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De la religion à la gnose scientifique

[note : cet article a été publié dans catholica, n. 67, p. 42-50]
Directeur du Centre de recherches sur l’Amérique à l’Université de Bayreuth, Georg Kamphausen fait partie, avec Clemens Albrecht1 [1] , de la génération des derniers élèves de Friedrich-Heinrich Tenbruck, ce sociologue allemand aujourd’hui décédé, à l’origine d’une critique radicale des sciences humaines2 [2] .

Si les psychologues, les pédagogues et autres adeptes des sciences sociales jouent un rôle décisif dans la société en tant qu’élites professionnelles, c’est parce que ces experts de la réalité ont imposé une nouvelle vision du monde et de nouveaux espoirs. A l’époque où j’ai écrit ma thèse, j’étais très influencé par la perspective théorique de mon professeur Friedrich-H. Tenbruck. Je croyais à la thèse d’un vaste complot des sciences sociales pour imposer leur idéologie et prendre ainsi le pouvoir. Il fallait donc dénoncer la machination, faire tomber les masques des idéologues et la vérité devait s’installer naturellement. Avec le recul, il me semble que la réalité est bien plus complexe et ne peut être décrite en termes de complot pur et simple. Quand j’ai écrit mon livre, je pensais que le phénomène concernait essentiellement le domaine ecclésial et que c’était à ce niveau que s’était exercée une pression sur la pastorale traditionnelle. Entre-temps, j’ai pu constater que cette influence s’est avérée plus décisive encore dans le domaine des mentalités, l’idéologie des sciences sociales s’étant en fait banalisée pour devenir le credo de monsieur tout-le-monde. Les apprentis experts ont en définitive fabriqué une « réalité » qui, s’étant répandue au-delà de la sphère scientifique pour imprégner tous les secteurs de la vie, leur a progressivement échappé. A partir de là, il ne restait plus qu’à confirmer cette réalité ou à la refuser. Or, il est très difficile pour des intellectuels qui gagnent leur vie par leurs écrits et leurs discours de contredire les interprétations des hommes ordinaires qui ne font que reprendre à leur compte ce qu’ils ont entendu des experts. On a affaire à un cercle vicieux qui ne fait que s’aggraver : ne pouvant désavouer ce qu’ils ont eux-mêmes semé, les intellectuels se limitent à reformuler les idées communes dans un langage plus scientifique. Du fait de ce jeu de miroir, il est de plus en plus difficile de faire une différence entre la conception de l’homme ordinaire et celle de l’expert.
Cette uniformisation idéologique par le biais de la gnose scientifique et technique atteint tous les secteurs de la vie mais c’est dans le domaine religieux qu’elle est la plus significative. L’Eglise a eu en effet tendance à anthropologiser son discours en jouant de plus en plus sur la rhétorique du besoin : il ne s’agit plus de savoir où est la vérité mais de discerner ce que l’homme attend de l’Eglise. Du côté des prêtres, la tentation a été également grande de naturaliser la fonction sacerdotale en la réduisant à une forme humaniste d’assistanat social. Dès lors disparaît le Dieu qui punit ainsi que toute forme de culpabilité. Si l’Eglise se montre complaisante, elle est la bienvenue. En revanche, là où elle s’affirme et s’oppose, comme par exemple au sujet de la distinction entre amour et sexualité, là où elle exige une perspective bien particulière fondée sur la distance vis-à-vis de soi-même, elle est mal reçue. On l’accuse d’être étrangère au monde, de ne pas comprendre les vrais besoins des hommes. Evidemment, il est toujours possible de réinterpréter la tradition dans un sens moderne mais cela signifie que la tradition devient négociable, et le relativisme historiciste n’est pas loin. La théologie et l’Eglise ne peuvent démordre de leur Proprium, cette façon très particulière de voir les choses, dans laquelle ce ne sont précisément pas l’homme et l’idée qu’il a de lui-même qui sont au centre mais où ce point de vue anthropologique ne prend sa signification que dans l’orientation vers Dieu. Quand je comprends ce processus d’orientation de l’homme vers Dieu de manière trop humaine, quand je me vois progressivement incapable de reconnaître dans le prochain le reflet de Dieu, quand je fais de la création un objet, je dénature non seulement l’homme mais également la nature dans un processus d’hominisation, d’humanisation de la perspective.
