Revue de réflexion politique et religieuse soutenue par le Centre National du Livre (Ministère de la Culture).

Mathieu Monot : Socialistes et démocrates-chrétiens et la politisation de l’Europe

Article publié le 28 Oct 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos de Mathieu Monot, Socialistes et démocrates-chrétiens et la politisation de l’Europe, L’Harmattan, janvier 2011, 203 p., 20 €.

Mathieu Monot, lauréat du prix de la Fondation Jean Jaurès pour un mémoire d’histoire contemporaine (Sorbonne-Paris IV) d’où est tiré cet ouvrage, relaie l’idée selon laquelle la cause du « déficit démocratique » de l’Union européenne n’est pas la fin du politique mais un problème « civique » de la part des citoyens, et « pédagogique » de celle des responsables politiques. La thèse principale est de démontrer au contraire une politisation de l’UE par la transposition du clivage traditionnel droite-gauche du niveau national à celui communautaire, dans le « jeu parlementaire européen », lors des « luttes partisanes aux conseils » et dans la « politisation [de] l’organe technocratique [qu’est] la Commission ». M. Monot aura présenté dans une première partie la « structuration progressive de l’espace politique européen » par les trois phases des mouvements transnationaux, des fédérations européennes des partis et de la reconnaissance des partis politiques européens. Très bien structuré en deux parties de trois chapitres chacun, l’ouvrage se fonde sur des archives essentiellement socialistes et des entretiens avec sept acteurs du monde politique, tous également socialistes. Le coeur de l’ouvrage repose sur les analyses électorales des groupes parlementaires à l’Assemblée de Strasbourg, voulant renverser les « idées reçues » sur les votes des députés par origine nationale d’une part, et l’« alliance au centre » entre PPE, démocrates-chrétiens, et GSPE, sociaux-démocrates d’autre part. Mais outre la nécessité, soulignée par l’auteur, de disposer d’un plus grand nombre d’études, l’absence de précision sur la nature thématique des votes dans les pourcentages retenus rend l’analyse incertaine et difficile. […]

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