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Numéro  45 (Octobre 1994)  :  sommaire

 

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Le Concile et la messe   Claude BARTHE

Les profondes évolutions intervenues à l'occasion de Vatican II, tant dans la conscience que l'enseignement hiérarchique a de lui-même que dans la liturgie, auraient-elles modifié ce rapport dogme-culte ? Nous parlerons ici de la messe dont, en raison de sa nature, la réforme a le plus touché, et de la manière la plus significative, l'ensemble des catholiques. Sous l'aspect que l'on pourrait qualifier de formel (la prière publique est réglée par le magistère hiérarchique) il n'est pas douteux qu'il y a eu une prise de distance, ou ce qui revient au même, une adaptation au nouveau mode de compréhension de l'autorité dans l'Eglise. De même, sous l'aspect matériel, on trouve dans la liturgie nouvelle un reflet de l'état correspondant de la doctrine.


L'idéologie à l'heure de la complexité   Bernard DUMONT

Il est admis que nous vivons la fin des idéologies. En réalité, cela fait un moment que cette disparition est annoncée, bien avant la démolition du mur de Berlin. En 1960, l'Américain Daniel Bell a consacré un livre à la question, précisément intitulé " The end of ideology ". Cependant cette évolution est loin d'être simple. D'une part il faut se méfier, par principe, des disparitions intempestivement proclamées pouvant masquer de dangereuses recompositions. De nombreux signes indiquent qu'en l'espèce il vaudrait mieux parler de métamorphose que de dépérissement. D'autre part, avant même d'examiner de plus près ce qu'il en est de la disparition des idéologies, et donc de l'idéologie comme telle, il conviendrait de bien identifier ce que recouvre ce vocable fortement pipé. Cette difficulté sémantique, très généralement mais aussi très inefficacement déplorée, est particulièrement significative dans la mesure où l'apparition du mot sur laquelle elle porte est contemporaine de la mise en place du système politique moderne, sous toutes les formes qu'il a connues.


Entretien : Les nouveaux Sophistes   Romain LAUFER & Gilles MIGNOT

Parler de fin du politique est assez ambigu. S'il faut en effet constater que la politique en tant que prudence a bien disparu, cela ne signifie évidemment pas pour autant qu'il en est allé de même de toute action étatique, mais plutôt que celle-ci a perdu ses repères extérieurs. Il existe toujours une action " publique " au service d'un " Etat " (d'un Prince) même si l'on n'en connaît plus très bien la nature, politique ou privée. Cette activité n'ayant plus la force de l'autorité pour s'imposer doit essayer de le faire par d'autres moyens : la violence étant exclue, il lui reste à rechercher l'adhésion des " sujets " par la persuasion en vue du consensus social. La propagande existe bel et bien, mais ses modalités sont devenues plus fines et plus sournoises car le droit du plus fort est plus difficile à exercer qu'auparavant (le fort lui-même ayant semblé préférer cet allégement de responsabilité).


A la mémoire de Jean Brun et de Marcel De Corte : La mort les rassemble   Bernard DUMONT

Marcel De Corte est décédé quelques mois à peine après Jean Brun. Le premier, un Belge partisan résolu de la royauté, philosophe thomiste et plus encore aristotélicien, professait un catholicisme " préconciliaire ". Le second, originaire du sud-ouest de la France, était luthérien, n'aimait guère Aristote et encore moins saint Thomas. Pourtant une fréquentation des œuvres respectives des deux philosophes que séparait en outre l'âge (presque une génération) montre une étroite communauté de jugement sur la condition humaine en général et la condition toute spéciale de l'homme du XXe siècle, dont le mal provient avant tout de la perte de l'intériorité.


A la mémoire de Marcel De Corte.   D. CASTELLANO

Marcel De Corte, en nous reproposant le réalisme, a indiqué la nécessité de nous " ouvrir " à l'étant, une essence jointe à l'être qui la rend existante, comme Aristote l'avait fait, même si ce dernier, comme l'a remarqué par exemple Gilson, n'est pas arrivé à la définition de l'être mais seulement à son individuation, se heurtant à des difficultés aussi importantes que celles qu'avaient connues Platon avec son ontologie de la participation. Aristote, du reste, bien qu'il se soit posé la question de l'origine de la vie, n'a pas pu en fournir une.


Jean Brun, un polémiste tragique.   J.-J. WUNENBURGER

L'érudition rigoureuse, si elle est bien condition pour entrer en contact avec les autres pensées, ne saurait être cultivée pour elle-même, comme un ornement brillant, derrière lequel on se cacherait pour n'avoir pas à penser personnellement. Rien ne paraissait à Jean Brun aussi plus futile et dérisoire que ces exercices de style de certains intellectuels qui prennent prétexte de tel ou tel auteur pour échafauder de " nouvelles " interprétations brillantes, acrobatiques, qui ne sont souvent plus conformes au texte et n'engagent finalement aucune vérité.


