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Numéro  44 (Avril 1994)  :  sommaire

 

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Peut-on reconstruire une intelligence politique chrétienne ?   Bernard DUMONT

Avant Vatican II, la poursuite d'une restauration chrétienne de la société demeurait un objectif permanent assigné aux catholiques ayant, à un titre ou un autre, une responsabilité, des gouvernants aux simples citoyens, des intellectuels aux religieux cloîtrés eux-mêmes, appelés dans leur état à s'associer à cet apostolat par leur contribution spirituelle. Or cet idéal est apparu avec le temps impossible à atteindre, comme un anachronisme face à un " mouvement de l'histoire " entraîné inexorablement vers l'avènement d'une cité séculière vidée de Dieu (Gottlos).


Derrière le pluralisme, le vide   Bernard DUMONT

Vatican II s'est efforcé de bannir tout " prosélytisme " et d'effacer l'impression désagréable causée par des affirmations du type " hors de l'Eglise, point de salut ", que le prosélytisme opposé jugeait provocatrices. Cette modification a été reçue avec politesse par les instances concernées, mais non sans quelque scepticisme. Si quelques milieux ont voulu y voir un abandon de toute " prétention à l'hégémonie du sens ", d'autres ne s'en sont pas contentés, et saisissent toute occasion pour le montrer, comme chacun peut le constater en suivant les fréquentes campagnes médiatiques dénigrant l'honneur chrétien. Une dialectique subtile régit cette évolution tripartite. Autour de quelques ouvrages et colloques.


Entretien : Sécularisation, ou démission du politique ?   Ernst Wolfgang BOCKENFORDE & Jean-Claude MILNER

Le programme de Saint-Simon concernant le passage du gouvernement des hommes à l'administration des choses semble avoir de bonnes chances de se réaliser. Le politique s'est progressivement départi de ses missions traditionnelles pour laisser la place à la gestion du consensus, l'Etat agissant désormais comme un " opérateur fonctionnel " parmi d'autres au sein du grand système de la société civile. Ernst Wolfgang Böckenförde en Allemagne, Jean-Claude Milner en France, appartiennent à cette catégorie d'intellectuels conscients de ce que cette évolution, souvent présentée comme un contre-coup inévitable du progrès technique et de la complexité qu'il engendre, et encore du désenchantement des idéologies antérieures, manifeste peut-être plus encore la démission des gouvernants.


La liberté de l'acte de foi   Claude BARTHE

Les termes de la discussion intra-ecclésiale sur la liberté religieuse sont-ils bien posés ? Avant le Concile, on pouvait déjà s'interroger sur le fait que le discours que tenait l'Eglise en matière de théologie politique supposait que les Etats auxquels elle s'adressait, non seulement admettaient son magistère, mais tout simplement comprenaient comme elle les notions de " légitimité ", " origine du pouvoir ", " bien commun ". Indubitablement, le texte conciliaire a voulu tenir compte du nouveau rapport de forces de plus en plus défavorable dans lequel se trouvait prise l'Eglise. Il reste que, dans un cadre proprement interne (interne pour ce qui est de la mise au clair avec sa propre doctrine), à propos de ce que l'Eglise professe sur la liberté de l'acte de foi, l'oeuvre théologique de Vatican II est devenue la voie obligée. D'abord négativement, parce qu'elle pose un problème de continuité qu'il n'est pas possible d'écarter d'un revers de la main ou d'escamoter par un camouflage verbal. D'autre part, très positivement, parce qu'elle ouvre des perspectives dans une direction où l'on s'était engagé avant Vatican II, celle de l'appartenance in voto, de désir, à l'Eglise et que les questions posées par le Concile obligent d'explorer plus à fond, spécialement dans le domaine des droits de la conscience.


Entretien : L'avenir du Liban   Annie LAURENT

Quelles étaient, à la veille de la guerre de 1975, et quelles sont aujourd'hui les principales caractéristiques du système politique libanais ? La lutte pour le pouvoir continue cependant au sein de la communauté maronite. Malgré leurs divisions internes, les maronites sont-ils encore en mesure de concevoir un projet politique précis et ont-ils les moyens de le promouvoir ?


