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Numéro  50 (Hiver 1995)  :  sommaire

 

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Infaillible ?   Claude BARTHE

A la racine du mal qui afflige aujourd'hui l'Eglise est ce principe d'abstention : ne pas juger. Il s'applique depuis le Concile, tant aux choses de la discipline qu'aux discussions portant sur la foi. " Ordinatio sacerdotalis " a manifesté cependant le dessein de se prononcer de manière irréformable. Mais le pontife romain peut-il vouloir confirmer ses frères sur un point seulement et les laisser dans le doute ou l'erreur sur d'autres ?


Lire Del Noce   Bernard DUMONT

A l'occasion de la parution en français de " L'irréligion occidentale ", une présentation des principales conceptions du philosophe italien concernant la société postmoderne. Effectivement la pensée de cet homme assez inclassable est riche à la mesure de son érudition et de sa connaissance intime des courants d'idées de notre siècle. Les seuls extraits publiés dans l'édition française montrent qu'il existe bien des entrées dans son œuvre. L'une d'elles, la principale probablement, concerne la recherche du ressort intime de notre société, ressort qu'il s'agit de découvrir, selon une méthode propre à l'auteur, à travers l'histoire philosophique de l'ensemble du monde moderne. Nous tâcherons ici de suivre les principales étapes de ce parcours.


Del Noce et la société opulente   Tito PERLINI

Del Noce considère que dans le marxisme, l'athéisme atteint son point culminant, le seuil à partir duquel de négatif, il devient positif. Or voilà que le marxisme subit une crise qui constitue par certains côtés sa victoire, dans la mesure où il voit ses principales requêtes réalisées un peu partout, mais qui marque en même temps sa défaite, en ce sens qu'en se généralisant à toute la société, il s'embourgeoise. Le marxisme provoque ainsi l'émergence du bourgeois à l'état pur. Le bourgeois à l'état pur, c'est le marxiste accompli. Et c'est dans le milieu où on le rencontre que prévaut la mentalité d'irréligion naturelle.


Le ressentiment, du romantisme à la postmodernité   Eudaldo FORMENT GIRALT

Dans le mouvement postmoderne actuel, on rencontre certaines des caractéristiques essentielles de la génération romantique et de nombreux éléments qui en dérivent. D'une part, le romantisme, compte tenu des modifications spécifiques dues aux différents changements historiques, a perduré jusqu'à nos jours. D'autre part la postmodernité, malgré le préfixe " post ", n'est pas en dehors de la modernité - elle critique ses étapes antérieures, mais elle reste dans son vaste cadre. On peut dire qu'elle représente la consommation de ses derniers développements. Une relecture de L'homme du ressentiment, de Max Scheler.


Entretien : L'ennui ordinaire   Véronique NAHOUM-GRAPPE

Chercheur à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS), Véronique Nahoum-Grappe a publié un ouvrage intitulé "L'ennui ordinaire" (Austral, Paris, mai 1995). Il s'agit d'une phénoménologie de l'ennui, dans laquelle est montrée l'importance de cet état de l'âme contemporaine, diffus ou aigu, comme dimension objective du milieu social, et, du fait même, comme élément de mesure de l'état moral de la société. L'ennui permettrait, mieux que la fameuse grenouille de la météo, de vérifier le temps social qu'il fait. Or, après la faillite des derniers mythes mobilisateurs, marxisme et tiers-mondisme, les seuls modèles qui restent offerts à l'homme postmoderne sont ceux que lui proposent la publicité et les médias — modèles de consommation, de loisirs et de styles de vie —, mais comme tout cela n'est qu'illusion, la déception et l'ennui sont inévitablement au bout du chemin. V. Nahoum-Grappe a l'art d'observer, comme dans le passage suivant (pp. 291-292 de son livre) : " L'ennui, l'enterrement vivant dans un lieu de rêve, aggrave la dévastation intérieure, son aspect irrémédiable, la définition radicale, définitive, du monde environnant. Il y a une deuxième frontière de l'ennui pour celui ou celle qui ont franchi le pas du "vivre différemment", du "vivre vraiment" [...] L'ennui au cœur de la fête, du lieu paradisiaque est plus désespéré : c'est ce deuxième front de l'ennui qui pousse vers les psychotropes salvateurs, qui garantissent au moins des étrangetés intérieures ".


