Revue de réflexion politique et religieuse.

Lecture : Crise catéchétique : le défi

Article publié le 4 Juil 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

Analyse du livre de Denis Villepelet, Les défis de la transmission dans un monde complexe, coll. Nouvelles problématiques catéchétiques, Theologicum, DDB, 2009, 463 p., 35 €.

Directeur de l’Institut supérieur de pastorale catéchétique (ISPC) de 1996 à 2007, Denis Villepelet est docteur en philosophie et en théologie, enseignant-chercheur à l’Institut catholique de Paris. C’est dire qu’il incarne tout autant la figure de l’expert que celle du décideur dans son champ de compétence, la politique catéchétique ; et que sa responsabilité dans les orientations des décennies passées est pressentie. Suivre ce témoin engagé ne pouvait donc être inutile.
De fait, le travail approfondi qu’il vient de publier, intitulé Les défis de la transmission dans un monde complexe, est précieux par l’éclairage qu’il apporte sur l’esprit de « proposition de la Foi » ayant animé l’ISPC dans l’élaboration des lectures, parcours et autres paradigmes, sous l’égide de l’épiscopat français. L’essentiel de ce travail se donne pour tâche de justifier la subordination de la fides quae (la doctrine) à la fides qua (l’adhésion au Christ). Comme la matière domptée par la forme ? Non, comme le « catalyseur » inerte d’une réaction chimique, ou encore l’échelle qui permet l’évasion. Concrètement, face à l’or de la fides qua, le (vil) plomb de la fides quae joue les utilités. De l’évaluation des différentes stratégies catéchétiques, et, pour tout dire, du désastre catéchétique, nous ne saurons rien. Si une incontrôlable diversité de pratiques est prise en compte, ce n’est pas pour la déplorer, ou regretter son infécondité malthusienne. C’est pour souligner la vitalité des initiatives, la personnalisation des méthodes, le centrage sur les « apprenants ». Et se réserver toute légitimation ou détraction. Le chaos n’est pas le désordre. Nuance. Aucun exposé sociologique ne nous fait connaître la réalité concrète des comportements de terrain. Les forces en présence sont recouvertes d’un secret (professionnel ?) absolu. C’est en philosophe que s’exprime D. Villepelet, dans un registre spéculatif aride. S’il fait montre avec clarté de son souci premier, à savoir dégager des concepts, susceptibles de conduire à des paradigmes, lesquels permettront des modélisations, il prive le lecteur des exemples ou illustrations qui donneraient vie à ses abstractions. Cette dévitalisation gêne la pensée, et diffère l’adhésion. […]

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