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Numéro  68 (Eté 2000)  :  sommaire

 

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Du neuf et de l'ancien   Bernard DUMONT

La première disposition avec laquelle envisager les problèmes de l'avenir consiste à se situer en dehors de la pensée moderne dont le cycle s'achève.


Autorité et pouvoir : Pour une ré-volution du concept d'autorité   Manuela ALESSIO

Exposé présenté dans le cadre des activités de la Fondation Del Noce. Le concept d'autorité est tombé en désuétude, même si le mot a continué d'être employé, quoique vidé de son sens — l'autorité de l'Etat, les autorités académiques, etc. —, et cela même dans l'Eglise. Il n'y a là rien que de très normal : dans son principe, la pensée moderne présente une allergie à l'idée d'autorité, dans la mesure où celle-ci est nécessairement extérieure à la volonté du sujet, individuel ou collectif, devenue exclusive. Le mot lui-même a pratiquement disparu des précis de philosophie, ou, lorsqu'il y reste, n'est défini qu'en termes purement sociologiques : " Pouvoir d'obtenir sans contrainte un certain comportement de la part d'une autre personne (en latin auctoritas) ". L'autorité, dans la mesure où elle est encore mentionnée, n'est identifiée qu'à une forme subtile de pouvoir, autant dire de violence. Périodiquement cette lacune de sens suscite des interrogations, mais sans effets bien nets. C'est bien ce qui est apparu au terme des " Trois leçons sur... l'autorité " organisées en février dernier à la Bibliothèque de France, autour d'Alain Finkielkraut, Pierre Manent, Paul Ricœur et Olivier Mongin.C'est dans un esprit bien différent qu'a eu lieu en mars dernier un colloque, organisé de manière assez informelle, dans le cadre des activités de la Fondation Del Noce (Turin et Savigliano). Le texte que nous reproduisons ici en constitue l'un des apports les plus intéressants. Manuela Alessio, qui en est l'auteur, y fait amplement référence à un écrit méconnu de Del Noce, dont nous donnons aussi quelques extraits significatifs. Elle se réfère également à un juriste allemand disparu en 1981, auquel elle vient de consacrer un ouvrage qu'il serait logique de voir publier en français si l'on voulait élargir le champ des références conventionnelles sur l'avenir de la démocratie. Il s'agit de "Democrazia e rappresentanza. Gerhard Leibholz nel periodo di Weimar" (éditions Vivarium, Naples, mars 2000, 40.000 lires).


Sur le concept d'autorité   Augusto DEL NOCE

Extraits d'un cours délivré pendant l'année universitaire 1977-78. Ce texte fait allusion à un cours qu'Augusto Del Noce a délivré à l'Université de Rome pendant l'année 1977-78, entièrement reproduit dans l'ouvrage déjà mentionné de Gian Franco Lami, "Introduzione a Augusto Del Noce" (Antonio Pellicani Editore, Rome, 1999), préfacé par Francesco Mercadante, et dont nous avions rendu compte au moment de sa parution. Ce cours n'est pas très étendu (pp. 315-356), mais il est dense et bien dans le style à la fois érudit et sans apprêt de l'auteur. Ce dernier établit le lien nécessaire entre l'idée d'autorité et celle d'ordre, et donc de la vérité touchant à celui-ci. Et de même entre la négation moderne de la vérité, le rejet révolutionnaire de toute autorité et l'apparition du totalitarisme fondé sur un pouvoir libéré de toute entrave. En attendant le moment où ce texte pourra paraître dans son intégralité, nous en traduisons ici quelques extraits, les sections 12 et 30, avec la bienveillante autorisation de l'éditeur.


Interrogations prospectives   Stéphen DE PETIVILLE

Il est difficile de penser collectivement la transition vers le XXIe siècle en raison d'une sorte d'hébétude collective solidement contrôlée, mais certains auteurs commencent à aborder cette question cruciale. C'est ce dont témoignent, chacun à leur manière, trois livres récemment parus dont tout l'intérêt est de dégager une vision possible, mais logique, du futur immédiat, soit pour le suggérer, soit pour essayer de le décrire en vue d'influencer le présent : Eric J. Hobsbawm et Antonio Polito, "Les enjeux du XXIe siècle", Editions Complexe, mars 2000, 95 F., Michèle Tribalat, "Dreux. Voyage au cœur du malaise français", Syros, 1999, 125 F, et Christian Saint-Etienne, "Scènes de vie en 2024", Editions JC Lattès, janvier 2000, 110 F.


Logiques concilliaires : Les ambiguïtés du Jubilé   Claude BARTHE

Le Grand Jubilé est éminemment conciliaire par le mélange de pratiques traditionnelles et de " gestes " relevant d'une nouvelle ecclésiologie.


Relecture autour du thème de la repentance   Hugues DUCHAMP

Une génération après "Le sanglot de l'homme blanc", la haine de soi dont parlait Pascal Bruckner ne concerne plus un Occident devenu triomphaliste mais une Eglise en proie au doute. En matière de repentance, nous proposerions aussi volontiers de relire, munis de ces sages avertissements, un livre sans doute aujourd'hui un peu oublié, publié sous la direction de Claude Geffré : "Michel de Certeau ou la différence chrétienne" (Cerf/Centre Thomas More, coll. Cogitatio Fidei, 1991).


Misères de l'histoire, histoire miséreuse   Alain RAUWEL

La procédure totalement inédite de la repentance semble reposer sur l'utopie de la substitution d'une " nouvelle mémoire " à l'histoire bimillénaire de l'Eglise, et ressemble, selon une expression de l'informatique, à un " écrasement du disque dur ".


Excursus : La fonctionnalité du mythe gaullien   Raoul GIRARDET & Christophe NICK & Jacques FREMEAUX & Olivier DARD & Claude POLIN.

