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Numéro  59 (Printemps 1998)  :  sommaire

 

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Contre le désarmement mental   Bernard DUMONT

Dans une situation de coupure culturelle avec le passé, le problème principal est celui de l'unité intellectuelle, en comparaison duquel l'activisme au jour le jour apparaît dénué d'intérêt. Nous nous lamentons devant la dispersion des esprits alors même que nous disposons de tout un patrimoine qui attend d'être exploité. Encore faudrait-il s'y plonger autrement qu'avec l'intention d'y rencontrer des recettes toutes faites, ou vider le sens de la démarche par une fuite dans la pure érudition. On voudrait ici retourner le mot d'ordre kantien : sapere aude, osez penser et juger ! Que l'on mette donc à profit la nécessité, en se haussant au-dessus des querelles d'écoles, pour aller aux fondements, se confronter aux formes de pensée situées au-delà des carcans de tous bords, se demander comment passer de la théorie à la pratique. Notre intention dans cette publication est d'y contribuer activement.


Vers l'ordination d'hommes mariés   Claude BARTHE

L'ordination de ministres de l'eucharistie mariés doit logiquement venir bientôt à l'ordre du jour. Si cela arrive, ce sera le signe d'une accélération de la sécularisation interne du catholicisme, inévitable si l'on se refuse à envisager des remèdes réellement à la mesure des maux.


Une campagne programmatique   Hugues DUCHAMP

Les projets de gouvernement de l'Eglise ne manquent pas aujourd'hui. Analyse de l'un d'entre eux : le National Catholic Reporter a publié au long du dernier trimestre de l'année dernière une série de onze articles de prospective sur " la papauté et le peuple de Dieu " destinés à être développés dans un livre à paraître, "The Papacy and the People of God" (Orbis Books), sous la direction de Gary MacEoin.


Dossier - l'histoire du XXe siècle sous surveillance : La " névrose comparatiste " et l'explication du XXe siècle   Frédéric ROUVILLOIS & Alexandra VIATTEAU

Le tumulte qui a accueilli le "Livre noir du communisme" montre la persistance d'un refoulement des vérités historiques dérangeantes. Mais l'exigence de vérité ne peut être étouffée indéfiniment. C'est un journaliste italien, Gad Lerner, qui a trouvé en la matière la formule assassine, en qualifiant de névrose comparatiste les évaluations comparées et la recherche des filiations théoriques et politiques entre les différents systèmes totalitaires. La question soulevée de la sorte est celle de la rectitude intellectuelle. L'idée même qu'il puisse subsister des portions entières d'histoire interdite est incompatible avec l'exigence de vérité. Quoi qu'il en soit des oppositions, cette exigence ne peut être étouffée, mais le moins que l'on puisse dire est qu'elle rencontre des obstacles.


Le précédent oublié   Jacques DUPAQUIER

L'historien et démographe Jacques Dupâquier vient d'achever, en collaboration avec Abel Poitrineau, une biographie en deux volumes du terroriste Carrier, en cours de publication aux éditions Etannets. Le premier volume rédigé par Abel Poitrineau s'intitule "Carrier : l'inventeur du crime contre l'humanité". Quant au deuxième, il est l'œuvre de Jacques Dupâquier et traite plus spécifiquement du procès. Il a pour titre "Carrier : procès d'un missionnaire de la Terreur". Cela lui permet de vérifier ce qu'écrivait François Furet : " Les jacobins ont eu des anticipations, et les bolcheviks des ancêtres. A la faveur de cette dévolution imaginaire, l'Union soviétique de Lénine s'est installée au poste de pilotage du progrès humain, dans la place que lui a gardée toute chaude, depuis la fin du XVIIIe siècle, la France de la Révolution " (F. Furet, " Le passé d'une illusion "). Il nous livre ici quelques réflexions sur cet autre secteur de l'"histoire interdite".


Les métamorphoses du totalitarisme : La société globale : une rupture avec les totalitarismes du XXe siècle ?   Alexandra VIATTEAU

Si le globalisme se réalise, nous connaîtrons un collectivisme capitaliste " à visage humain ". Le démantèlement du mur de Berlin, suivi de l'éphémère mais très symbolique culte rendu à la " déesse démocratie " par les émeutiers de la place Tien An Men en 1989, ont accrédité la thèse d'un effacement définitif de l'ère des totalitarismes. Par le fait même, et malgré de cinglants avertissements tendant à montrer que les mauvaises mœurs persistent (Bosnie, Somalie, Rwanda, Irak, Algérie), nous sommes censés vivre au seuil du meilleur des mondes, dans un " Etat de droit " appelé à s'étendre inévitablement à la planète entière. Qu'en est-il en réalité ? Tout dépend du critère que l'on prend pour référence. " Libérale ou marxiste, ce qu'on appelle la société moderne n'a cessé d'affaiblir la résistance morale de l'homme au profit de son efficacité sur les choses. Pourquoi dès lors opposerions-nous le libéralisme au marxisme, puisqu'ils sont seulement deux aspects d'une même démission de l'homme en face de sa destinée ? " (Georges Bernanos, "La liberté pour quoi faire ?", Idées/Gallimard, 1972, p. 187). Voilà qui étend le problème bien au-delà de la comparaison entre communisme et nazisme.


