Revue de réflexion politique et religieuse.

Emmanuel Gabellieri, Paul Moreau (dir.) : Humanisme et philosophie citoyenne. Joseph Vialatoux et Jean Lacroix

Article publié le 5 Avr 2011 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos du livre collectif dirigé par Emmanuel Gabellieri et Paul Moreau, Humanisme et philosophie citoyenne. Joseph Vialatoux et Jean Lacroix, DDB/Lethielleux, 2010, 25 €.

Jean Lacroix est considéré comme un « pédagogue politique des milieux chrétiens ». Il a incité les catholiques « à accepter la démocratie et les libertés modernes, il a travaillé ensuite à acclimater parmi eux la critique sociale et la visée du marxisme en faisant appel pour corriger ses insuffisances à Proudhon et à Rousseau comme aux pensées de la transcendance […] a constamment cherché à associer la lucidité critique à l’élan utopique, en reliant humanisme de la personne et combat pour une démocratie socialiste universelle » (p. 227, contribution de Bernard Comte, « Jean Lacroix penseur du politique »). Quant à Joseph Vialatoux, on peut citer à son sujet la conclusion de R. Koussetogue Koudé (« Interdit de la torture et pensée de la civilisation chez Joseph Vialatoux ») : « Dire que tous les hommes sont semblables, tout en les invitant à agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité, comme le fait la Déclaration des droits de l’homme, n’est-ce pas là le sens même du plus grand commandement aux termes duquel il est dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? Ce commandement matriciel est aussi nous semble-t-il le socle du combat intellectuel de Joseph Vialatoux pour un monde sans torture, un monde qui soit un lieu convenable et digne pour l’homme » (p. 294). Et s’ils ne résument sans doute pas parfaitement la pensée des deux philosophes lyonnais – très proches d’Esprit et de Mounier notamment –, ces extraits donnent tout de même un peu le ton. A noter que l’ouvrage, préfacé par le cardinal Barbarin, est issu d’un colloque tenu à Lyon. Dans sa contribution sur « Joseph Vialatoux et l’Action française », Jacques Prévotat souligne la justesse de sa critique pointée en particulier
sur le danger d’une paganisation du christianisme et sur le positivisme de l’école maurrassienne ; il en ressort cependant également que le grief majeur de Vialatoux est la mise en cause du « christianisme social ». […]

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