Si certains clercs ont été tentés de naturaliser la fonction sacerdotale en la réduisant à un rôle d’accompagnement psychologique, on peut s’interroger sur l’influence qu’ont pu avoir dans ce processus les sciences sociales et notamment la psychologie. Il est étonnant de constater que ceux qui prétendent détenir la clé du fonctionnement de l’âme en se réclamant de la psychanalyse et des méthodes de dynamique de groupe ne sont pas dans la plupart des cas de véritables experts. Maîtrisant la rhétorique et les techniques de discussion, ils affirment disposer de la compétence psychologique mais n’ont bien souvent ni formation médicale ni compétence psychiatrique3 [3] . Ils produisent donc une compétence d’un autre style qui a plus à voir avec la crédibilité. En invoquant leur statut de thérapeutes, ils produisent d’autant plus de crédibilité chez leurs patients que ceux-ci sont acquis aux vertus scientifiques et médicales de la psychologie. Si les psychologues se sont approprié un discours pseudo-scientifique qui les rend plausibles, cette plausibilité est en fait du même ordre que celle des livres que l’on trouve dans le rayon ésotérique des librairies. L’influence des sciences sociales et des psychologues ne résulte absolument pas du caractère scientifique de leur propos. Au contraire, c’est dans la mesure où ils offrent un habillage scientifique à la justification de la praxis dominante qu’ils jouent un rôle central pour apaiser les consciences. Qui n’a pas entendu dire à titre d’argument de justification : « Mais n’as-tu pas lu le livre d’Eugen Drewermann ? Ne sais-tu pas que le féminisme… ? » Tout cela correspond en fait à une forme d’anti-institutionnalisme : ce n’est pas le prêtre en tant que personne qui apparaît comme étranger et gênant, mais l’Eglise en tant qu’institution millénaire rappelant à l’homme ses devoirs et sa condition contingente. C’est là toute la différence entre le vieil anticléricalisme et cette radicale aversion pour l’institution ecclésiale.
Je ne crois pas que la création d’une agence spécialisée dans l’élimination des déchets de l’âme permettra de rendre l’homme heureux. Le psychothérapeute n’est pas en mesure d’absoudre quelqu’un de sa faute personnelle. Il ne peut pas dire : « Cette faute, c’est toi qui l’a commise. C’est ta faute personnelle et tu ne dois pas seulement te réconcilier avec toi-même et ton prochain mais également avec Dieu ». Le psychothérapeute se limite donc à renvoyer l’homme à ses problèmes sans véritablement les résoudre. C’est la méthode psychologique de la reformulation, cette technique de miroir qui renvoie la conscience à sa responsabilité personnelle. Cependant, même si vous prenez conscience des liens qui vous rendent coupables et comprenez pourquoi cela s’est passé ainsi, vous aurez beau vous trouver toutes les excuses possibles, cela ne réglera pas votre problème. A la base, il y a en fait l’idée que les problèmes sont mes problèmes et que je peux seul les résoudre. Si vous êtes suffisamment fort, vous parviendrez à décrire un chemin de sortie mais dans tous les cas, ce n’est pas la science qui vous soulagera la conscience. Je crois que beaucoup de gens ressentent certains échecs comme des fautes subjectives et en souffrent fortement. Cependant, ayant perdu tout repère et tout critère de jugement, ce n’est pas le psychologue qui les aidera à trouver la voie et la vérité. Au contraire, en retravaillant sans cesse la biographie de son patient, le psychologue n’offre comme seule alternative que la fuite en avant dans un processus sans commencement ni fin qui laisse l’homme seul face à une existence chaotique constituée de ruptures successives. Si aujourd’hui il a un travail, demain il n’en aura plus. S’il est marié et a des enfants, demain il vivra seul sans enfants. S’il vit en ville, demain il vivra à la campagne. La réalité, c’est que personne ne veut d’une biographie chaotique. Chacun cherche donc à se construire un monde fait de continuités. Ayant besoin d’ordre, d’autorité et de dogmatique, l’homme cherche un point d’ancrage qui lui permette d’énoncer une nouvelle phrase et de prendre du recul par rapport à son expérience immédiate. L’homme a besoin d’une perspective qui donne sens à cette vie terrestre. Sur ce point, les experts des sciences sociales ne peuvent apporter aucune aide. Ils ont toujours eu cette prétention d’aider les gens dans les situations de crise mais ils sont devenus des conseillers inefficaces et ont de ce fait perdu toute crédibilité.
