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Numéro  43 (Juin 1994)  :  sommaire

 

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Les limites du moralisme   Claude BARTHE

L'encadrement légal de l'avortement, pour être démocratiquement sanctionné, n'en représente pas moins un fait comparable à celui des législations nazies. Voici l'une des affirmations les plus fortes de la " Lettre aux familles " de Jean-Paul II, datée du 2 février 1994 : " "Tu ne tueras pas". Aucun législateur humain ne peut donc affirmer : il t'est permis de tuer, tu as le droit de tuer, tu devrais tuer. Malheureusement, dans l'histoire de notre siècle, cela s'est produit lorsque ont accédé au pouvoir, même d'une manière démocratique, des forces politiques qui ont établi des lois contraires au droit de tout homme à la vie, au nom de prétendus, autant qu'aberrants, motifs eugéniques, ethniques ou autres ".


Démocratie en sursis   Bernard DUMONT

La démocratie libérale est l'horizon indépassable de la pensée politique, le fruit achevé du processus historique de maturation humaine : évidence première qu'il ne convient pas même de chercher à établir, toute proposition en ce sens passant pour inopportune ou laissant suspecter quelque arrière-pensée dissidente. Ce verrouillage est originel. Il tient à la contradiction sur laquelle repose la philosophie de départ, qui dogmatise le relativisme. Les Lumières résultent en effet d'un acte initial de volonté, image anticipée de la théorie de la praxis marxiste. On a donc fini par y croire, ou feindre d'y croire, donnant naissance à une idéologie dans le sens marxiste du terme, c'est-à-dire une mystification frappant aussi bien ses destinataires que ses propres auteurs.


Entretien : L'alibi de la complexité   Alain GRAS

Le discours de la contrainte est un des leitmotiv du langage politique. On évoquera par exemple les contraintes économiques et internationales pour justifier l'engagement dans la voie du libre-échange généralisé. Alain Gras, qui dirige le DEA d'anthropologie des techniques contemporaines et le centre de recherches associé à l'université de Paris I, est l'auteur de " Grandeur et dépendance — sociologie des macro-systèmes techniques ".


Sur la droite et la gauche   Danilo CASTELLANO

Augusto Del Noce n'a jamais abordé directement la question de la définition de la " droite " ou de la " gauche ", en dépit d'avoir été le philosophe qui a réintroduit la philosophie politique dans le champ d'intérêt de la culture catholique en Italie, et cela dans le sens le plus haut du mot. Il a en effet donné une interprétation philosophique de l'histoire politique contemporaine, plus précisément, il l'a " saisie ", gardant ainsi une sensibilité idéaliste, tout en démontrant en même temps l'incapacité de l'idéalisme à " justifier " philosophiquement l'histoire, à cause d'une option qui, au bout du compte, s'est révélée nihiliste. Le problème de la définition de la droite (et/ou de la gauche) est-il resté marginal ou même étranger à la réflexion de Del Noce ?


L'autre Europe : Images de Hongrie   Thomas MOLNAR

La démagogie vulgaire qui, en Europe, prétend vouloir réunir de force les inconciliables, à savoir l'Est et l'Ouest, n'est que le produit d'une vision marchande des choses : un immense marché de l'Atlantique à l'Oural où les nations, privées de loyauté envers leur être fondamental et historique, glisseraient sans s'en apercevoir dans le moule américain d'une société pluraliste, puritaine et pourtant frivole. Dans ce processus de désidentification (école, médias, parlement, culture) les maîtres actuels ne voient pas la peau de banane sous leur pied - mais la réaction qui fera chuter leurs projets se prépare déjà. Il faut admirer le bon vieux Hegel et sa dialectique, toujours valable, du maître et de l'esclave. La Hongrie que je prends comme représentative des anciennes nations satellisées, est aujourd'hui, quatre ans après le changement de régime, dans la situation classique de l'esclave, c'est-à-dire de celui qui n'a même pas le droit de se dire exploité, de se défendre contre les requins internationaux, de reprendre le fil de sa propre histoire.


Entretien : Une Pologne incertaine   Georges MINK

La coalition de gauche au pouvoir en Pologne depuis septembre dernier, et comprenant en son sein des néocommunistes, a connu ses premières difficultés au mois de février avec la démission forcée du ministre des finances, jugé décidément trop libéral. Georges Mink est directeur du Centre de recherches sur les sociétés post-communistes au CNRS, il est aussi l'auteur de " La force ou la raison — histoire sociale et politique de la Pologne, 1980-1989 " et a dirigé, en collaboration avec J.-Charles Szurek, " Cet étrange post-communisme — ruptures et transitions en Europe centrale et orientale ". A l'approche des prochaines élections locales, il a bien voulu nous expliquer pourquoi le communisme n'était pas encore totalement mort.


Sombres Lumières   Jean BRUN

Notre ami Jean Brun vient d'être rappelé à Dieu le 17 mars 1994. Il nous avait fait l'honneur d'inaugurer notre cycle de conférences à Paris, en février dernier. Nous publions ci-après la version écrite de cette conférence, non sans émotion, puisqu'il en a lui-même relu les épreuves quelques heures avant de nous quitter.


Sciences sociales en débat : Catholiques sans Eglise   Emile POULAT

Entre ceux qui, historiens, sociologues ou politologues, s'occupent du catholicisme contemporain, c'est plutôt la confusion des langues, une petite Tour de Babel. Au commencement, dans les années trente, il y eut Gabriel Le Bras et son projet d'étudier " l'histoire de la pratique religieuse en France ", c'est-à-dire l'observance du culte selon les prescriptions de l'Eglise. Sur sa trace, le chanoine Boulard établit, par canton, une échelle de pratique à huit degrés. Pendant tout ce temps, les sondeurs sondaient : J. Sutter ordonnera cette masse (1984), avec un esprit critique qui deviendra ravageur chez F.-X. Schweyer (1991). Attitudes, conduites ou paroles, nous sommes ici dans le domaine de la doxologie, d'une science de l'opinion où s'affirme " la liberté de choisir " : chacun prend ce qui lui convient et laisse le reste, ou en rajoute, et se fait " sa " religion.


Post-scriptum   Jorge VALLS

L'article de Bernard Dumont publié dans le précédent numéro de Catholica, " La désincarnation politique du christianisme ", a suscité des réactions, parmi lesquelles celle de notre ami cubain Jorge Valls, dont nous publions ci-après l'essentiel de la lettre qu'il a adressée à l'auteur, le 24 février dernier.


Le désenchantement de l'Eglise   Thomas MOLNAR

Je voudrais en quelque sorte compléter le diagnostic de Claude Barthe sur l'avenir prochain de l'Eglise (cf. Catholica n.42, février 1994, pp. 2-10) en brossant le tableau américain correspondant. Les évêques des Etats-Unis se trouvent dans une situation qui ne ressemble guère à celle de leurs collègues européens en général et français en particulier. L'Eglise américaine n'a jamais participé à la grande politique du pays, et l'unique fois où elle s'y est aventurée — le cardinal Spellman aspirait à jouer les Richelieu auprès de Roosevelt qui n'était point Louis XIII — on le lui a assez reproché. Aussi n'est-elle dans sa totalité qu'une espèce de grand et permanent lobby, avec à sa tête, selon l'usage américain, moins des esprits originaux aspirant à la sainteté que des managers, des hommes d'organisation et de publicité.


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