Jean Brun, ami des humbles   J.-M. ESTRADE

La rencontre du Pr Jean Brun est une des grâces de ma vie. Elle fut fortuite. Ancien professeur de philosophie dans un lycée public malgache, révoqué par un proviseur marxiste, et devenu l'animateur spirituel d'une communauté de développement, j'avais le souci d'ouvrir ces garçons et ces filles à l'intelligence du XXe siècle et de les aider à évangéliser leur culture à l'école du Christ.


Jean Brun : L'anti-pélagien   Claude BARTHE

Philosophie et Christianisme est l'un des livres de Jean Brun les plus importants pour connaître sa pensée, sans doute, mais plus encore sa foi. Livre de " démonstration par le néant " — comme on dit démonstration par l'absurde —, à la manière de celui que projetait le Pascal des " Pensées " : néant de la créature en ce qu'elle s'imagine être créatrice. Mais, dira-t-on, Pascal l'apologiste, non seulement ne se voulait pas philosophe, mais faisait même profession d'anti-philosophie : tout le crédit qu'il accordait à Descartes était d'avoir, pensait-il, réussi à faire table rase de tous les représentants de sa profession, de sorte qu'il ne restait plus qu'à pulvériser son " esprit de géométrie " pour ouvrir les voies à l'" ordre de la charité ".


Les puissances du vide et la technologie   J.-Cl. BEAUNE

La métaphysique technologique confine au culte des silences. Elle relève d'une éducation de l'absence. Elle s'achève dans la présence inconsciente mais décisive de la mort lente et monotone. Sans espoir, sans âge, sans lieux autres que ces cristaux de vides, l'homme technologique n'est pas même un zombi, un pitre ridicule. Les temps modernes ont fabriqué des cadres décisifs par toutes les redondances des objets schizophréniques qui sont autant de miroirs de soi où l'image se perd.


A l'Ouest, quoi de neuf en théologie ?   Florent GABORIAU

Il ne faut pas s'étonner si, dans les remous d'une époque agitée, les diagnostics que nous risquons à son propos portent la trace d'inévitables supputations. On voudra bien comprendre que je relativise ainsi d'entrée de jeu la portée de ces quelques remarques, au moment où, surmontant mon hésitation, j'accepte de les formuler à l'occasion d'une analyse récemment conduite et qui a trait à " la foi dans les temps de ténèbres ". Les pays d'Europe de l'Est ou d'Europe centrale auraient fait, dit-on, " à l'époque du communisme, l'expérience d'un immense renouvellement religieux ". Quelle leçon en tirer ?


De la gnose à l'utopie   Thomas MOLNAR

Le sujet de la gnose est toujours d'actualité car il est indétachable de la religion et de la civilisation chrétienne, depuis la fondation de celle-ci. Il est également inséparable de ce qu'il convient d'appeler l'utopisme, car, nous allons le voir, gnose et utopie sont deux faces de la même réalité, l'une et l'autre marquées du signe de la religion et de sa forme politique sécularisée.


L'invention de la société   Friedrich H. TENBRUCK

Il fallait donc que l'expression " société " ait une signification originale puisque avec l'introduction du concept de science de la société on abordait un nouvel objet. C'est ce qu'a fait la sociologie lorsqu'elle s'est constituée en science exacte des relations et des processus sociaux sur le modèle des sciences naturelles, car l'objet inexploré ne pouvait désormais être élaboré que d'une certaine manière en prenant immédiatement les traits que lui prescrivait le système. Le seul désir de prédire et de diriger l'évolution des choses suggéra puis rendit nécessaires ces hypothèses massives sur le réel et la nature humaine auxquelles nous nous sommes toujours heurtés.


Commentaires : Clergé-reflet   Bernard DUMONT

Une double enquête américaine, présentée et analysée par le P. Andrew Greeley, professeur de sciences sociales à l'Université de Chicago, dans l'hebdomadaire jésuite America (16-23 juillet 1994, pp. 6-10), révèle un clergé à l'image de ses ouailles, ni scandaleux dans sa totalité, comme s'emploient à le faire croire des campagnes médiatiques à sensation, ni outre-mesure anxieux de l'unité de la foi et de la discipline.


Vers une implosion molle   Claude BARTHE

Le P. Paul Valadier ricane : jamais on n'a autant parlé en France de la possibilité d'ordonner des femmes-prêtres depuis que la lettre " Ordinatio sacerdotalis " a déclaré " définitivement " que la chose était impossible. On est bien obligé de lui accorder qu'un acte d'autorité suivi d'autant de faiblesse est véritablement suicidaire.


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Entretien : L'ONU   Maurice BERTRAND

Ancien fonctionnaire des Nations-Unies, Maurice Bertrand est un spécialiste des relations internationales. Il est notamment l'auteur de " La stratégie suicidaire de l'Occident " et de " L'ONU ".


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