Paradoxalement, c’est au moment où les psychologues perdent celle-ci que l’on assiste à la montée des disciplines de conseil ainsi qu’à la technicisation de l’ensemble des professions. Sans diplômes techniques, une religieuse ne peut plus être considérée comme une professionnelle de l’assistance aux malades. A quoi cela sert-il de dire le rosaire pendant que les gens meurent ? Ce n’est ni scientifique ni directement utile matériellement. A une structure basée sur la chaleur humaine succède donc une structure fondée sur la construction de la compétence. De plus en plus de jeunes se lancent dans cette filière psychologique. Il faut bien leur trouver des débouchés. Ils se retrouvent donc dans la police criminelle, dans les prisons, dans les écoles ou font de l’assistance psychologique en milieu hospitalier. Le jargon pseudo-scientifique ne sert qu’à masquer leur propre incompétence. Quand on voit la violence à l’école, on devrait s’interroger sur les raisons profondes d’un tel phénomène mais, au lieu de cela, on préfère nommer un médiateur ou un psychologue scolaire. Le postulat de base, c’est que quelqu’un qui a un diplôme est nécessairement plus intelligent que quelqu’un qui n’en a pas. L’idée qui sous-tend la présence des experts de ce style est que les gens sont incapables de résoudre leurs propres problèmes. Or cela ne correspond pas à la réalité. C’est une vision pessimiste des choses que de dire que les gens sont si bêtes qu’ils ne peuvent se passer d’experts.
Cette montée des praticiens des sciences sociales sonne en définitive comme le chant du cygne. Les sciences humaines et la psychologie connaissent en effet une crise profonde. L’intellectuel n’a plus à se justifier par rapport à lui-même et sa discipline mais doit sans cesse considérer l’utilité sociale de ce qu’il fait. Il s’agit d’un problème très général qui touche l’ensemble des institutions, Eglise y compris. Le concept d’arcane (de secret, de saint des saints) disparaît pour laisser la place au paradigme utilitariste. Les Lumières sont aujourd’hui arrivées au bout de leur logique. Il ne s’agit plus de connaissance et de dévoilement. Le mot d’ordre de Kant, « sapere aude » — ose savoir ! —, est perdu de vue. La seule chose qui compte aujourd’hui, c’est la technique. Même si la crédibilité continue à s’obtenir par l’emballage rhétorique, on peut dire malgré tout que la religion scientifique est fortement ébranlée. Vis-à-vis de l’expert, on trouve désormais un mélange de doute et de croyance. Si un livre comporte des notes en quantité, on en déduira tantôt l’imposture, tantôt l’admiration. L’essentiel pour les gens, c’est l’emballage scientifique, c’est l’accumulation des informations qui augmente la plausibilité scientifique de ce que l’on expose.
Le concept de destin est essentiel pour comprendre cette nouvelle atmosphère. On comprend pourquoi l’ésotérisme et la religiosité de type gnostique ont tant de succès. La mentalité ambiante est au fatalisme. Dans le drame thérapeutique des années soixante, il y avait l’idée que la simple énonciation des problèmes permettait de les résoudre. On retrouvait là cette croyance irraisonnée à la communication qui oublie que c’est dans le silence qu’on règle le mieux ses difficultés.
