Rubriques

Numéro  75 (Printemps 2002)  :  sommaire

 

Archives

Index auteurs

Liste des thèmes

Sommaire par dates

Recherche avancée

 

accueil sommaires Numéro 75


La liberté de pouvoir penser   Bernard DUMONT

Lorsqu'un équilibre est établi sur des bases instables, il tend naturellement à se rompre - s'il se maintient longuement, cela ne peut être que pour des raisons artificielles, grâce à des expédients, par exemple une perpétuelle fuite en avant, non parce qu'il aurait fini par se transformer en équilibre stable du seul fait de durer. Le système moderne, tel qu'il se présente à nous aujourd'hui, n'apparaît nullement comme le seuil d'une période de paix perpétuelle. Les attentats de septembre 2001 ont créé une rupture psychologique considérablement plus élevée que les dommages qu'ils ont produits, démontrant ainsi de manière brutale que ces illusions devront être abandonnées. La violence et la peur sont là, plus que jamais. On devrait tirer de tout cela une leçon.


La non-pensée comme idéologie   Éric WERNER

Dans son ouvrage "The Origins of Totalitarianism", paru en première version au début des années cinquante, Hannah Arendt insiste sur le rôle de l'idéologie dans le fonctionnement du système totalitaire. L'idéologie, dit-elle, est le principe même du totalitarisme, autrement dit ce qui le fait agir, le maintient en mouvement. Le mot principe est ici pris au sens où l'entend Montesquieu dans sa théorie des régimes politiques, il désigne l'esprit d'un régime, la passion spécifique qui l'anime. Dans le cas du totalitarisme il s'agit de l'idéologie. Hannah Arendt insiste en outre sur le fait que l'idéologie ne signifie rien d'autre que la logique d'une idée, l'enchaînement mécanique par lequel telle idée en engendre une autre en fonction de sa propre dynamique interne. A ce titre elle est la négation même de la pensée.


Le nouveau Kulturkampf   WERNER OLLES

Werner Olles fait partie, comme Günter Maschke ou Botho Strauss, des Konvertiten, ces anciens activistes du mouvement de 1968 qui ont abandonné leurs attaches d'origine. En 1968-1969, Werner Olles militait à Francfort dans les rangs du SDS de Rudi Dutschke. Après être passé dans différents mouvements de la gauche radicale, il est devenu permanent des jeunesses socialistes (Juso) entre 1973 et 1977. Ce n'est que dans la fin des années soixante-dix qu'il rompt avec ce milieu. Il collabore aujourd'hui régulièrement à l'hebdomadaire berlinois Junge Freiheit, organe de presse non conformiste, idéologiquement composite, stupidement désigné du doigt comme néonazi par la propagande marxiste toujours culturellement dominante outre-Rhin, particulièrement haineuse contre les transfuges de son camp.


La nouvelle liturgie et la sainteté de l'Église   Claude BARTHE

Le problème liturgique actuel n'est pas d'abord d'ordre pratique ou pastoral. Il est avant tout ecclésiologique. Il touche à l'unité de l'Eglise : éclatée et banalisée, la nouveauté de la forme cultuelle est la traduction d'une mutation dans la conception de l'autorité, devenue plus fédératrice que normative. Mais dans cet ordre ecclésiologique, l'un des aspects essentiels concerne la sainteté de l'Eglise.


Impératifs liturgiques et options musicales   Michael STICKELBROECK

La musique appartient à l'avant-garde de son époque, à la différence de la réflexion théologique sur la pratique de la foi. En tant qu'expression de la vie intérieure des compositeurs, elle est avant tout quelque chose de hautement individuel, qui procède du moi affectif et spirituel d'un être humain, et qui reflète les conflits de son temps tels qu'il les vit, et au degré d'intensité auquel il les vit. [...] La pastorale se trouve aujourd'hui devant le problème de savoir pour combien de gens, ou, plutôt, pour combien peu de gens la musique peut être adoration de Dieu et signe de sa promesse de salut. A partir du principe selon lequel la musique est partie intégrante de la liturgie - comme point culminant et source de toute relation avec Dieu - nous devons proposer ici quelques réflexions sur une musique appropriée à l'office divin chrétien. Curé de la paroisse de Hohenheich en Autriche, le P. Michael Stickelbroeck enseigne la dogmatique au séminaire de Sankt Pölten.


