Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Gregor Mathias : Les vampires à la fin de la guerre d’Algérie. Mythe ou réalité ?

Article publié le 14 Juin 2015 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos du livre de Gregor Mathias, Les vampires à la fin de la guerre d’Algérie. Mythe ou réalité ? Michalon, septembre 2014, 188 p., 16 €.

L’auteur, professeur-associé à Saint-Cyr, a publié plusieurs analyses sur les plus récentes expéditions militaires auxquelles ont participé des troupes françaises, ainsi que sur le théoricien de la contre-insurrection David Galula. Le présent livre, préfacé par l’historien Guy Pervillé, constitue une enquête extrêmement serrée sur l’une des nombreuses pratiques criminelles du FLN en Algérie, utilisée en 1962. L’auteur remarque que si dans certains territoires depuis cette époque on a vu se reproduire l’exsanguination de prisonniers, ou même l’ablation d’organes, notamment chez les Khmers rouges, puis au Kosovo, le coup d’envoi de tels crimes semble bien avoir été la période principale qu’il étudie. Il note en outre la possibilité que des comportements du même ordre en 1975 au sein du Front Polisario (Sahara occidental), soutenu et encadré par le gouvernement algérien, aient pu bénéficier du savoir-faire acquis en 1962. L’enquête est précise et procède par élimination. Elle examine diverses pistes, et écarte celles qui sortent de son objet stricto sensu, comme par exemple les enlèvements de terreur suivis de tortures et d’égorgements. La question des prélèvements sanguins est autre, essentiellement utilitaire : soit qu’ils aient été à court de plasma, soit que les musulmans considéraient « haram » les transfusions, les médecins du FLN se faisaient fournir en donneurs forcés par un réseau ad hoc, les regroupaient et les saignaient méthodiquement jusqu’au moment où ils les abandonnaient à leur sort. Le phénomène a touché les grandes villes d’Algérie, mais Oran reste le lieu principal de ces exactions, comme d’ailleurs aussi celui de l’inertie coupable de l’Armée française alors sous les ordre de Joseph Katz. Gregor Mathias donne suffisamment d’éléments pour entraîner la conviction, puis fait un tour – rapide – des ouvrages éclairant le sujet, ou le niant comme impensable.

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