Croatie : l’histoire politique d’un journal conciliaire par Ivan Miklenic
Le rôle d’un simple bulletin d’informations devenu, au fil des années, un pôle de résistance au titisme.
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Le rôle d’un simple bulletin d’informations devenu, au fil des années, un pôle de résistance au titisme.
L’hostilité du monde païen à l’égard du christianisme a pu pousser les chrétiens à adopter une attitude critique et distante à l’égard de l’ordre politique, et à rechercher à faire du Royaume de Dieu une réalité tout entière incarnée dans l’appartenance à l’Eglise comme communauté, non pas physiquement mais spirituellement séparée d’un monde plongé dans le péché. Cette tendance, parfaitement compréhensible dans un contexte de persécution, traduit aussi une réalité profonde : les chrétiens ne sont pas du monde. Mais ils sont aussi, selon le commentaire classique de l’Epître à Diognète, dans le monde. La difficulté de cette double position a pu donner lieu à des mouvements opposés, dans les premiers siècles comme vers la fin du XXe siècle, soit d’insertion de plain pied dans un monde auquel il fallait s’ouvrir, voire se convertir, soit à l’inverse, éventuellement à cause de l’échec de l’optique précédente, de retrait total du domaine politique, en quelque sorte par peur d’une contamination par le monde ou d’une absorption définitive par ce dernier.
Toutes ces pages, on l’aura repéré aux quelques indices que nous avons cités, sont traversées par un sentiment de grande défiance à l’égard de l’Eglise institutionnelle, c’est-à-dire de l’Eglise qui enseigne et qui gouverne. Celle-ci semble une réalité dangereuse, indispensable cependant, mais dont il faudrait absolument chercher à limiter l’influence, voire la présence. On reconnaîtra sans peine, avec les transpositions d’usage, les grands thèmes de la philosophie libérale dans sa lutte contre l’Etat ou contre toute autorité régulatrice.
Ce texte rassemble les principaux extraits d’une communication présentée dans le cadre de l’Université pontificale de Lima (Pérou) en août 1999, par Alberto Wagner de Reyna, philosophe et ancien ambassadeur du Pérou auprès de l’UNESCO. En divers passages et notamment dans sa conclusion, l’auteur fait allusion à la puissance de contestation que représente, face aux prétentions mondialistes, la pauvreté.
Il est donc important de réajuster la perception que l’on a des nouvelles technologies en évitant d’oublier la question des valeurs. Ainsi la mise en avant exagérée de la technique peut-elle être le signe d’options fondamentales touchant à l’homme et à son progrès. Comme les différentes utopies politiques, le projet wienérien véhicule également une certaine représentation de l’homme. L’homme est ici essentiellement défini en termes de communication.
Collaborateur dès les premiers numéros de Catholica, Thomas Molnar était très diminué physiquement depuis plusieurs années, au point d’être empêché d’écrire. Nous reviendrons en détail, au cours des mois qui viennent, sur la personnalité et l’œuvre de ce grand analyste de l’Occident contemporain, à la fois philosophe, historien et sociologue
L’orientation vers l’Est du prêtre et de la communauté lors de la liturgie eucharistique, dont l’usage dans l’histoire est très tôt attesté, n’est pas un hasard. Il ne s’agit pas seulement de la transmission d’une habitude mais d’une orientation consciente vers Dieu dans la prière, liée de manière étroite au sacrifice eucharistique. Mené par le prêtre, le peuple de Dieu en pèlerinage se met en prière devant le Seigneur.
Analyse de deux ouvrages universitaires parus sur Michel de Certeau.
Analyse du livre de Gérard Pelletier, Rome et la Révolution française. La théologie et la politique du Saint-Siège devant la Révolution française (1789-1799), Rome, Ecole française de Rome, 2004, 769 p., 66 €.
Les leçons à tirer de la découverte d’un manuel d’instruction pour officiers de la Wehrmacht, émanant du Reichssicherheitshauptamt de Heydrich, réalisé à la veille de l’invasion de la Yougoslavie, le 6 avril 1941. L’Eglise catholique, représentée par Mgr Stepinac, y est désignée comme l’ennemi principal.