Document : Une lettre ouverte   G. GRISEZ & J. M. FINNIS & W. E. MAY

Nous avons eu l'occasion de parler dans nos numéros de décembre 1993 (Claude Barthe, " L'encyclique Veritatis splendor et les évêques ") et février 1994 (Francis Volle, " Les divorcés "remariés" et la communion eucharistique "), des documents publiés en juillet 1993 par trois évêques allemands, au nombre desquels le président de la conférence épiscopale. Ces textes, qui ouvraient indirectement une brèche dans la doctrine de l'indissolubilité du mariage, ont provoqué une grande émotion dans le monde catholique, pas encore, cependant, chez les pasteurs. Voici la traduction de la lettre ouverte adressée le 18 mars 1994 aux trois évêques allemands par Germain Grisez, le plus connu des moralistes des Etats-Unis opposés à la " nouvelle morale ", John M. Finnis, professeur à Oxford, qui a publié plusieurs articles dans Catholica (" Les normes morales absolues ", décembre 1989 – " Autour de la question de la fin et des moyens ", août 1990 - " A propos de la "valeur intrinsèque de la vie humaine" ", octobre 1991) et William E. May, professeur de théologie morale à Washington, membre de la Commission théologique internationale.


Invité : Logique de l'athéisme et logique de la création   Jean QUESNEL

C'est peu dire que la métaphysique a mauvaise presse auprès des scientifiques. Mais est-il bien certain que l'aversion de ces derniers s'exprime en pleine connaissance de cause, et, quant aux philosophes, sont-ils assurés d'avoir clairement montré en quoi leur " questionnement " métaphysique éclaire et complète le " questionnement " scientifique ? C'est ce dernier point que nous allons tenter de faire ressortir en observant, pour commencer, que l'exploration empirique du réel, qui est l'objet même de la science se doit de poser deux questions, l'une relative aux lois prédictives du devenir, les lois scientifiques, et l'autre, trop souvent négligée, ayant trait à la causalité explicative de ce devenir, la causalité motrice. Deux approches que résume le mot d'ordre de la recherche scientifique : " explication causale ", laquelle implique donc deux réponses, l'une ayant pour objet d'identifier la cause originelle du mouvement, l'autre les modalités de l'action causale, toutes deux tributaires de la même raison raisonnante si ce n'est de la même logique discursive.


Commentaires : Prophéties   Claude BARTHE

La teneur d'un document adressé à tous les cardinaux qui doivent se réunir à Rome, en consistoire, le 13 et 14 juin, a été révélée par les agences ADN-Kronos (15 avril 1994, sous forme de " synthèse ") et Adista (28 mai 1994, en totalité). Cette publication n'a, il va de soi, aucun caractère officiel. Cependant, les vérifications d'usage étant faites, on peut affirmer qu'elle correspond bien au texte préparatoire de la réunion cardinalice et qu'elle émane, comme à l'accoutumée pour ce type de documents, de la Secrétairerie d'Etat. Le texte se situe, selon ses propres termes, dans une perspective " eschatologique ", celle de la " plénitude des temps " (Ga 4, 4-5), qui " devra être révélée " à l'occasion du " Grand Jubilé " de l'an 2000.


A propos de la " réhabilitation " de Galilée   Claude BARTHE

Le grand tapage qui a salué le solennel repentir à propos de la condamnation de Galilée étant tombé, les historiens commencent à émettre des opinions de pondération. Spécialiste de l'histoire des sciences, l'abbé Jean-Robert Armogathe exprime pour sa part un franc désaccord. Dans l'émission " A voix nue " du 8 mars 1994, sur France Culture, il a donné son opinion avec un non-conformisme digne d'être remarqué.


La messe au jus de raisin   Claude BARTHE

On ignore généralement que certains prêtres, comme l'abbé Pierre, célèbrent leur messe non avec du pain et du vin, mais avec du pain et du jus de raisin (selon La Vie, 14 avril 1994, p. 76, l'Abbé célébrerait ainsi par solidarité avec les Compagnons d'Emmaüs qui s'abstiennent de vin). Le détail peut sembler anecdotique. En réalité, il soulève un problème qui est très exactement le même que celui de l'ordination de femmes-prêtres.


Questions : L'islam laïque   Dominique URVOY

Dans " L'islam laïque " Olivier Carré développe la thèse selon laquelle l'islam qui se fait craindre aujourd'hui - celui des " barbus " et de la fatwa lancée sur Rushdie - n'est pas conforme à l'authenticité de ce qu'il appelle la " Grande Tradition ". Mais quand il s'agit de localiser celle-ci, supposée tolérante et préadaptée à la sécularisation, cet auteur n'apporte pas tellement de preuves, et se trouve conduit à s'appuyer finalement sur quelques opinions particulières, d'ailleurs très contrastées et contestées : Qutb, Arkoun et Taha. Cette " Grande Tradition " a-t-elle une réalité, et peut-elle être réellement présentée comme la vérité originaire de l'islam ?


Allons-nous vers une culture " atlantique " ?   Th. MOLNAR

Thomas Molnar présente le thème de son dernier ouvrage, "The Emerging Atlantic Culture", Transaction Publishers, New Brunswick (Etats-Unis) et Londres, 1994, dont on lira à la suite la traduction d'un court extrait de la conclusion.


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