Revue de réflexion politique et religieuse.

Daniel Duigou : L’Église sur le divan

Article publié le 6 Jan 2010 | imprimer ce texte imprimer ce texte

A propos de Daniel Duigou (entretien avec Claude Plettner), L’Église sur le divan, Bayard, octobre 2009, 19, 50 €.

Journaliste, psychanalyste puis prêtre, ordonné en 1999, à l’âge de 51 ans, par l’évêque d’Amiens, Mgr Noyer, l’abbé Duigou a-t-il, avec le sacerdoce, trouvé enfin sa vocation ? Quelques ouvrages, dont tout particulièrement ce tout dernier en date, se chargeront de nous éclairer sur sa vision du prêtre. Ne demandez pas à ce poulain d’âge mûr d’un certain Mgr Gaillot, lequel, évincé, l’a confié à son collègue, de vous montrer le visage du Père Tout-Puissant. Ce visage, il le combat par tous moyens. Son père adoptif, c’est Freud, ce que le titre du livre laissait présager.
A-t-il, au moins, l’amour de l’Eglise qui nous conduit au Christ Rédempteur ? Vous n’y êtes pas ! Il n’a que du mépris à son encontre. L’Institution-Eglise en est restée à la logique de l’Ancien Testament. Tout y est à refaire. Heureusement, Duigou, dont les talents cumulés sont légion (!), offre ses services. Dieu merci ! L’effondrement était imminent.
Quant à l’ordonnance du docteur Duigou, c’est du déjà vu : psychanalysez-moi tout ça, et que ça saute. L’aspect cocasse, c’est que Duigou éreinte les psychanalystes catholiques dont nos évêques utilisent méthodiquement, mais confidentiellement, les services (pp. 111-114). S’il met, sans en avoir été prié, Notre Sainte Mère en position indélicate, il se fait pierre dans le jardin des fils de Freud qui, incognito, coachent les actuels successeurs des apôtres. Vont-ils monter au créneau, transpercer d’un carreau d’arbalète cet importun qui vend la mèche ou ignorer ce faux frère ? A suivre.
On reste pantois néanmoins devant la fatuité et le dogmatisme freudien de cette mouche du coche. On pouvait, avec les « perles » de ce bêtisier, faire bien des colliers. C’eût été trop d’honneur pour cette arrière garde soixante-huitarde. Peut-être les éditions Bayard seront-elles invitées à plus de discernement. Mais comment l’évêque d’Amiens a-t-il eu cette idée folle, un jour, de dispenser de séminaire (p. 63) puis d’ordonner Duigou, lequel est un prêtre athée ? Athée comme Freud, ni plus, ni moins. Dont l’idolâtrie du monde est totale. Dont le charisme est de libérer le Désir pour, ensemble, dans une parole neuve, construire demain. Ici-bas. Oui, deux cent soixante pages de ce sirop typhon ; vraiment une réplique de Mgr Anatrella s’impose. A suivre.
Bonne nouvelle : l’abbé Duigou est parti au Maroc ouvrir un ermitage. Pour prier ? Pour prier Qui ? « Pour être solidaire ainsi d’une humanité en marche » (p. 259). Souhaitons qu’il n’ait pris qu’un aller simple.

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