Augusto Del Noce, mort il y a dix ans, est l’un des interprètes majeurs du XXe siècle. Il ressort notamment de cet ouvrage que si le messianisme révolutionnaire est derrière nous, le processus moderne dont il n’aura été qu’un moment s’achève dans une tentative d’anéantissement de tout idéal susceptible de placer l’homme au-dessus de la matière. Ainsi, la modernité tardive vérifie-t-elle le sens exact des contradictions initiales du projet d’émancipation moderne et de son humanisme proclamé.
Note : Alberto Wagner de Reyna (1915-2006), ancien ambassadeur du Pérou dans divers pays et pour finir, à l’Unesco, historien et philosophe, a collaboré avec Catholica dans les dernières années de sa vie. Le texte qui suit est le dernier qu’il nous avait fait parvenir, en espagnol, traduit par nos soins.
Mis à mal à New York par la crise, l’Art dit contemporain (l’AC, cet art, conceptuel et transgresseur, issu des idées de Duchamp, un « non-art » pour certains) se porte bien mieux à Paris. Grâce à l’Etat qui, depuis trente ans, à coup de subventions, en a fait un art officiel sous perfusion, soigné [...]
La « chrétienté profane » imaginée par l’un des philosophes les plus influents sur l’Eglise du XXe siècle a fourni les arguments les plus efficaces d’un ralliement à l’ordre établi, au nom des impératifs de l’évolution historique.
A propos du livre de Jean-Michel Heimonet, La raison démocratique dans les limites du religieux. Terreur intellectuelle à l’âge postmoderne, Editions Cécile Defaut, Nantes, 2007, 15 €.
L’apport essentiel de ce livre utile, surtout s’il est à « contretemps », est probablement de nous rappeler ces différences de temps vécu. « Comprendre l’islam » est une nécessité ; mais l’occulter, comme lui-même le fait trop souvent de l’Evangile (« livre altéré »), c’est se rendre et lui rendre un mauvais service.
La théologie, pour Gadamer, est une science herméneutique, à égalité avec toutes les autres sciences. Il en découle qu’elle est elle-même sujette à l’expérience herméneutique et à son évolution permanente. Elle est une science partielle, perfectible à l’infini, sans régulation par le kérygme objectif. Une théologie de ce genre peut être enseignée par un athée.
Dans Le regard vide, le philosophe Jean-François Mattéi a recours au mythe pour tenter de percer le secret de l’Europe, pour tenter de saisir l’essence de cette civilisation, et la nature de la maladie qui, présentement l’affecte et la dévore.
A propos d’un livre de Thibaud Collin, Laïcité ou Religion Nouvelle ? L’Institution du Politique chez Edgar Quinet, Les presses universitaires de l’IPC/L’Harmattan, 2007, 12,50 €.
A propos du livre de Dalmacio Negro Pavon, El mito del hombre nuevo, ediciones Encuentro, Barcelone, 2009, 437 p., 28 €.
Privilégier l’espace intérieur des églises, c’est donc prendre le parti de s’attacher d’abord à la dimension intime des représentations et du culte mais ce n’est pas un repli, un renoncement à constater la sécularisation généralisée de l’ancienne catholicité, visible dans le refus, imposé ou voulu, de la visibilité extérieure du lieu sacré chrétien. Entretien avec Marc Levatois
Pour le mouvement liturgique, la question était de retrouver un authentique sacré. A l’époque des réformes il régnait un climat de désacralisation, comme disaient les antimodernistes pour signaler ce mal, qui ne touchait pas seulement le culte mais le domaine moral lui-même. L’idée de sacré était réputée démodée.
A propos du livre de Jean-François Galinier-Pallerola, La résignation dans la culture catholique en France (1870-1945), Cerf, coll. Histoire, septembre 2007, 49 €.
A propos du livre du P. Jean-Miguel Garrigues, Par des sentiers resserrés. Autobiographie. Itinéraire d’un religieux en des temps incertains, Paris, Presses de la Renaissance, 2007, 22 €.
A propos du livre de Guy Pagès, Judas est en enfer. Réponses à Urs von Balthasar et à Hans-Joseph Klauck, François-Xavier de Guibert, 2007, 24 €.
Le regard porté par Vatican II sur les communions dissidentes, avec la nouvelle discipline de la communicatio in sacris, consiste en partie en une présomption mondiale (pour ainsi dire) de bonne foi, accompagnée d’une fiction légale négative. C’est pour cela qu’on peut revenir à l’ancien esprit de l’Église en la matière, car une fictio juris ne saurait pas être définitive.
