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Numéro  48 (Eté 1995)  :  sommaire

 

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Mise en cause   Bernard DUMONT

Tel le discours d'Antigone à Créon, Evangelium vitae (25 mars 1995), en opposant la loi de Dieu à celle de la majorité, met en cause, ne serait-ce qu'indirectement, les principes fondateurs du système social moderne.


Les paroisses mortes de Georges Bernanos   Claude BARTHE

Les années vingt apportèrent au catholicisme français un soulagement sensible. Les nécessités de " l'Union sacrée ", lors de la Grande Guerre, avaient fléchi l'anticléricalisme furieux du début du siècle : parce que le clergé régulier comme séculier avait participé à la lutte, la politique d'expulsion et d'exclusion se devait de faire relâche. Mais que pouvait valoir pour les catholiques la paix religieuse qu'on leur offrait, ou cet arrangement que, las de la persécution, ils s'empressaient de prendre pour telle ? Nous voudrions répondre en nous appuyant sur le témoignage que Georges Bernanos donna dans son œuvre — non pas, avec les nuances et la mesure d'un historien, mais avec une sensibilité d'écorché vif — sur ce moment de pacification correspondant au pontificat de Pie XI, et qui fut décisif pour l'Eglise de France et témoignage sur le " second Ralliement " du catholicisme français dans l'entre-deux-guerres.


La donnée technocratique   Claudio FINZI

Entre la fin des années cinquante et le début des années soixante, un débat très vif s'est développé aux Etats-Unis sur la fin de l'idéologie, essentiellement autour du livre du même titre de Daniel Bell, " The end of ideology ", qui a connu neuf éditions ou réimpressions jusqu'en 1988. Ce thème est alors devenu si important et si commun que le président américain John F. Kennedy l'a repris à son compte dans un discours prononcé à l'Université de Yale en 1962. Ce discours était d'autant plus significatif qu'il avait été rédigé par Arthur Schlesinger, un intellectuel et homme politique de renom. Que veut dire fin de l'idéologie ? ". La pensée technocratique nie les réalités politiques et nationales et veut arriver à un monde globalement intégré dans lequel les hommes ne soient que les instruments de l'organisation économique totale. On a bien l'impression que l'écroulement du mur de Berlin a laissé le champ libre à de telles prétentions.


Entretien : L'utopie communicationnelle est dépassée   Lucien SFEZ

Le téléphone, l'audiovisuel, le numérique... Tout le monde attend la septième merveille du monde. Le problème, c'est qu'une fois le déferlement passé, il n'y aura plus de nouvelle frontière . Professeur de science politique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne), Lucien Sfez décode depuis plus de vingt ans les discours et les pratiques de son époque pour dévoiler la part d'idéologie qui s'y cache. S'il s'est attaché à cette mission, c'est parce qu'il considère que ce travail de mise à distance et d'interprétation est nécessaire pour éviter de tomber dans le piège du conformisme qui est une autre espèce de l'idolâtrie.


Excursus : Politiquement correct : De la pression verbale à la répression conceptuelle   Bernard DUMONT

La guerre froide avait assuré les beaux jours des compagnons de route du parti communiste, dont Sartre restera, par-delà ses appartenances fluctuantes, le symbole le plus caractéristique. Cette époque est en principe close aujourd'hui. Pourtant en dépit du choc brutal ressenti par beaucoup d'intellectuels — les mêmes souvent qui éprouvent une forte conscience du vide théorique sur lequel repose la sacro-sainte démocratie —, tout se passe bien différemment de ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une renaissance ou même à une libéralisation. Pourquoi cela ? L'arrivée du politically correct importé des Etats-Unis, avec ses obsessions lexicales et son contrôle conceptuel, vient se greffer sur le terreau tout préparé du terrorisme intellectuel d'après 1968.


La suspicion rétroactive   Jean-Marie DOMENACH

Lorsque l'intimidation communiste eut cessé de peser sur l'intelligentsia française, celle-ci aurait pu en profiter pour retrouver sa liberté de recherche et d'expression. Il n'en a rien été. L'explosion de mai 68 s'est vite enlisée dans un terrorisme intellectuel dont le fumeux : " D'où parles-tu ? " est devenu le symbole. Alors, s'est mis en place un système de domination dont il serait trop long d'analyser la nature et les procédés. Le courant gauchiste, issu de mai 68 et de la décomposition du marxisme stalinien, fit alors sa jonction avec une sorte d'anarchisme de luxe, prônant l'égalité absolue de toutes les formes d'expression. C'est elle qui continue de régner dans les milieux intellectuels et artistiques, et dans une partie de la jeunesse.


