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Numéro  66 (Hiver 1999)  :  sommaire

 

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La politique, la raison, la foi    Bernard DUMONT

La radicalisation actuelle du système moderne renforce l'obligation de reprendre en profondeur et en se tournant résolument vers l'avenir une réflexion politique désertée par les catholiques.


L'Église et l'État moderne    Claude BARTHE

Pour parler adéquatement de la liberté religieuse, il faut considérer que l'Etat contractualiste moderne n'est pas de même nature que celui auquel se réfère traditionnellement la doctrine de l'Eglise. La réduction de l'Eglise au " droit commun " (elle devient une entité parmi d'autres au sein de la communauté nationale), qui s'est progressivement accomplie depuis l'avènement politique des Lumières lors de la Révolution française, n'a pas été le retour à un état " pré-constantinien " - la persécution ouverte en moins - des rapports de la religion chrétienne et de l'Etat. C'est un événement bien plus important, non seulement pour l'Eglise, mais aussi, et peut-être en premier lieu, pour le système politique lui-même. Un divorce, apparemment définitif, s'est institué par étapes entre la religion et les institutions de la cité, de telle sorte que celles-ci ont cessé de puiser leurs références dans la première, comme elles le faisaient auparavant, manifestant par là même qu'elles avaient changé de sens.


Entretien : Espagne, l'impact politiques du Concile    Rafael GAMBRA

Paul VI appliquant la ligne conciliaire à l'Eglise d'Espagne a précipité un spectaculaire mouvement de sécularisation dans un pays qui était resté en situation de chrétienté. Rafael Gambra est professeur émérite de philosophie à l'Université de Madrid et l'auteur de nombreux ouvrages, et notamment de " El silencio de Dios ", dont une traduction française paraîtra prochainement en Suisse. Nous l'avons interrogé sur l'évolution religieuse de l'Espagne de ces quarante dernières années, entretien suivi d'un extrait significatif d'une Déclaration de la Conférence épiscopale espagnole, " La fidélité de Dieu dure toujours. Regard de foi sur le XXe siècle ", 26 novembre 1999.


Le meilleur régime ?    Pietro Giuseppe GRASSO

Depuis l'effondrement du système socialiste dans les Etats ayant fait partie de l'Union soviétique et dans ceux de l'Europe centrale et orientale, la fin de la guerre froide est apparue à beaucoup comme le moment du triomphe définitif des idéologies et des institutions démo-libérales. On s'est dit proche de l'avènement d'une nouvelle ère de félicité et d'un nouvel ordre mondial, tout cela résultant d'une action humaine indépendante de tout secours surnaturel. Dans le monde meilleur que l'on attendait, chacun devait être garanti dans les droits relevant des trois catégories libérale, démocratique et sociale que sont les libertés personnelles, la participation effective au gouvernement de la communauté à laquelle on appartient, et un niveau de vie digne. Mais à ce premier moment de grandes espérances a succédé une grande désillusion. Après l'échec patent des promesses d'un nouvel ordre mondial, la désillusion est si grande qu'elle remet en cause les fondements mêmes de la démocratie occidentale.


De l'esprit bourgeois : Dossier   COLLECTIF

La société technologique représente vraiment l'esprit bourgeois à l'état pur (Del Noce). Le marxisme a eu pour effet de faire triompher l'esprit libertin sous la forme anarchique que nous connaissons aujourd'hui, le bourgeoisisme.


Le bourgeoisisme triomphant    Massimo TRINGALI

Le philosophe italien Augusto Del Noce, dont nous avons fait connaître à diverses reprises les positions fondamentales, est mort il y a tout juste dix ans, le 30 décembre 1989. Bien qu'il ait été l'auteur d'une œuvre considérable, il reste méconnu dans les pays de langue française. Une traduction partielle de son principal travail théorique, "Il problema dell'ateismo" (1964), a été publiée aux éditions Fac, en 1995, avec pour titre "L'irréligion occidentale", mais, par suite de problèmes internes à la maison d'édition, elle n'a pas connu jusqu'à ce jour la diffusion qu'elle méritait. Une autre œuvre, essentielle pour la compréhension du mouvement de mai 1968 et de ses conséquences sur notre société, "L'epoca della secolarizzazione" (1970), est actuellement en cours de traduction et paraîtra vraisemblablement dans l'année qui vient aux éditions des Syrtes. Une introduction en a été présentée par un jeune chercheur du Val d'Aoste, Massimo Tringali : " 1968, ou l'avènement de l'époque de la sécularisation " (Catholica, n. 62, hiver 1998-99, pp. 69-76). En prolongement, il en commente cette fois l'une des formules clés : " La société technologique [...] représente vraiment l'esprit bourgeois à l'état pur ".