La Ve République maintient envers son fondateur une sorte de culte public admis au-delà de tous les clivages politiques. A soixante ans de l'Appel du 18 juin, il est bon de se demander pourquoi. L'historien italien Renzo De Felice a montré comment la déformation des faits relatifs à la période finale du régime fasciste avait servi de mythe fondateur de la République italienne, et résistait, encore cinquante ans après, à l'analyse critique, la raison de cette persistance étant que tous les partis du système ainsi établi y trouvaient — et continuent dans une certaine mesure d'y trouver — leur compte. Il est probable que, mutatis mutandis, on assiste à quelque chose de semblable avec la Ve République qui maintient envers son fondateur une sorte de culte public, implicite mais effectif. La référence gaullienne est en effet quasi ritualisée, la personnalité historique du général De Gaulle demeurant intouchable en dépit de faits diversement avouables, connus mais déformés, transformés, ou purement et simplement noyés dans l'oubli. A l'inverse, malgré le discrédit qui frappe tout ce qui peut évoquer le patriotisme et l'armée française, on continue de célébrer l'" homme du 18 juin ", comme en témoigne, entre autres, un récent spectacle de Robert Hossein. Et si l'on peut proposer différentes explications, le fait est là et repose sur un certain nombre de données non exemptes de conséquences : pour faire court, sur " une certaine idée " d'écrire l'histoire. En particulier, certains aspects sont valorisés à l'extrême, tandis que d'autres sont soigneusement gommés. N'est-on pas bien au-delà des catégories de la légende et même du mythe au sens fort, pour passer à celle de mystification ? Cette question, et d'autres adjacentes, ont fourni leur objet à une rencontre de réflexion organisée au mois de février dernier entre certains collaborateurs de la revue et Raoul Girardet (spécialiste bien connu de l'histoire du nationalisme), Jacques Frémeaux, Claude Polin (tous deux de l'Université Paris-IV), Olivier Dard (Université de Besançon), et Christophe Nick, journaliste et historien, auteur du livre "Résurrection" (Fayard, 1998) et réalisateur d'une émission de télévision sur le même thème, diffusée tardivement sur Canal+.


Nouvelles discussions sur la comparaison   Denis MESTRE

Le " pavé dans l'histoire " qu'a constitué le "Livre Noir du communisme", selon l'expression de Pierre Rigoulot et d'Ilios Yannakakis, n'a pas fini de provoquer des remous, comme le montrent le numéro 59-60 de la revue Communisme sorti au début de l'année "Le Livre noir du communisme en débat", L'Age d'Homme, 4e trimestre 1999, 100 F, ainsi que le colloque organisé par le Géode (Groupe d'étude et d'observation de la démocratie), avec le concours de l'Université de Paris X, des éditions des Syrtes, du CNRS et de la FNSP, qui s'est tenu à Paris du 7 au 9 juin dernier sur le thème " Origine et émergence des régimes totalitaires en Europe de 1900 à 1934 ".


Entretien : Polémiques et dissidences   Ernst NOLTE

Entretien sur l'ambiance intellectuelle régnant outre-Rhin.


Horizons Théoriques : Les tourments du pluralisme   Bernard DUMONT

L'équilibre entre l'unité que requiert toute société organisée pour se perpétuer et le pluralisme impliqué par les principes démocratiques tend à être rompu au profit du second. Il faut pourtant essayer de trouver une parade à la menace de désagrégation qui résulte de cela. Mais comment ?


Malaise chez les républicains   G. MIGNOT

Dans un petit ouvrage paru il y a un an, Hugues Jallon et Pierre Mounier ("Les enragés de la République", La Découverte, 1999, 42 F) avaient mis l'accent sur les contradictions de ceux qui, tels Régis Debray, Paul-Marie Coûteaux ou Christian Jelen, se veulent les défenseurs de l'universalisme républicain tout en revendiquant le maintien d'une " exception française ".


Dévaluation des fondements du droit   Raphaël DELAVIGNE

Ernst-Wolfgang Böckenförde, l'un des principaux philosophes du droit allemands actuels, que nous avons déjà eu l'occasion d'interroger (Catholica, n. 44, juin 1994), a prononcé l'an dernier un discours lorsqu'il a reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université de Bochum. Certaines parties en ont été reprises dans la revue des jésuites allemands (" Zur Theologie des modernen säkularen Rechts " [De la théologie du droit séculier moderne], Stimmen der Zeit, septembre 1999, pp. 579-596).


Revisiter la collaboration réserve parfois quelques surprises   Philippe BAILLET

Réflexions autour de deux livres signés par Pierre-André Taguieff et Robert Belot ("L'antisémitisme de plume 1940-1944, Etudes et documents", Berg international, mars 1999, 180 F et "Lucien Rebatet/Pierre-Antoine Cousteau, Dialogue de "vaincus"", texte inédit présenté et annoté par Robert Belot, Berg International, octobre 1999, 120 F).


Commentaires Théologiques : Assemblées Pénitentielles en l'Absence de Prêtre   Claude BARTHE


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Bibliographies (voir plus)...   


Correspondance : Liban : une histoire qui se répète ?   Joseph ABOU RJEILY

Le Liban vient de connaître deux événements riches de potentialités pour son avenir : la fin de l'occupation militaire israélienne dans sa région méridionale, et la mort du président syrien Assad. Le texte est extrait d'une correspondance que nous a adressée Joseph Abou Rjeily, chargé de conférences à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Le 13 avril 1975 auquel il fait une constante allusion marqua le début, à la suite d'un heurt relativement peu important, de l'effroyable guerre civile qui devait durer jusqu'en 1989 (Accords de Taëf), pour céder le pas à une quasi-annexion par la Syrie.

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