Revue de réflexion politique et religieuse.

Lecture : Darwin et les sciences cognitives

Article publié le 5 Fév 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos de l’ouvrage collectif dirigé par Jean-Baptiste van der Henst et Hugo Mercier, Darwin en tête. L’Evolution et les sciences cognitives, Grenoble, PUG, août 2009, 28 €, 372 p.

L’année 2009 fut une année Darwin. Profitant sans doute de cette vague, Darwin en tête, paru l’an passé, entend décrire comment les sciences cognitives intègrent la perspective évolutionniste. Dans cette optique, dix chapitres abordent ainsi successivement la psychologie, la psychiatrie, l’éthologie, les sciences sociales, l’évolution culturelle, l’archéologie cognitive, la linguistique, les neurosciences cognitives et l’intelligence artificielle. Conformément aux errements actuels, cet exposé se clôt sur une bibliographie de plus de cinquante pages, relatives à des publications très majoritairement postérieures à 1980 et peu connues du grand public ; cela permet au lecteur d’identifier les thèmes de prédilection du paradigme en place, et, sinon sa vitalité, du moins sa réelle capacité de production, à proportion du nombre de postes, signe de financements publics non négligeables ; par ailleurs, on ne trouve guère de traces de remises en cause externes, même si plus d’un auteur se montre lucide sur les limites de l’exercice auquel il se consacre. Darwin en tête n’est pas désagréable à lire et évite largement l’écueil du jargon. Il offre un panorama assez complet, et se révèle, par là même, un outil appréciable. Il faut avouer aussi que l’ouvrage n’ouvre pas de perspective  intellectuelle réellement nouvelle ou saisissante, mais ce n’est pas nécessairement le premier objectif d’une telle synthèse. Parmi les éléments plus particulièrement dignes de retenir l’attention, on pourrait noter quelques pages sur l’interdiction de l’inceste dans certaines espèces animales (pp. 38-39), sur le lien entre intelligence et vie en société (question du « cerveau social » et du rôle du langage, pp. 80-90 et pp. 198-199), sur la problématique de la reconnaissance dans le miroir (pp. 95-96), sur la question de l’évolution culturelle, sur l’apparition des premières catégories dont celle de substance (p. 209), sur le passage de l’acquis à l’inné (pp. 266-269), ou encore sur divers processus intellectuels. […]

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