Immortelle bourgeoisie    Thomas MOLNAR

A l'instar du chat proverbial, la bourgeoisie a neuf vies, même si de temps à autre cette classe se trouve dissoute, voire exterminée. Bref, la bourgeoisie, malgré son éclatement, est victorieuse. Voyons ce qu'il en est dans deux univers différents, les Etats-Unis et la Mitteleuropa, et prenons James Burnham comme " arbitre ". Cet ancien trotskiste américain des années trente, auteur d'un livre intitulé "The managerial revolution" (1941), examina en effet, il y a presque soixante ans, une étape décisive de l'évolution non seulement des Etats-Unis mais aussi de la société bourgeoise occidentale.


Entretien : L'avènement du globalitarisme    Paul VIRILIO

La guerre du Kosovo a rendu manifeste l'apparition d'un totalitarisme d'un nouveau genre. Ancien directeur de l'école spéciale d'architecture, Paul Virilio est connu pour ses travaux sur la technique. Il est notamment l'auteur de "L'art du moteur", au sujet duquel nous l'avions déjà interrogé, et de deux essais écrits à chaud pendant les deux dernières guerres du Golfe et du Kosovo, " L'écran du désert " et " Stratégie de la déception ", dont la lecture a servi de point de départ à l'entretien qui suit.


Un accord œcuménique en faux-semblant    Ansgar SANTOGROSSI

L'accord entre catholiques et luthériens use d'une méthodologie subversive pour le dogme : la communion est supposée rétablie, tandis que la diversité de foi demeure.


Cheminements et clarifications   Bernard DUMONT

Un congrès argentin de métapolitique, et la récente distension des liens entre le principal pôle de diffusion de la Nouvelle Droite en Italie et la " maison mère " française, suggèrent de dépasser le mythe de la conciliation des contraires en matière de philosophie politique, et acheminent vers des fondements plus essentiels.


Recherches : Nouveaux canaux du pouvoir    Alexis CAMPO

La transformation des méthodes de gestion administrative ne correspond ni au slogan " moins d'Etat, plus de société " ni à la prétention revendiquée de parfaite transparence. Exemple : la mise au point des programmes de l'Education nationale.


Philosophie : Sur l'ontologie grisonnante   Florent GABORIAU

La fin annoncée de la métaphysique n'ouvre pas forcément une nouvelle carrière à la philosophie mais assure au contraire celle des nouveaux philosophes.


De la métaphysique à la religion relativiste    Stéphen DE PETIVILLE

Analyse d'une œuvre de Panaïotis Kondylis sur la critique moderne de la métaphysique. Décédé en 1998, Panaïotis Kondylis, qui vivait entre Heidelberg et Athènes, est l'auteur de nombreux livres de philosophie politique dont "Die Aufklärung" ou encore "Der Niedergang der bürgerlichen Denk- und Lebensform". "Die neuzeitliche Metaphysikkritik" compte certainement parmi les plus importants. Il s'agit d'une histoire de la critique métaphysique depuis le nominalisme de Guillaume d'Occam jusqu'au néo-positivisme poppérien. L'intérêt de cette analyse est de montrer comment à la base du projet moderne il y a, pour reprendre les termes familiers au philosophe italien Augusto Del Noce, une forme d'hétérogenèse des fins. Tel Sisyphe, la modernité cherche sans cesse à se débarrasser de la métaphysique, mais celle-ci la rejoint immanquablement. Même le relativisme le plus complet postule implicitement que la vérité est qu'il n'y a pas de vérité.


La science suicidaire    Pierre LOUDOT

La science ne nous éclaire plus, elle nous éblouit. Réflexions autour d'un ouvrage de François Lurçat.


Commentaires : Sectes : l'enlisement    Gilles MIGNOT

Le mot d'ordre de la lutte contre les sectes, débordant largement les frontières françaises, ne donne pas seulement une pâture facile aux " nouveaux jacobins " médiatiques en mal de faits divers, mais nourrit également les éditeurs. Cela nous vaut beaucoup de productions sans valeur et qui se copient les unes les autres.


Le sac de Rome    Claude BARTHE

Remous en Italie à l'occasion des trente ans de la réforme liturgique


Lectures théologiques : Claude Geffré, un théologien conciliaire cohérent    Claude BARTHE


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Lectures (voir plus)...   


Documents : Liban : résistance culturelle et idéologie    P. Sélim ABOU

Ce texte réunit d'importants extraits d'une allocution prononcée par le recteur de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, le P. Sélim Abou, s.j., à l'occasion de la fête patronale de cette institution. Relativement ancien, (19 mars 1997), il a déjà été publié en divers endroits, notamment en traduction anglaise diffusée sur le réseau électronique. C'est un de nos abonnés qui a attiré notre attention sur son intérêt. Nous en publions volontiers, avec l'accord du P. Abou, de larges extraits, tant en raison de la gravité d'une situation locale qui n'a guère changé depuis trois ans, que des similitudes avec ce que nous connaissons en Europe. Ajoutons que l'année 2000 sera l'occasion de célébrer le 125e anniversaire de la fondation de cette vénérable Université, foyer culturel principal des chrétiens du Proche-Orient.

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