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Numéro  38 (Juin 1993)  :  sommaire

 

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Pour arracher et pour planter   Claude BARTHE

Des doctrines d'Eugen Drewermann on ne cesse de dire et de lui dire qu'elles ne sont plus catholiques. N'a-t-il pas droit le premier à la clarté, à savoir qu'en affirmant ce qu'il affirme de manière obstinée, il ne partage plus la foi de l'Eglise et il s'en est séparé par le fait même ? Ce qui n'interdirait pas, bien au contraire, la discussion avec lui, mais il s'agirait clairement d'une discussion œcuménique, et non d'une discussion interne au catholicisme. D'autant que l'une des finalités de la coercition est bien l'amendement de celui qui se trompe.


Les philosophies politiques de la normalité   Bernard DUMONT

De multiples courants d'idées refleurissent aujourd'hui sur les ruines du jacobinisme, du socialisme et du marxisme, bien qu'eux-mêmes s'entre-déchirent et ne semblent pas devoir aboutir à autre chose qu'à un pitoyable éclectisme. Pourtant c'est cet agrégat qui vient animer une sorte d'esprit commun dont la caractéristique principale paraît se réduire à une allergie à toute idée de centralité, en d'autres termes, à tout ordre authentiquement moral, chrétien ou simplement naturel. Ces philosophies sont en réalité pleinement adéquates à leur objet — l'homme de masse et l'Etat invisible — et redoutablement efficaces parce qu'elles sont partout insinuées plutôt qu'assénées à partir d'un centre aisément identifiable. Elles constituent tout naturellement la trame de l'idéologie dominante


Entretien : L'âge du robot consensuel   Christophe GALLAZ & Alain-Gérard SLAMA

Journaliste et écrivain suisse, auteur de "Chronique des jours glissants" et du "Discours de Swatch" (Zoé, Carouge-Genève, 1991), Christophe Gallaz décrit l'homme sans intérieur dont l'apparition massive en cette fin de millénaire est saluée dans l'enthousaiasme par les postmodernes. Une obsession quantitative anime l'ensemble des sciences sociales et les conduit à créer l'image d'un individu abstrait invariablement qualifié de " moyen ", qu'il soit considéré en tant que Français, consommateur ou sportif. Cela explique que les finalités de l'activité humaine disparaissent ordinairement sous les pourcentages. Dans la mesure où elles sont devenues l'unique système d'explication du monde, les sciences sociales envisagent l'être humain d'abord comme leur objet, mais finissent par en faire leur instrument. La morale du travail est un bon exemple d'une telle dérive. L'homme y est évalué selon des critères qui le rendent comparable à l'ordinateur, la vertu cédant la place à la performance. Le monde politique n'échappe pas à cette tendance générale : le consensus est en relation directe avec les sondages, les performances des acteurs se voyant chiffrées au même titre que l'écoute des médias ou les meilleures ventes littéraires. C'est ce que constate Alain-Gérard Slama, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris et journaliste au Point et au Figaro, dans "L'angélisme exterminateur", récemment paru chez Grasset (janvier 1993), en n'hésitant pas à parler à ce sujet de mutation du politique. Il est vrai qu'avec la révolte anti-autoritaire de 1968, la montée en force de l'individualisme puis la mort psychologique du communisme, l'autorité — que ce soit celle du mari, des parents, du chef d'entreprise ou de l'Etat — s'est vue assimilée à l'arbitraire et à la volonté de puissance. A.-G. Slama explique comment le politique a mué pour prendre peu à peu le masque neutre et rassurant de l'expertise et du consensus.


Invité : Sciences humaines et idéologie   Friedrich-H. TENBRUCK

L'extrait suivant de mon livre "Die unbewältigten Sozialwissenschaften" (" Les sciences sociales non domestiquées ", Styria, Graz, 1984) est en lien direct avec la préoccupation centrale de l'ouvrage. Ce dernier devait montrer que les sciences humaines et sociales modernes ne se contentent pas, comme elles le prétendent, d'observer et d'expliquer mais qu'au contraire elles influencent et transforment. Ensuite dans la mesure où leurs idées se propagent progressivement, elles en arrivent à déterminer l'image que l'homme se fait de lui-même. L'action humaine se réduit alors à l'exécution grossière de scénarios dirigés par des structures, systèmes, rôles, processus ou fonctions quelconques. En tant qu'expertes de ces mécanismes cachés, les sciences humaines et sociales deviennent tour à tour directeur spirituel, conseil fraternel ou même confesseur.


Entretien : Les désenchantements de la liberté   Guy HERMET

Guy Hermet est administrateur de Médecins sans frontières et directeur de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques (CERI). Il vient de publier "Les désenchantements de la liberté – La sortie des dictatures dans les années 90" (Fayard, mars 1993). Dans cet ouvrage où il traite de la transition démocratique dans le monde (l'étude englobant aussi bien les pays d'Amérique Latine que ceux de l'Europe de l'Est), il déplore le peu d'imagination des Occidentaux qui dans bien des cas ont réduit le problème à l'exportation de la " recette démocratique ".


Commentaires : Contestation douce de l'enseignement moral   Claude BARTHE

Le P. Jean-Yves Calvez, s.j., directeur d'Etudes, publie dans la livraison de mai de cette revue un article sur " Morale sociale et morale sexuelle ". L'argument, proche d'un thème américain (consistent ethic of life) est simplissime : en matière de morale sociale, la doctrine de l'Eglise se contente aujourd'hui de donner des principes et des orientations


Une violette colère du P. Jean-Miguel Garrigues   Claude BARTHE

La " Nouvelle revue théologique ", organe à tous égards modéré, publie un surprenant article (" Juifs et chrétiens : identité et différence – Réflexions sur les thèses de M. André Paul ", mai-juin 1993, pp. 356-365) d'une rare violence de ton, signé de Jean-Miguel Garrigues. Ce factum aiguise la curiosité.


La dernière liturgie   Thomas MOLNAR


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