Rubriques

Numéro  49 (Automne 1995)  :  sommaire

 

Archives

Index auteurs

Liste des thèmes

Sommaire par dates

Recherche avancée

 

accueil sommaires Numéro 49


De l'autodémolition à l'autoparalysie   Bernard DUMONT

Dilution de l'autorité dans la collégialité, couardise des meilleurs, absorption dans l'édredon médiatique : tout se passe comme si au binôme responsabilité personnelle / unité centrale, s'était définitivement substituée une dilution générale des responsabilités qui fait que, même lorsqu'une voix s'exprime de manière hiérarchique, celle-ci est résorbée de manière à peu près automatique dans le grand édredon que constitue la nouvelle structure, en fait véritable contre-pouvoir purement parasitaire. Il en résulte une impression générale de paralysie, impression partagée par tous les catholiques, à quelque tendance qu'ils appartiennent : l'Eglise est devenue, en tant qu'institution humaine, un vaste système d'autoparalysie.


Dossier - L'avenir de la culture : De l'impropriété comme signe de la barbarie   Dominique MILLET-GÉRARD

Le langage vide est un des périls les plus graves de notre époque, d'autant plus inquiétant qu'il n'est point conjuré, mais au contraire encouragé par une école qui ne donne nullement aux enfants les moyens d'exercer leur intelligence sur le premier objet auquel elle devrait s'appliquer. Le grand danger qui nous menace en effet aujourd'hui est un projet concerté et mis en œuvre d'enfermer les jeunes générations dans une référence unique et désespérément étroite au monde strictement contemporain et aux " réalités " auxquelles elles sont quotidiennement confrontées. Si les invraisemblables fautes de langue que nous avons relevées sont un indice criant d'un manque de familiarité avec la grande tradition écrite française, il est d'autres signes, plus inquiétants peut-être encore, d'une rupture radicale avec une conception culturelle des formes du passé


Entretien : L'école des contradictions   Jean-Claude MILNER

Une évaluation du système d'enseignement français par un spécialiste de la linguistique. Jean-Claude Milner enseigne la linguistique à l'Université Paris VII. Il est l'auteur de " L'œuvre claire ". Auparavant, outre un certain nombre de livres sur le langage, il avait également abordé dans " De l'école " les questions pédagogiques, importantes pour un linguiste dans la mesure où elles touchent à la formation de l'individu et à la transmission du savoir. Ce livre, qui entraîna en son temps de vives discussions, permet de bien comprendre l'état d'esprit animant l'ensemble des politiques éducatives d'après-guerre.


Catholicisme social et catholicisme intégral : Charles Maignen et le catholicisme intégral   Claude BARTHE

Aux origines des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul. Nous voudrions évoquer ici deux figures particulièrement représentatives de cette congrégation, dont les origines sont en fait les mêmes que celles du catholicisme social, le Frère Maurice Maignen (1822-1890), l'un des trois fondateurs, et d'abord son neveu le Père Charles Maignen (1858-1937), figures marquantes du catholicisme français (1858-1937), particulièrement représentatives de la tendance hostile à la politique de Ralliement.


Entretien : Maurice Maignen et les débuts du catholicisme social   Alphonse BRÉGOU

Alphonse Brégou, ancien directeur de l'Institut Social de Formation de la CFTC, éclaire le rôle de Maurice Maignen dans l'Œuvre des Cercles, qui a donné son impulsion initiale au catholicisme social, et qui fut l'un des fondateurs des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul (1822-1890).


Prestige de l'illusionnisme   Pierre LOUDOT, m.s.c.

Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Ces questions connotent une vieille apologétique et les réponses chrétiennes d'un temps oublié, elles sont pourtant celles de l'homme même. L'homme est une interrogation vivante, une angoisse de son être - son être même est angoisse, qui ira jusqu'à se résigner à son impuissance, à désespérer devant sa question. On n'a rien dit, on n'a rien résolu tant qu'on n'a pas répondu à ces problèmes. L'humanité est en quête de sens, mais elle n'en aura point sans impliquer dans sa globalité un sens pour chaque homme. Chacun y va de sa recette, mais en négligeant souvent cette dernière exigence, retour, par exemple, à la termitière marxiste. L'humanité n'est sauve que si chaque homme l'est en particulier et si l'on y rassemble aussi ceux du plus lointain passé. Plaidoyer implicite et exclusif pour le christianisme, dira-t-on. Et, si c'était, après tout, la bonne voie ? Qu'importe ! Ce qui vient d'être formulé exprime, indépendamment de tout système, les critères de vérification des théories du sens. Ce qui va être dit dans la suite de cet article concernant plus particulièrement les prédictions scientifiques de ce que l'on va nommer " l'homme symbiotique ", tombe d'avance sous le verdict de ces critères.


La santé parfaite   Lucien SFEZ

C'est avec l'aimable autorisation des Editions du Seuil que nous reproduisons ci-après quelques passages du livre de Lucien Sfez, qui paraît en même temps que le présent numéro de Catholica, sous le titre "La santé parfaite. Critique d'une nouvelle utopie". L'auteur, lors d'un récent entretien nous annonçait l'épuisement du mythe de la communication, auquel il a consacré de nombreuses études, et l'apparition d'une nouvelle utopie appuyée sur les possibilités presque illimitées des biotechnologies. Ce basculement se produit dans une étrange atmosphère, puisqu'il associe une cosmogonie du type Nouvel Age à la mise en place d'un système technico-industriel annonciateur des pires formes d'emprise totalitaire. Il manifesterait aussi en même temps le dépérissement du moment postmoderne, c'est-à-dire de la crise de déconstruction qui a affecté le système moderne après l'échec retentissant des idéologies révolutionnaires, et son remplacement par une nouvelle forme de pensée forte, ou de démence prométhéenne : la " Grande Santé ", ou " bio-éco-religion ", qui ne prétend pas moins qu'à apporter à l'homme l'immortalité.