Aspects du néo-antiracisme   Paul YONNET

L'antiracisme ne s'est jamais contenté de lutter contre des préjudices ou des sévices subis en fonction d'une origine raciale ou ethnique. Il a toujours inscrit cette lutte (en elle-même indispensable) dans des projets de société : autrefois, le projet égalitaire et individualiste (démocratique et républicain) lorsqu'il s'agissait d'abolir l'esclavage des Noirs, la promotion des ethnitudes s'il fallait décoloniser, aujourd'hui : la promesse d'une harmonie panraciale et multiculturelle à la française.


Un Etat de droit à géométrie variable au service d'un moralisme à sens unique   Jean-Jacques WUNENBURGER

Nos sociétés démocratiques semblent soudain en proie à un sursaut de moralisme civique qui trouve dans le respect du droit un outil de réforme sociale. Après avoir sacrifié durant des décennies les situations concrètes des hommes, au nom de grandes constructions idéologiques, elles rivalisent subitement en discours pathétiques sur les conditions de vie, en programmes d'intervention humanitaire, en invocations de droits de l'homme sacralisés, etc. Faut-il alors prendre au sérieux cette conversion des autorités, des institutions des médias, a-t-on vraiment affaire à une véritable moralisation de la société grâce à une mobilisation de l'ensemble des responsables de la vie publique autour d'un retour aux droits supposés bafoués ?


Quel sens pour l'histoire humaine ?   Pierre LOUDOT

Par quelle formule générale définirions-nous l'historicisme ? Karl Popper semble en préciser au mieux la nature dans ce qu'il appelle la doctrine historiciste de base — doctrine selon laquelle l'histoire est régie par des lois particulières dont la découverte permettrait de prédire le destin de l'homme ". Ceci revient à demander sous forme interrogative : " L'histoire a-t-elle un sens ? ". " A mon avis, elle n'en a pas ", répond Popper après une laborieuse étude ". La " société ouverte " dont l'idée a été vulgarisée par Karl Popper, récemment décédé, est aussi inconsistante que le relativisme sur lequel elle est fondée. L'impuissance d'une science dont on attendait jusqu'ici le salut doit permettre à l'homme de chercher ailleurs son espérance.


Spinoza, philosophe moderne   Thomas MOLNAR

Après Descartes, mécontents de sa division du connaissable en un domaine intellectuel et un autre, spatial ou physique, Spinoza, Malebranche et Leibniz cherchèrent à réunir, chacun de leur côté, ce qui venait d'être ainsi séparé. Spinoza en surplombant la division par la Substance unique (" Dieu "), Malebranche en postulant la simultanéité (" occasionnalisme ") entre les deux moitiés — Dieu intervient chaque fois pour raccorder le physique et le mental — et Leibniz en imaginant le système universel des monades, chaque monade étant libre et coordonnée par la puissance divine. La spéculation spinoziste marque le point de départ du projet totalitaire moderne, qui prétend arriver à la liberté absolue par l'insertion dans la nécessité universelle.


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Débats : Les catholiques et le marché, entre " conviction " et " responsabilité "   Bernard DUMONT

La position des catholiques en matière économique n'a pas toujours été très claire, et ne l'est encore pas. Les contraires se succèdent, de l'eschatologisme socialiste, communiste ou tiers-mondiste à l'incarnationnisme du marché libéral. Pourquoi en va-t-il ainsi ?


Islam, laïcité   Bernard DUMONT

Si la laïcité doit trembler, c'est donc seulement du fait que l'islam français requiert aujourd'hui le respect du droit commun — même s'il n'était pas hors-la-loi jusqu'ici —,peut-être aussi parce qu'il entend " affirmer son identité et assurer la défense de ses valeurs " d'une manière éventuellement moins inexistante que ne l'ont fait les représentants de la religion anciennement majoritaire, aujourd'hui asservie et consentante. On comprend dans de telles conditions comment, pour des raisons opposées, partisans du discours fort sur la laïcité et catholiques-libéraux puissent se retrouver autour de la même tentative de la dernière chance qu'est la " nouvelle laïcité ".


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