Aujourd’hui, c’est l’absence de parole (Sprachlosigkeit) qui devient problématique. Il ne s’agit ni de silence ni de contemplation, mais de mutisme. On arrive à la situation où on ne parvient plus à formuler les difficultés que l’on a avec soi-même et son entourage. Pour cela, il faut en effet une grammaire, des repères et des critères pour pouvoir prendre du recul par rapport à ce que l’on est en train de vivre. Et ce n’est pas en invoquant une nécessité historique qu’on règle le problème surtout quand celle-ci est perçue comme complètement factice. Prenons ces grands concepts de globalisation, d’individualisation, de rationalisation. Il s’agit dans chaque cas d’une forme de réductionnisme qui ne correspond pas à la réalité des relations entre les hommes. L’homme ne vit pas une situation globale complexe : il n’y a que les médias qui rendent les choses complexes.
Quand on vous explique à longueur de journée que vous n’êtes qu’un grain de sable, qu’un rouage inséré dans une machinerie complexe et incontrôlable, cela a pour effet de vous désarmer intellectuellement, de vous rendre muet. S’il y a un fossé de plus en plus considérable entre la compréhension du monde de l’homme ordinaire et celle des experts, en même temps, ces derniers sont de plus en plus insignifiants parce qu’ils ne donnent aucune réponse unifiée. La confusion devenant de plus en plus grande, tout se passe comme s’il n’y avait plus de solution réelle, que ce soit dans le domaine politique, économique ou de la vie quotidienne si bien que n’importe quelle décision peut être légitimée a posteriori par un expert. Nous vivons à une époque où le besoin d’autorité, de repères est extrêmement grand mais où, en même temps, les autorités devenues de plus en plus insignifiantes ne sont plus en mesure d’exercer un rôle.
L’optimisme lié à la croyance progressiste ayant disparu pour laisser place à la désillusion, c’est le quiétisme qui s’installe. On cherche la paix, le confort et on se désintéresse du reste pour éviter de s’engager. Chez les jeunes, il est étonnant par exemple de voir à quel point le conformisme est grand, notamment dans les choix d’orientation d’études ou les choix professionnels. L’objectif est de s’insérer et de gagner la sécurité d’une bonne place. Tout le reste est sans intérêt. Pourquoi faudrait-il étudier les langues anciennes dans la mesure où elles sont inutiles pour obtenir un bon job ? Même si la sociologie a tendance à tout décrire en termes de processus d’autonomisation, d’individualisation et de rationalisation — le fait de jouer à la bourse dès l’âge de seize ans est ainsi le signe d’une plus grande maturité — la réalité est plutôt celle de l’embourgeoisement précoce de jeunes vieillis avant l’âge. Du coup, ayant tout vu, tout connu, c’est l’ennui qui domine ; l’esthétique, dans la mesure où elle offre une possibilité de changement et de renouvellement, constitue le dernier refuge. Ce qui compte, ce n’est donc plus le fond des choses mais leur apparence extérieure. Boire du vin n’a rien d’original dans la mesure où tout le monde en boit. Mais ce qui compte, c’est qu’il soit cher, que la bouteille soit belle, que l’étiquette soit originale, etc. Le critère esthétique devient alors déterminant. Instable et fragile, l’identité individuelle se transforme en une construction, un raffinement artificiel, une stylisation. Parler de style de vie n’est à cet égard pas innocent : l’identité se construit en référence à des modèles tout faits offerts comme des produits de consommation sur les rayons du marché de l’identité. Les phénomènes de mode jouant à plein, il faut évidemment être flexible, adaptatif. La recherche de soi-même constitue le concept clé de cette nouvelle idéologie : qui n’a pas entendu parler du nouvel impératif d’être soi-même ? Ce concept d’identité est à mettre en relation avec le principe du doute sur soi-même : « Suis-je ce que je suis ? Ma femme est-elle ce qu’elle est ? Mes enfants sont-ils ce qu’ils doivent être ? » Je pense que cette immédiateté contient une absence de distance, la faim d’une certaine sorte de complétude dans un contexte humain où l’on n’expérimente que des différences. Alors on veut être au moins en accord avec soi-même. Le conformisme, cette forme d’insertion dans des catégories toutes faites, ne s’explique paradoxalement que par cette