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Numéro  42 (Février 1994)  :  sommaire

 

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L'Eglise au XXIe siècle   Claude BARTHE

C'est donc ainsi que l'Eglise va aborder aux rives du troisième millénaire. Peut-on imaginer que le balancier reparte dans l'autre sens ? C'est d'autant moins invraisemblable que l'amplitude du mouvement ne saurait être bien grande : dès le principe, l'éventail d'interprétation de l'esprit du Concile est allé du P. Congar, qui était loin d'être un extrémiste de gauche, au P. de Lubac, dont la théologie était nettement plus " avancée " que sa réputation ultime ne pouvait le laisser croire. Et puis le pouvoir ecclésiastique use lui aussi, et les mêmes désirs de changement qui se manifestaient à la fin du règne de Paul VI se font aujourd'hui sentir, mais en un autre sens. Les grands projets ne s'essoufflent-ils pas ?


La désincarnation politique du christianisme   Bernard DUMONT

Longtemps, le rapport du chrétien à la politique est resté très simple : sauf cas extrêmes, il lui suffisait d'obéir - le reste ne concernait que les princes et les papes. La nouveauté des conditions révolutionnaires, qui ont élargi considérablement ces perspectives, l'a beaucoup plus surpris que stimulé à assumer des responsabilités nouvelles. C'est une donnée historique sans doute renforcée par le mode de vie interne de l'Eglise post-tridentine, avec ses pesanteurs cléricales et sa centralisation. Les nouveaux problèmes de conscience en matière politique apparus au cours du XIXe siècle n'ont pas été tranchés avec beaucoup d'imagination. Tentatives d'éclaircissement.


Entretien : L'avènement du temps irréel   Paul VIRILIO

Un drame nous menace que l'on ne peut pas imaginer : un nouveau Tchernobyl, mais social celui-ci. Je crois que la bombe informatique a des conséquences comparables au niveau de la socialité à celles de la bombe nucléaire au niveau de l'espace. On le voit dans l'évolution des modèles familiaux : famille bourgeoise, famille nucléaire, famille monoparentale et maintenant enfants abandonnés. La désocialisation commence par la réduction de l'unité de base de peuplement. Le sentiment tragique de la vie, je l'ai eu jeune car je suis un enfant de la guerre. Mais je l'ai à nouveau aujourd'hui car je sens que nous sommes à un moment critique de l'histoire de l'humanité.


Sciences sociales en crise : Histoire et vérité   Pierre LOUDOT

On a cru faire oeuvre objective en invitant l'historien à se limiter à une " pure vision des choses ". Ranke, selon Hannah Arendt, exigeait notamment qu'il s'abstînt du blâme et de la louange... C'était ignorer d'emblée que la valeur est aussi un fait objectif, difficile, périlleux même à apprécier, mais indépendant du sujet qui juge ou qui narre. Dans telle guerre, le courage et la cruauté sont des réalités en soi au même titre que la bataille elle-même et relèvent, par conséquent, pour achever l'objectivité, qu'on accompagne le récit d'un jugement de valeur. On ne peut parler, même en pur historien, des atrocités nazies ou des goulags comme de la pluie et du beau temps. Notons qu'on fait aujourd'hui de grandes théories sur l'histoire, mais qu'on se soucie assez peu de traiter du mensonge historique - Dieu sait pourtant combien il fut fréquent. L'impartialité implique la justice, vertu morale et facteur d'objectivité authentique laquelle suppose le refus de la neutralité


Les variations de la morale   Thomas MOLNAR

Une partie du clergé voit en effet dans l'épanouissement de cette société et dans ses règles du jeu le garant d'un monde meilleur, un monde que seule la morale chrétienne serait impuissante à réaliser. Les termes de la nouvelle donne correspondent d'ailleurs à une terminologie vaguement chrétienne : consensus sonne comme pax mundi, on aime le libéralisme, la religion universelle, la fidélité de l'homme de l'organisation, les règles du jeu évoquent les devoirs moraux, les droits de l'homme, la liberté du chrétien, et l'activité humanitaire, la figure du saint. On entre dans le consensus comme on entrait jadis en religion.