Excursus : difficiles vérités : Libéralisme et persécution religieuse, une approche espagnole   Miguel AYUSO & Alain GÉRARD & Xavier MARTIN & Cornélia COMOROVSKI

Le 26 janvier dernier a été organisée à Paris une rencontre entre lecteurs et rédacteurs de Catholica. Le thème retenu - difficiles vérités - a été traité en deux parties distinctes, l'une consacrée à la prise en compte des persécutions subies par les chrétiens dans la période contemporaine, l'autre à l'historiographie de l'Eglise post-conciliaire. L'ampleur des textes et des discussions retranscrites impose de n'en présenter dans un premier temps que ce qui se rapporte au premier centre d'intérêt : l'exposé introductif de Miguel Ayuso Torres, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Madrid et historien, sur la guerre religieuse menée en Espagne, depuis l'instauration du régime libéral, il y a deux siècles, jusqu'à la toute récente "transition démocratique", puis la transcription des principaux extraits des échanges qui ont suivi cet exposé, avec la participation de Cornelia Comorovski, Xavier Martin et Alain Gérard, respectivement ancien professeur de littérature comparée à l'Université de Bucarest, puis d'Angers, professeur d'histoire du droit également à l'Université d'Angers, et chercheur au CNRS ainsi que directeur du Centre vendéen de recherches historiques. Cet ensemble est complété d'un entretien avec Xavier Martin au sujet de son dernier ouvrage, "L'homme des droits de l'homme et sa compagne" (DMM, novembre 2001), qui défriche un terrain de vérités difficiles d'accès en liaison étroite avec le thème abordé.


Entretien : L'homme des droits de l'homme et sa compagne   Xavier MARTIN

Questions à Xavier Martin sur son dernier ouvrage ("L'homme des droits de l'homme et sa compagne (1750-1850) : Sur le quotient intellectuel et affectif du "bon sauvage"", Dominique Martin Morin, 2001).


Le Kosovo, passé et avenir de l'Europe   Monica PAPAZU

L'événement qui a marqué le début du XXIe siècle, l'entrée dans un nouveau millénaire (entrée qui se charge toujours d'une signification beaucoup plus large que celle d'une simple addition mécanique des années), n'a pas - malgré sa brutalité, sa soudaineté et ses conséquences - été le 11 septembre 2001. Certes, ce terrible événement, qui frappait les Etats-Unis chez eux et anéantissait, en un instant, des symboles d'un pouvoir jusque-là censé presque invincible, tragédie humaine éveillant la compassion des étrangers et provoquant chez les Américains le rejaillissement d'un intense sentiment de solidarité humaine et nationale, cet événement a naturellement troublé beaucoup d'esprits et bouleversé l'idée qu'on avait pu se faire, assez naïvement, d'une époque de tranquillité, de sécurité, voire d'harmonie globale. L'événement qui signalait, en réalité, le commencement du XXIe siècle, événement encore plus révélateur, car mettant à nu non pas seulement des rapports de force mais des conflits d'ordre spirituel autrement graves, qu'un regard encore ébloui par la chute spectaculaire du communisme, espérant en un renouveau spirituel européen (prise de conscience, retour en arrière, réflexion nouvelle) comme suite à cette chute, n'avait pas encore décelés, cet événement a été la guerre de l'OTAN dans un coin d'Europe, coin obscur, tombé dans l'oubli - oubli d'autant plus intéressant et moins innocent que la mémoire en était constitutive non pas uniquement d'un seul peuple mais de la conscience de soi de l'Europe : le Kosovo. C'est cette guerre qui a constitué l'événement le plus profond, le plus significatif, et le plus révélateur du temps, l'événement qui définissait à lui seul l'essence de l'époque post-communiste et dévoilait l'orientation mentale politique et la destinée historique des peuples à peine affranchis du communisme. Monica Papazu est Professeur de littérature comparée et de théologie orthodoxe au Danemark, originaire de Roumanie, auteur de Det sidste slag på Solsortesletten : Den nye verdens orden ---- dennye totalitarisme ("La dernière bataille du Champ des Merles : Le Nouvel Ordre Mondial - le nouveau totalitarisme"), Tidehverv Forlag, 1999. Le présent article a été rédigé directement en français par l'auteur.


Faits et normes aux origines du conformisme   Walter BRAUN

On peut dire que l'idée de " norme " est moderne dans la mesure où le débat sur les normes n'a commencé qu'à l'aube des temps modernes. Cela se comprend tout à fait si l'on songe qu'avant Descartes il n'y avait pas d'autre norme que celle que fournissait la conscience morale.


René Girard et la violence mimétique   Éric WERNER

René Girard est à coup sûr un des auteurs les plus importants de notre temps. Ses analyses sur le désir mimétique, la crise sacrificielle, le mécanisme victimaire, etc., ont largement contribué à renouveler notre regard sur le fonctionnement des sociétés humaines, aussi bien passées que présentes.


Politique et religion en regain d'intérêt   Bernard DUMONT

Les rapports du politique et du religieux n'ont jamais cessé d'intéresser juristes, historiens, théologiens et philosophes. Depuis quelques années, les publications sur le sujet se multiplient, alors que se durcit toujours plus le rejet officiel du christianisme dans les principaux pays d'Europe occidentale, démontrant par là son caractère problématique.


Bibliographies (voir plus)...   


Lectures (voir plus)...   


Au fil des revues  


Dernières parutions  

retourner à la liste des numéros

 

Retour accueil site archive - Copyright © catholica 2010