Gloire et honte de Lépante   Jean DUMONT

Disons tout de suite qu'un nombre non négligeable de Français individuels combattirent volontairement à Lépante. Et que plusieurs d'entre eux s'y couvrirent de gloire. Mais l'entité France globale, l'Etat français parisien d'alors, eut à l'égard de la Croisade de Lépante une attitude absolument négative, confinant à la trahison.


La vie, un paradoxe ?   Pierre LOUDOT (m.s.c.)

Imaginons une mouche pensante et qui n'admet inconsciemment d'autre univers que celui des mouches auquel elle tâche de réduire tout ce qu'elle appréhende. La voici donc partie à la conquête du savoir, fixée à cet a priori instinctif qu'elle prend pour un principe et que nous appelons, nous autres humains, un préjugé. La rencontre inattendue d'un éléphant la déconcerte - elle voit dans ses défenses, prises pour des antennes et dans la trompe, un caractère de famille. Elle cherche, dans le casier des mouches, où loger ce lourd parent. Il est curieusement dépourvu d'ailes et ne peut donc voler. Il est à la fois mouche et non-mouche. Quelle aporie ! Comment comprendre à la fois le concevable et l'inconcevable ? "Le paradoxe de la vie", de Francis Kaplan, manifeste d'étranges perplexités d'où l'universitaire tourangeau semble ne pas pouvoir sortir.


Commentaires : Les gardiens de la foi   Claude BARTHE

Paris, dimanche 24 septembre 1995, dans le Parc floral du bois de Vincennes. Le P. Paul Valadier, jésuite, martèle : " Si les fidèles deviennent conscients des enjeux théologiques, des enjeux spirituels, des enjeux bibliques, eh bien ils ne recevront plus les slogans simplistes que j'ai dits tout à l'heure en ouvrant le bec : ils les critiqueront. Ils ne liront plus les encycliques la bouche ouverte : ils y verront les erreurs, les approximations et les simplismes qui y pullulent ".


Election en Pologne   Alexandra VIATTEAU

Après l'année " Voltaire ", nous quittons l'année de la " tolérance ", qui alla si loin que des Français laïcistes, tel le publicitaire Séguéla à l'incitation de ses amis politiques français et polonais, aidèrent à faire élire un Président néo-communiste en Pologne catholique. Victoire convergente et équivoque de communistes aimant le capital et de libéraux n'aimant pas l'Eglise. Les Polonais sont tombés dans le piège que leur tendaient, depuis 1989, non seulement les communistes, mais aussi une partie de la gauche laïque de Solidarité qui a profité d'alliances chrétiennes pour justifier cette marche vers la " société ouverte ".


Entretien : Le traitement cathodique du terrorisme   Henri-Pierre JEUDY

Le problème déontologique des médias sera impossible à résoudre tant que l'on continuera d'absolutiser la liberté du marché de l'information au nom de la liberté d'expression. Henri-Pierre Jeudy, sociologue et chercheur au CNRS, est l'auteur de " L'éloge de l'arbitraire ". Dans ce livre où il s'insurgeait en particulier contre un monde de pluralisme excluant toute violence dans la critique, il en appelait au " libre-arbitraire " de chacun pour s'opposer à la pensée totalitaire. Il analyse ici les interactions entre la présentation que les médias peuvent faire d'un événement et la réponse politique qui lui est donnée, réponse qui ne peut être, bien sûr, que celle du direct, de l'émotion, de l'apparence. Pour cela, il prend appui sur la manière dont a été traitée la récente vague d'attentats islamistes.


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