Débats : Biothique ou biopolitique ?   Gilles MIGNOT

Le foisonnement des éthiques masque en fait un profond désarroi face à leur contenu : une fois affirmée la nécessité d'en trouver une, on a le plus grand mal à définir ce qu'elle pourrait être. La première solution employée, la plus courante aussi, est l'empirisme. Les juristes y excellent, il n'est que de lire certaines décisions de justice pour s'en apercevoir. En prétendant en effet qu'il y a carence du droit positif sur une question quelconque, les juridictions s'arrogent le pouvoir de définir un droit " interstitiel ", et le font le plus souvent en recherchant le consensus minimal existant sur les questions qu'elles ont à trancher, suivant en cela la coutume du Comité consultatif national d'éthique.


Difficile laïcité   Bernard DUMONT

La tentative de révision partielle de la loi Falloux relative à l'aide matérielle à l'enseignement privé n'explique pas à elle seule l'agitation frétillante qui s'empare des milieux laïques. Elle n'est même certainement qu'un symbole parmi d'autres du désenchantement — au sens wébérien — de la religion républicaine, tellement sécularisée qu'elle a peine à garder quelque conscience de son identité


L'individu destructuré   Guillaume ALRIQ

Le langage médiatique semble destiné à façonner un citoyen docile, à en faire surtout un producteur/consommateur. Comment ce langage pénètre-t-il les consciences jusqu'à les façonner en relais aussi facilement que l'on duplique des cassettes ? Autour des ouvrages de F. Brune et C. Combaz.


Entretien : Questions scolaires   Philippe NEMO

Un des objectifs de l'Education nationale est de permettre aux enfants issus de classes défavorisées qui le peuvent de combler leur handicap et d'accéder aux études supérieures. C'est le fameux 80% d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat. Malgré ces bonnes intentions, et les proclamations périodiques en sens contraire, l'illettrisme est en progression dans les collèges et la situation dans les lycées reste médiocre. Comment expliquer cette contradiction ?


Commentaires : L'accord fondamental Israël-Vatican   Bernard DUMONT

Bien que l'accord du 30 décembre dernier relève en principe du droit international et non de la théologie, celle-ci n'en est pas absente. Son préambule affirme en effet que cette convention résulte pour chacune des parties de la conscience d'un " processus historique de réconciliation " non pas entre le Vatican et l'Etat sioniste, mais entre " l'Eglise catholique et le peuple juif ". Une telle formulation paraît étrangère aux raisons politiques généralement invoquées pour différer une reconnaissance d'Etat : violation du droit des Palestiniens et refus d'admettre l'internationalisation des Lieux Saints. C'est en réalité une sorte de concordat conférant à l'Eglise un statut à l'intérieur de l'Etat israélien, en échange de la reconnaissance juridique de celui-ci par le Vatican.


Les divorcés remariés et la communion eucharistique   Francis VOLLE (c.p.c.r.)

Le 11 juillet 1993, les évêques allemands du Rhin supérieur (Fribourg, Mayence et Rottenburg-Stuttgart) ont rendu publique une lettre pastorale concernant les divorcés remariés. La Documentation catholique titrait très justement : " Divorcés remariés : le respect de la décision prise en conscience ". Nous voyons maintenant le motif de ce respect : Dieu seul est juge. Enorme effacement du Droit affirmé par l'Eglise au long des siècles en ce domaine.


Veritatis splendor, encyclique antimoderne   Claude BARTHE

L'encyclique Humanae vitae de 1968 n'a cessé de développer une logique, comme on dit, qui n'est pas précisément celle d'un ralliement au monde. L'instruction " Donum vitae " du 22 février 1987 sur les problèmes de bioéthique applique à une série de questions nouvelles les principes qu'elle portait.


Droit de réponse   Claude BARTHE

Une question concernant la doctrine des sacrements reste sans réponse : peut-on recevoir validement l'absolution de péchés graves sans en faire l'aveu au confesseur, alors que cet aveu est matériellement possible ?


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Correspondance : Lettres    Danilo CASTELLANO & Didier RANCE

Professeur de philosophie morale à l'Université d'Udine (Italie) Danilo Castellano nous a envoyé une lettre sur le prédédent entretien avec Salvatore Abbruzzese sur l'actuel " cas italien ". Par ailleurs, Didier Rance, diacre et permanent de l'Aide à l'Eglise en détresse, fait part des réflexions que lui a inspirées la lecture de " La fusion des langues ", de Claude Barthe.

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