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Numéro  41 (Décembre 1993)  :  sommaire

 

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L'échange inégal   Bernard DUMONT

Dans le présent, voilà qu'il convient de se déterminer face à un mouvement historique dont l'aboutissement n'est autre que la généralisation planétaire du processus de sécularisation. " Il y a dans la société du bien-être une contradiction évidente entre l'humanitarisme professé en théorie, et l'esprit de déshumanisation pratiquement poursuivi, dans la mesure où diminuent, et doivent nécessairement diminuer, les lieux où se conservent les valeurs traditionnelles. Le troc de l'identité historique contre le plasma mondialiste, et du gouvernement des hommes contre l'administration des choses est par trop inégal. Ne conviendrait-il pas de revivifier les corps sociaux malades plutôt que de les achever ?


Entretien : L'entreprise-totalité   Vincent de GAULEJAC

Il y a une évolution des structures de pouvoir, mais aussi des pratiques concrètes d'autorité, de management et de même à un niveau plus psychologique. On est passé d'un système hiérarchique, pyramidal, disciplinaire, à un système managinaire, en réseau, de plus en plus complexe. Cette nouvelle forme de pouvoir est beaucoup plus diffuse. Elle ne requiert pas une incarnation dans des figures claires facilement identifiables. Le pouvoir existe toujours mais il s'est transformé. Pourtant l'adhésion et l'idéologie ne suffisent pas pour faire fonctionner ce système, car les entreprises sont soumises à des contradictions de plus en plus fortes. Elles produisent à la fois beaucoup de conformisme par intériorisation des normes, et un besoin permanent de rénovation, de remise en question de ces mêmes règles et normes, parce qu'elles ne permettent pas de résoudre les difficultés auxquelles l'entreprise est confrontée. Cet affrontement des contradictions et des paradoxes devient de plus en plus lourd.


Faut-il reconstruire l'offertoire ?   Claude BARTHE

L'esprit de réforme a toujours existé dans l'Eglise, qu'il s'agisse de corrections et rectifications d'ordre institutionnel, moral, liturgique, monastique, etc. Mais depuis le dernier concile, ce terme a changé de sens. Le disciplinaire au sens large a été pour ainsi dire canonisé. Paradoxalement, la réforme issue des intuitions conciliaires est devenue irréformable. La liturgie, qui est par essence signifiante, l'est aussi à cet égard : la réforme liturgique, conçue comme une première étape appelant une évolution continue, est désormais gelée dans un état qui ne satisfait plus ses utilisateurs. Si l'on voulait débloquer la situation il faudrait qu'un repentir soit possible, et qu'au minimum un tri soit envisageable entre les réformes qui ont " fonctionné " et celles qui ont échoué.


Sciences sociales en crise   Friedrich-H. TENBRUCK & Philippe-Jean QUILLIEN & Bernard DUMONT

La sociologie religieuse n'est qu'un exemple parmi d'autres — quand bien même le plus important — de l'influence des sciences humaines sur la religion. Chacune de ces sciences s'est mise à analyser les religions pour les comprendre, développant à cette fin un certain nombre de concepts et de théories particulières. Ces concepts dont on commençait à débattre — le débat n'est d'ailleurs toujours pas clos — ont été comme un véritable défi lancé aux théologiens, ils occupèrent bientôt les gens cultivés, inquiétèrent ensuite les croyants, devinrent le canon de tout discours sur la religion et modifièrent la perception religieuse de tout un chacun pour s'infiltrer finalement dans la théologie


L'esprit de révolution   Thomas MOLNAR

La révolution de notre temps est difficile à cerner. Chaque analyste en cherche le noyau secret, mais il le localise dans des endroits tellement variés et vagues qu'il ne nous reste que le choix suivant : ou la révolution est le produit d'une immense conspiration, et dans ce cas les rênes se retrouvent dans quelques mains, transcendant l'histoire, ou bien la révolution s'identifie tout simplement au Zeitgeist, elle est l'air que nous respirons.