Evolution et société   Peter KOSLOWSKI

A la frontière des sciences sociales et naturelles, la sociobiologie constitue l'une des dernières trouvailles venues s'insérer dans le concert des disciplines scientifiques Au même titre que la physique sert de base à la chimie et celle-ci à la biologie, la biologie scientifique évolutionniste devient chez Wilson, la science fondamentale des sciences sociales, fournissant à celles-ci, par le biais de la génétique et de la recherche comportementale, les schémas d'explication et les théorèmes fondamentaux des comportements sociaux. Les phénomènes comportementaux simples, observés chez les animaux, sont considérés du fait de la sélection naturelle comme autant de stratégies visant à maximiser les chances de survie. A partir de l'observation de ces phénomènes, on peut alors étendre ce modèle explicatif aux formes plus complexes du comportement social humain.


Politiquement correct : Le crépuscule de l'Occident   Jean-Claude CHESNAIS

De la difficulté du chiffrage exact de la population immigrée en France et des critiques qui fondent sur ceux qui s'y essaient. Nous avons publié précédemment le compte rendu d'une réunion de travail qui s'était déroulée à Paris en mai dernier, autour du thème du " politiquement correct " (cf. Catholica, n. 48, été 1995). Nous n'avions cependant pas reproduit les interventions concernant une illustration particulière du phénomène, en l'espèce l'interdit de réalisme pesant sur l'évocation de l'avenir démographique de la France et des autres pays d'Europe. On trouvera ci-après la transcription des deux exposés successifs des démographes Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier. Le premier évoque le contenu de l'ouvrage qu'il vient de publier récemment, " Le crépuscule de l'Occident " et les résistances auxquelles il s'est heurté. Le second fait part de son expérience au sujet du tabou de l'immigration.


Le tabou de l'immigration   Jacques DUPAQUIER

L'Europe dont le génie a vivifié le monde pendant des siècles est en train de se suicider démographiquement. Mais rien n'en transparaît dans les discours tenus par les politiques. Pourquoi ?


Du communisme au globalisme   Alexandra VIATTEAU

L'avatar de propagande social-démocrate (la social-démocratie était à l'origine la branche politique de l'idéologie marxiste), convergeant avec une certaine propagande libérale et libertaire vers un matérialisme et un hédonisme communs, cherche, au prix de sa restructuration (perestroïka) radicale, à continuer de couler dans un moule adéquat les sociétés et les nations en voie de " mondialisation ". L' " Internationale " subit l'avatar " global ".


Le rêve américaniste   Thomas MOLNAR

Les néo-conservateurs américains sont à la recherche d'une idéologie religieuse à la mesure des ambitions mondialistes des Etats-Unis. Leur ouverture œcuménique séduit quelques stratèges des bureaux vaticans, qui entrevoient une chance de trouver un nouveau bras séculier en harmonie avec l'esprit de Vatican II.


Commentaires : Une porte ouverte   Claude BARTHE

Tout enfant du catéchisme sait (savait) que la messe ne peut être célébrée qu'avec du pain de froment et du vin. Rien sur ce point n'a changé depuis le Concile. Mais voici qu'une lettre circulaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi adressée aux présidents des conférences épiscopales, publiée le 12 septembre 1995, vient d'édicter des normes sur cette question. En traitant notamment du " mustum ", elle l'entend non comme un vin en cours de formation, mais comme " jus de raisin frais ou bien conservé en suspendant la fermentation ", c'est-à-dire comme une boisson dont on fait en sorte qu'elle ne puisse s'alcooliser. Prenant à son compte une opinion théologique pour le moins discutable, elle autorise les Ordinaires à en permettre l'usage aux prêtres ne pouvant supporter l'alcool. Cependant, la lettre se garde soigneusement de parler de matière valide. A noter, au passage, qu'elle concerne de soi tous les rites catholiques.


L'Eglise et l'embryon   Thomas DESWARTE

Un certain nombre de débats ont donc laissé l'impression d'un changement de position de l'Eglise vis-à-vis de l'embryon et de l'avortement, car l'assimilation de tout avortement à un meurtre suppose une reconnaissance de l'embryon comme un être humain à part entière dès sa conception, et non pas au terme d'une période. Ces affirmations jettent la confusion dans les esprits. Paul VI nous aurait-il trompé en déclarant que l'enseignement de l'Eglise en faveur de la vie " n'a pas changé et qu'il est inchangeable " ? De là, les contradictions apparentes de la doctrine de l'Eglise ne remettent-elles pas en cause l'autorité qu'elle revendique ? Or, la doctrine de l'Eglise dans la défense de la vie s'est élaborée notamment par le biais de la lutte contre les pratiques contraceptives et surtout contre l'avortement. Mais, si elle est la première personne morale à condamner ce dernier comme un meurtre et à lutter contre toute contraception, elle est aussi une institution divine et humaine, tributaire des connaissances scientifiques.


Lectures (voir plus)...   


Bibliographies (voir plus)...   

Thomas Molnar a souhaité nuancer l'analyse du renouveau des prétentions technocratiques présentée par Claudio Finzi dans le précédent numéro de Catholica sur " La donnée technocratique ".

retourner à la liste des numéros

 

Retour accueil site archive - Copyright © catholica 2010