A propos du livre de Marc Levatois, La messe à l’envers. L’espace liturgique en débat, éditions Jacqueline Chambon, mars 2009, 204 p., 20 €
[Note : cet article a été publié dans Catholica, n. 2, 1988]. Le bien commun est vraiment un bien en ce sens qu’il permet à chacun de s’élever au-dessus de sa condition propre en s’enrichissant du patrimoine commun. Chacun peut en toute vérité dire ma patrie, et notre patrie, par exemple. Le bien est “diffusif de soi” et plus il est commun, plus il revêt d’éclat.
L’idolâtrie du mouvement est devenue si puissante qu’il est tenu pour pleinement autojustificatif et que se trouve éliminée la question, pourtant capitale, de savoir par quoi ce mouvement est animé et à quoi il conduit.
Ces dernières années, la tentative de reprise en main et la contestation théologique en retour avaient pu donner l’impression, non pas certes d’un combat à forces égales, mais en tout cas d’un combat. En réalité, la disproportion est immense entre la profondeur du mal et les moyens de ce que l’on a nommé avec une certaine exagération la restauration.
Réfléchir sur la grande désillusion s’impose à qui veut comprendre correctement les conditions historico-spirituelles du moment présent, surtout en ce qui concerne la vitalité actuelle des principes et des institutions de la démocratie libérale.
La doctrine du « fondement sans fondement » ne se limite pas au domaine de la philosophie, elle affecte plus spectaculairement encore celui de la politique. D’une manière générale, elle établit ses prémisses non pas à partir d’un fondement préalable, mais à partir de ce qu’elle est capable de construire par ses propres efforts.
Cet article a paru pour la première fois dans la Rivista di Filosofia, publiée par les éditions Il Mulino (Bologne), n. 1/1997, numéro monographique consacré au thème « Philosophie et engagement politique ». Il a été repris dans la revue Trasgressioni, XII, n. 23, janvier-avril 1997, pp. 73-84.
Est-il possible de dégager, dans le cadre des [...]
Un entretien avec l’auteur de l’ouvrage « Le linceul d’une tradition ». Ce livre collectif rassemble des exposés séparés, mais proches par leurs thèmes, et dont le trait commun est de prendre acte, sur un mode analytique, du dépérissement des idéologies dures du temps précédent, et des conséquences politiques pratiques de ce dépérissement. Note : ce texte a été publié dans le numéro 12 de la revue.
Entretien avec Josef Südbrack sur le mouvement pseudo-religieux du « Nouvel Age » (New Age)
De la même manière les Pasteuriens — parmi lesquels je ne compte pas Pasteur lui-même — ont pu dire que le noyau du bonheur de l’humanité se logeait dans le triomphe de la science sur la maladie. De la même manière on a pu penser dans les années soixante qu’on avait enfin trouvé la clé du bonheur au travers de la sexualité
Un article de Friedrich-H. Tenbrück sur la nouvelle société ouverte.
Werner Olles fait partie, comme Günter Maschke ou Botho Strauss, des Konvertiten, ces anciens activistes du mouvement de 1968 qui ont abandonné leurs attaches d’origine. En 1968-1969, Werner Olles militait à Francfort dans les rangs du SDS de Rudi Dutschke. Après être passé dans différents mouvements de la gauche radicale, il est devenu permanent des jeunesses socialistes (Juso) entre 1973 et 1977. Ce n’est que dans la fin des années soixante-dix qu’il rompt avec ce milieu. Il collabore aujourd’hui régulièrement à l’hebdomadaire berlinois Junge Freiheit, organe de presse non conformiste, idéologiquement composite, stupidement désigné du doigt comme néonazi par la propagande marxiste toujours culturellement dominante outre-Rhin, particulièrement haineuse contre les transfuges de son camp.]
Cet ouvrage collectif inaugure une prometteuse collection dont les premiers titres se proposent d’analyser, dans une perspective pluridisciplinaire et en faisant largement appel à des auteurs étrangers, trois attitudes produites par la situation minoritaire aujourd’hui propre aux membres des religions établies en Europe. Outre le modérantisme, sont visés le communautarisme, avec sa tentation de la contre-société, et le pluralisme religieux conjugué à l’esprit de concurrence.