Affaires à suivre : Italie : quel changement ?   Bernard DUMONT

La Démocratie chrétienne a traditionnellement été considérée comme le parti catholique par excellence, et à ce titre invariablement soutenue par l'épiscopat italien lors de chaque élection (avec une efficacité toujours moindre, d'ailleurs). Elle est aujourd'hui éclaboussée par de nombreuses affaires de pots-de-vin, et plus encore déstabilisée par la désaffection de l'électorat qui l'associe à un régime paralysé et menace de lui préférer, au moins dans le Nord, les ligues séparatistes. Rapide état de la question.


Entretien : L'Eglise et la Démocratie chrétienne   Salvatore ABBRUZZESE

Salvatore Abbruzzese enseigne la sociologie à l'Université de Trente. Il collabore à l'activité du Groupe de Sociologie des religions (dépendant du CNRS) et aux Archives de sciences sociales des religions. L'un de ses livres a été traduit en français : Comunione e Liberazione, identité catholique et disqualification du monde (Cerf, 1989). Nous l'avons questionné au sujet de l'incidence de la redistribution politique actuelle sur les rapports entre l'épiscopat italien et le parti démocrate-chrétien.


Entretien : Somalie, ou l'ingérence de Gribouille   Dominique MARTIN

Dominique Martin a conduit la mission de Médecins sans frontières en Somalie. Comme il l'explique dans l'entretien qui suit, l'AICF, dirigée par Nathalie Duhamel, a été victime par deux fois de bavures américaines : une fois en juin 1992 où les locaux ont été bombardés, une autre fois en août 1992 où sous prétexte d'arrêter le général Aïdid, tout le personnel de l'AICF a été emprisonné et ses locaux détruits.


Allemagne : l'adieu à 68   Stéphen DE PETIVILLE

Les violences récentes contre des foyers d'immigrés ont amené à s'interroger sur leurs causes. Au-delà de l'invocation du réveil nazi, le débat tourne autour de 1968 et des fruits de l'éducation permissive. Ce qui est toutefois nouveau, c'est que la mise en cause de 1968 vienne maintenant d'anciens soixante-huitards


Je suis le gardien de mon frère   Jorge VALLS

Qui pourrait éviter qu'un homme tue, détruise ou transforme en monstre un autre homme ? Personne, si ce n'est cet homme même. Parce qu'il est égal à moi — par essence —, rien ne peut être plus agréable que de prendre l'autre comme objet de mon pouvoir. Terrible volupté : prendre l'autre, qui est dans son essence notre égal, et s'en servir simplement comme celui qui subit notre pouvoir, comme objet de plaisir, le réduire en esclave de notre volonté idéale, le dévorer, l'annihiler - parce qu'en l'utilisant comme cire molle nous ferions jouer notre toute-puissance. Tel est le plaisir, la liberté, quand l'agir ne se reconnaît aucune obligation et se proclame comme unique et absolu, maître de s'étendre à quelque projet que ce soit. Même Dieu ne peut se soustraire à cette action de la créature. Dieu est déposé, supprimé - sa notion même peut être déformée, modelée selon le caprice de l'homme et en fonction de son utilité.


Bonnes feuilles : La marque de Balthasar   Florent GABORIAU

Extraits de "Thomas d'Aquin en dialogue" à paraître aux éditions Fac, en novembre 1993, avec l'aimable autorisation de l'éditeur.


Commentaires : L'encyclique Veritatis splendor et les évêques   Claude BARTHE

Nous aurons l'occasion de reparler dans un prochain numéro des thèmes développés par la dernière encyclique, tout spécialement en étudiant la question des rapports de l'éthique naturelle et surnaturelle, sur laquelle le document, conçu comme une somme de morale fondamentale, contient des mises au point très ciblées. Nous voudrions seulement évoquer ici les critiques dont elle a été l'objet.


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