

LIslam, de Hans Küng, se présente comme le dernier volet d’une trilogie à laquelle l’auteur disait en 2004 (date de la parution du livre en allemand) avoir consacré les vingt-cinq dernières années de sa vie. Les deux premiers volets, sur le judaïsme et le christianisme, ont été publiés en traduction par les éditions du Seuil. Mais celles-ci n’ont pas voulu de ce troisième car il leur paraissait trop sévère pour l’islam (on verra plus loin en quoi consiste cette « sévérité » !). Ce sont les éditions du Cerf qui ont assumé cette charge au motif que c’est l’unique cas où un théologien
chrétien aborde l’islam en profondeur. Hans Küng a voulu réaliser une « somme » sur l’islam-religion et l’Islam-civilisation, depuis l’« origine » (première partie) jusqu’aux « ouvertures sur l’avenir » (cinquième partie), en passant par le « centre » (les composantes religieuses), « l’histoire » et « les défis de notre époque ». En fait il réunit ainsi deux domaines hétérogènes : d’une part un ensemble d’informations factuelles sur l’histoire et l’actualité, et de l’autre sa propre méditation – le plus souvent autonome par rapport au précédent et reliée à lui « après-coup » – comme théologien et comme idéologue d’une éthique planétaire.

Pour le premier, n’étant pas lui-même arabisant ni islamologue, il fait une synthèse de seconde main. Pour le deuxième, il s’appuie essentiellement sur sa théorie de la relativité des « paradigmes » par lesquels les croyants des diverses religions, au cours de l’histoire, ont cherché à rendre compte de leur foi. La relation entre ces deux domaines est établie par le thème du « dialogue », lui-même appelé par l’exigence de la paix : « Pas de paix mondiale sans paix religieuse ». Pour juger du système ainsi constitué, il faut d’abord examiner chacune de ses trois composantes. […]

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