volonté d’être quelque chose de complètement spécifique et singulier. C’est ce qu’explique Tocqueville dans De la démocratie en Amérique mais également Bernhard Groethuysen dans un livre intitulé Die Entstehung der bürgerlichen Welt — und Lebensanschauung in Frankreich4 [4] . Ce dernier décrit comment, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, l’Eglise et le monde s’affrontent sur des visions différentes et comment les clercs finissent par admettre les hypothèses intellectuelles du camp adverse. A cela s’ajoute le fait qu’au XIXe siècle se développe avec l’historicisme une pluralisation des visions du monde. On admet qu’il y a plusieurs manières de voir les choses et on voit naître ainsi de multiples groupes d’appartenance à caractère idéologique : les positivistes, les idéalistes, les nationalistes, etc. Les idées n’étant en définitive que des instruments de pouvoir et de construction de l’identité, l’expérience que l’on fait alors, c’est que l’on peut changer de point de vue sans avoir le sentiment de se parjurer. C’est la découverte de l’opportunisme. Quelqu’un comme Georges Sorel a parcouru tout le spectre idéologique, du positivisme au syndicalisme en passant par le fascisme. Il n’y a aucune vision du monde qui oblige de manière absolue. Certes, elle nécessite une adhésion mais celle-ci ne vaut qu’aussi longtemps qu’elle garde un caractère de plausibilité vis-à-vis de l’individu. Le lien à l’idéologie n’a donc rien à voir avec le lien à la patrie ou la tradition ; il est de l’ordre de la religion particulière, non de la religio au sens fort du terme.
L’individu se détermine intellectuellement en faisant en sorte que ce qu’il tient pour vrai soit identique avec ce qu’il pense. Entre ce qu’il croit, ce qu’il pense et ce qu’il sait, il n’y a pas de différence. On ne va plus aller au fond des choses. Le discours postmoderne répond selon moi à une institutionnalisation d’une philosophie de la superficialité. C’est l’impression que l’on a dans de nombreux colloques : les discussions ne sont pas inintéressantes mais on se demande en définitive quelle est la question. C’est la fin de la logique binaire la plus élémentaire. Si des étudiants, face à des thèses contradictoires, tentent de revenir à la logique la plus simple en montrant que si A est vrai, alors B est faux, ils reçoivent généralement comme réponse : « Pourquoi ? je ne comprends pas. Il y en a un qui est d’un avis et un autre qui est d’un autre ». Je crois que la gravité de la situation ne réside pas tant dans le caractère dangereux des idéologies auxquelles on a affaire mais dans le fait que la base de la logique binaire la plus simple est désormais détruite. Nous vivons dans un monde où chacun doit avoir immédiatement des réponses aux problèmes posés. Cela me fait penser à la phrase de Chesterton : « Le monde est plein de réponses à des problèmes que personne n’a posés ». Personne ne sait plus où sont les questions. Alors les discussions sont bien souvent sans logique ni objet. On entre dans l’ère du discours pour le discours, celle du divertissement à l’état pur.

  1. . Auteur de Zivilisation und Gesellschaft [Civilisation et société], Wilhem Fink Verlag, Munich, 1995, recensé dans Catholica, n. 48, été 1995, pp. 99-101. [ [5]]
  2. . L’oeuvre principale dans laquelle est exprimée cette prise de position est Die Abschaffung des Menschen. Die unbewältigten Sozialwissenschaften [L’abolition de l’homme. Les sciences sociales non domestiquées], Styria, Graz, 1983. Voir notamment « Sciences humaines et idéologie », Catholica, n. 38, juin 1993, pp. 35-40. On trouvera plus loin l’expression de « sciences sociales » [Sozialwissenschaften], plus communément usitée en Allemagne que celle de « sciences sociales » ; rappelons que les deux expressions ont une source commune, d’ailleurs germanique, dans le concept de Geisteswissenschaften (sciences de l’esprit), titre de l’ouvrage fondateur de Wilhelm Dilthey, dont l’édition française, en 1942, a typiquement été intitulée Introduction aux sciences humaines. [ [6]]
  3. . Je mettrai à part le cas de la plupart des psychologues allemands qui, généralement adeptes de Jung, viennent de la psychologie sociale et de la tradition psychologique spiritualiste. [ [7]]
  4. . Les origines de l’esprit bourgeois en France, Francfort-sur-le-Main, 1978. [ [8]]