Entretien : L'eugénisme : une délicate valeur commune   Peter KOSLOWSKI

En démonisant le national-socialisme, on cherche bien souvent à dédramatiser et à absoudre tout ce qui a pu se passer par ailleurs .Nous avons rencontré Peter Koslowski, directeur du Forschungsinstitut für Philosophie de Hanovre, à l'occasion d'une session du Collège international de philosophie, en novembre dernier à Paris. Nos lecteurs trouveront plus loin une présentation synthétique des grands axes de ses travaux.


Les leçons de Peter Koslowski face à la postmodernité   Jacques-H. DOELLMANS

Introduction à l'un des aspects importants de la pensée d'un philosophe allemand, en dialogue critique avec Jürgen Habermas, Odo Marquard, Claus Offe.


Le démocratisme   Friedrich-H. TENBRUCK

La démocratie a une histoire au plus haut point singulière. Ce qui nous intéresse ici est cette particularité que l'idée toute simple d'une forme d'Etat destinée à protéger contre le pouvoir arbitraire ne cesse de déboucher sur la croyance que la démocratie serait la meilleure ordonnance pour la solution de tous les problèmes politiques, sinon même d'autres problèmes, et la garantie, en conséquence, d'un monde meilleur


Histoire contemporaine de l'Eglise : Des prêtres-ouvriers à Vatican II   Claude BARTHE


Chemins qui ne mènent nulle part   Alexis CAMPO


Dérives dans la théologie des religions   Claude BARTHE

Autour d'un livre de Jacques Dupuis. Jacques Dupuis, jésuite, professeur émérite à l'Université Grégorienne, aujourd'hui l'une des figures marquantes de la théologie des religions, vient de publier un ouvrage particulièrement important pour comprendre ce qui se passe à l'intérieur de ce canton explosif de la réflexion postconciliaire : "Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux".


Inculturer, ou libérer ?   Joseph MENU

Bien avant le regain de faveur commerciale répondant à un besoin diffus de religiosité, hindouisme et bouddhisme ont exercé un attrait profond sur beaucoup d'esprits, le syncrétisme guettant non seulement des intellectuels occidentaux en rupture de christianisme que les théologiens pris au piège du dialogue interreligieux. Le prochain synode sur l'Asie, qui doit s'ouvrir à Rome à la mi-avril, abordera nécessairement la question sous ce dernier aspect. Le père Joseph Menu, ancien missionnaire lazariste à Madagascar, a eu des contacts directs avec des hindous et des bouddhistes de niveaux culturels différents. Il a surtout connu personnellement la tentation de la rationalité du monisme hindou, qui s'est présentée à lui alors qu'il était au séminaire et à laquelle il a cédé avec fougue pendant toute une période. Il répond ici aux questions que nous lui avons posées sur l'objet, les raisons et les dangers de cet attrait.


Attraits et impasses du néo-paganisme   Thomas MOLNAR

Réflexions sur un bilan désanchanté de la Nouvelle Droite.


Lectures (voir plus)...   


Bibliographies (voir plus)...   


Varia : Réactions et commentaires aux deux derniers livres de Claude Barthe   Dom COURAU

La parution de notre livre d'entretiens "Reconstruire la liturgie" (François-Xavier de Guibert, novembre 1997) s'avère rejoindre un ensemble convergent de réflexions et préoccupations concernant l'avenir de la réforme conciliaire de la liturgie romaine. Nous publions ici des extraits de trois textes d'objets et de styles très différents, mais qui entrent à leurs degrés respectifs dans une discussion qui va continuer de grandir. Le premier provient de la transcription d'une conférence que nous adresse Dom Courau, abbé de Triors, et qu'il a prononcée le 8 novembre 1997, à Tours, dans le cadre des Rencontres martiniennes. Le second, extrait d'une des lettres reçues après la parution de "Reconstruire la liturgie", exprime une réaction " de la base ", tout à fait représentative de celles manifestées par des pratiquants mécontents — on pourrait dire souffrants — de la liturgie nouvelle. Le troisième petit texte est la conclusion de l'article du P. Pierre-Marie Gy, " Riformare la riforma liturgica o conoscerla meglio ? "


En marge d'une controverse  

Dans un article de la revue Commentaire, Jean-Miguel Garrigues, moine et prêtre du diocèse de Lyon s'est livré à une critique de l'ouvrage de Claude Barthe, "Trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? Une crise de l'Eglise, histoire et questions" centrée sur la question de la liberté religieuse. Claude Barthe a répondu par " Une réplique sur le droit et la tolérance " (Commentaire). L'échange se concluant par une courte réponse de J.-M. Garrigues. Florent Gaboriau apporte ici sa contribution au débat.

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