Revue de réflexion politique et religieuse.

La liberté religieuse et les paradoxes du réel. Une approche juridique

Article publié le 28 Sep 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

Document. La liberté religieuse telle qu’elle a été consacrée au moment du Concile coïncidait avec la version moderne des droits de l’homme, supposée universelle. Or cette universalité sans fondement a aujourd’hui éclaté et débouche sur des impasses.

Je vous remercie de me donner l’occasion d’aborder le thème de la liberté religieuse. Comme l’abondance de l’actualité le prouve, ce thème est au coeur des bouleversements politiques contemporains, non seulement en Occident, mais aussi largement dans le reste du monde.

J’interviens ici comme juriste, en tant que directeur d’une ONG spécialisée dans la défense de la liberté de religion des chrétiens, et intervenant auprès des principales juridictions internationales, ainsi que des mécanismes conventionnels de protection des droits de l’homme. Précisons d’emblée le sujet : la « liberté religieuse » dont je parle ne vise pas la liberté du « for interne », c’est-à-dire la liberté de « l’acte de foi ». Mais c’est la « liberté religieuse » comme concept et instrument de régulation des relations entre la religion et l’Etat. Ainsi, traiter de la liberté religieuse, c’est traiter des relations concrètes entre la religion et l’Etat, c’est-à-dire, en d’autres termes, traiter de la religiosité de l’Etat et de la « socialité » de la religion. […]

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